UN FRONT LOYALISTE SANS CALÉDONIE ENSEMBLE POUR LE COMITÉ DES SIGNATAIRES

Les événements politiques se succèdent. Après le retrait annoncé de Pierre Frogier de la présidence du Rassemblement, l’actualité politique est animée par la formation d’un front commun des loyalistes sur 3 sujets, pour le prochain Comité des Signataires. Sans Calédonie Ensemble, absent de taille dans ce Front. Le « scope » politique, au moins pour la réunion visée, est ainsi modifié : les loyalistes, les nationalistes, et les indépendantistes. Évolution.

VICTOIRE DU « NON » ET NON À DE NOUVELLES CONCESSIONS
Les points de convergence des loyalistes, pour ce Comité des Signataires, figurent dans « une déclaration partagée ». Ils concernent au préalable, une « attitude partagée » : l’affirmation que le referendum s’est soldé par le choix des Calédoniens à demeurer dans la République, et le refus de toute concession nouvelle aux indépendantistes.

3 POINTS DE CONVERGENCE
La position commune des loyalistes se manifestera sur 3 points :

– le « dégel » du corps électoral provincial, et le retour à un corps électoral glissant, tel qu’il existait au début de l’Accord de Nouméa,

– le contrôle plus strict du changement de résidence du Nord et des Iles vers la Province sud alors que la représentativité électorale est moins exigeante en provinces Nord et Iles,

– le rétablissement de l’ordre public, indispensable au retour à la confiance.

LOYALISTES SANS CALÉDONIE ENSEMBLE
L’union intègre, au moins pour le Comité des Signataires, les Républicains Calédoniens, le Rassemblement et le MPC. Deux différences notables avec l’ex-« plate-forme » : ce regroupement s’intitule « Front Loyaliste » d’une part, et Calédonie Ensemble n’y figure pas d’autre part.

Cette absence semble résulter de positions tranchées adoptées par le parti de Philippe Gomes.

D’abord, sur la demande de l’inscription des « exclus » au corps électoral provincial. Divergence de méthode, divergence de soutien séparent Calédonie Ensemble des Républicains Calédoniens et du Rassemblement. Visant ces deux partis, Calédonie ensemble écrit  : « Profiter de la détresse de milliers de calédoniens qui ne disposent pas du droit de vote pour les élections provinciales, est une indécence morale et politique« .

Les « loyalistes » y ont trouvé quelques divergences avec leur approche du sujet.

Le positionnement, ensuite, de Calédonie Ensemble pour l’évolution statutaire et humaine vers une « Nation Calédonienne ». Avec à l’appui de cette position, la revendication de l’existence d’un « peuple » calédonien uni par une « Charte des Valeurs », et la demande de transfert à la Calédonie du pouvoir de s’auto-organiser, partie du fameux article 27 de la loi organique.

Au total, les signataires du Front Loyaliste considèrent donc Calédonie Ensemble comme un parti nationaliste. En non plus loyaliste, ainsi que l’affirmait récemment Sonia Backès.

ET APRÈS LE COMITÉ DES SIGNATAIRES ?
L’idée du Front Loyaliste est pour l’instant portée par une « déclaration partagée ». Elle a un objet limité à une position commune lors du Comité des Signataires de la semaine prochaine.

Question : ce Front peut-il se traduire au delà de cette réunion, dans la campagne électorale, et dans la composition des listes candidates au scrutin provincial de mai 2019 ?

Pour certains, la réponse est évidente. Pour d’autres, il existe encore une distance de la coupe aux lèvres.

A ces interrogations s’ajoute un choix stratégique : l’objectif étant d’abord de changer la gouvernance de la Province Sud où le parti de Philippe Gomes est désormais minoritaire, et, dans le même temps, de conserver une majorité au Congrès, comment « ratisser » le plus largement possible, et mobiliser le plus grand nombre d’électeurs ? Deux listes ou une liste unique ?

Mais il est vrai qu’on n’en est pas encore là.

Il conviendra d’abord pour le Front, le 14 décembre, de faire barrage à une éventuelle surenchère indépendantiste au Comité des Signataires, des indépendantistes revigorés par leur score au referendum. Le Front estime impératif, ensuite, de redonner confiance … aux loyalistes dont l’inquiétude, outre le résultat du scrutin référendaire, concerne la situation économique, sociale et sécuritaire de la Nouvelle-Calédonie.

C’est déjà une convergence de taille lorsque l’on se souvient que la « plate-forme » avait eu pour objet, dans la première circonscription, à faire barrage à Sonia Backès.