PROVINCIALES : LES INDÉPENDANTISTES VISENT LA MAJORITÉ AU CONGRÈS ET AU GOUVERNEMENT

Forts de leur score plus important que prévu au referendum, les indépendantistes assurent se mobiliser pour conquérir la majorité au Congrès et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

A l’appui de cette ambition, ils soulignent qu’un écart de seulement 4 sièges existe dans la première assemblée entre loyalistes et séparatistes. En clair, un gain de 3 sièges permettrait à ces derniers de devenir majoritaires. Possible ?

Paradoxalement, la majorité du Congrès est issue … des élections provinciales ! Une « bizarrerie » qui résulte des Accords de Matignon et qui met en cause le principe de libre administration des collectivités, pourtant garanti par la Constitution …

De surcroît, il faut moins de voix à un candidat des provinces nord et Iles pour être élu. Une « bêtise » elle aussi issue des Accords de Matignon. Mais qui donne un avantage certain au camp indépendantiste.

Il suffirait donc que les séparatistes progressent de 3 sièges au total dans les provinces pour que la majorité bascule, non seulement au Congrès, mais au gouvernement.

Les conséquences d’un tel changement impacteraient directement la vie économique, sociale et culturelle de la Nouvelle-Calédonie. Et surtout, de la Province sud.

Le Congrès est en effet compétent en matière fiscale. Il détermine les lois du travail. En clair, il maîtrise les politiques publiques qui définissent l’économie du territoire.

Il établit les programmes de l’enseignement primaire. Dans ce chapitre, il pourrait remettre en cause l’enseignement secondaire actuel, aussi bien pour ce qui concerne les diplômes que les examens ou les qualification requises pour enseigner.

Enfin, si par, extraordinaire, le Congrès était en mesure de demander les transferts prévus à l’article 27,  notamment ce qui concerne le contrôle de légalité, les comptes publics, la définition des collectivités et en prime, le régime électoral des communes, ce serait l’indépendance-association avant l’heure.

Quant au gouvernement, son fonctionnement collégial n’empêche pas la toute puissance de son Président, chef des services publics territoriaux.

Face à ce risque, les loyalistes n’ont pas d’autre alternative que de se mobiliser pour maintenir les équilibres actuels qui leur sont favorables. Avec un soupçon parmi eux : qu’est-ce qui distingue un loyaliste d’un nationaliste calédonien, adepte, comme Daniel Goa, du « peuple calédonien » dans lequel le Président de l’UC intègre « le peuple de la terre » ?