LA MINISTRE DES OUTRE MER VEUT PROPOSER UNE CALÉDONIE « ASSOCIÉE » À LA FRANCE

Annick Girardin semble ne pas prendre en considération le referendum du 4 novembre dernier. La question posée aux Calédoniens, longuement négociée, était pourtant claire : il s’agissait pour eux de choisir si la Calédonie devait accéder à la pleine souveraineté et « devienne indépendante », ou, a contrario, s’il préféraient que le territoire demeure dans l’ensemble français.

La ministre des Outre mer ne l’a pas, semble-t-il, entendu de cette oreille. Dans une déclaration à Saint Pierre et Miquelon, elle annonce que « le gouvernement proposera à la Calédonie« , à l’issue des provinciales, « une méthode« , des « rendez-vous« , et surtout, « une vision de ce que pourrait être demain la Calédonie associée à la France« .

Edgard Pisani, en 1985, avait, quant à lui, proposé que la Nouvelle-Calédonie accède à un statut d’Etat associé à la France. Ces propos avaient alors accentué les troubles qui agitaient le territoire, et conduit à l’établissement d’un couvre-feu pendant 6 mois dans une situation d’état d’urgence.

Dès hier soir, les Républicains Calédoniens de Sonia Backès et le MPC de Gil Brial ont réagi en condamnant fermement cette déclaration. Ils demandent « de respecter le choix des Calédoniens et de pas tenter d’amener, à marche forcée, la Nouvelle-Calédonie vers un chemin qu’elle n’a pas choisi. »

La ministre avait déjà fait sensation en déclarant, à l’issue du Comité des Signataires du 14 décembre, que cette réunion avait été « un grand moment de dialogue« . De fait, chacun avait campé sur ses positions, et l’Union Calédonienne avait même quitté les lieux à la mi-journée …

Cette fois, sa déclaration est plus inquiétante. Elle engage le gouvernement dans un possible déni de l’expression d’une majorité des électeurs calédoniens, et de l’écrasante majorité des habitants -en incluant les 60.000 personnes dont les majeurs n’ont pas le droit de vote-, qui ont refusé démocratiquement l’indépendance.