SLN : LA SURVIE SERA-T-ELLE POSSIBLE ?

La venue de la PDG d’Eramet ne pouvait pas se passer dans de plus mauvaises conditions. Hausse du cash cost à Doniambo et perte accrue de compétitivité, baisse du cours du nickel, et véritable attentat contre les installations de la société à Kouaoua. Ses mots, pesés, ont été très durs. Guérilla pour la situation de Kouaoua, danger pour la SLN. Pour la vieille dame calédonienne qui lutte tout pour sa survie, une fin est-elle envisageable ?

INCONCEVABLE
Dans l’esprit de tout Calédonien, la disparition de la SLN n’est simplement pas concevable. Mais il n’était pas concevable que la sidérurgie disparaisse de l’Est de la France, ou que les mines ferment dans le nord. La mondialisation de l’économie est une donnée nouvelle qui échappe au (petit) territoire qu’est la Nouvelle-Calédonie. C’est la situation économique de l’entreprise qui écrira son avenir.

UN PIS-ALLER
Cette dernière est plus que mal en point. Ses pertes colossales vont conduire à l’épuisement de sa trésorerie elle même issue d’un emprunt, et son domaine minier ne suffit plus à assurer la pérennité de fonctionnement des deux fours de Doniambo.

Pour ce métallurgiste, la solution à court terme est … d’exporter du minerai. Comptablement, cela constitue une solution. Mais industriellement, c’est un pis-aller.

De surcroît, ce domaine minier, essentiellement situé en Province nord, est soumis aux règles de gestion de cette collectivité laquelle est elle-même mineur et métallurgiste. Et dont l’ambition est le contrôle, par la puissance publique de « son » domaine minier et de sa métallurgie …

DU FERRO-NICKEL PLUS PRÈS DU HAVRE
Dans le groupe Eramet, le seul intérêt de la SLN est l’approvisionnement de l’usine du Havre en ferro-nickel. A quel prix ! Une usine dont les pertes, d’une part coûtent cher, et d’autre part, n’ont guère de perspective de comblement. La gestion de problèmes complexes à la fois humains, techniques et politiques. Un transport de produits dont la facture carbone est l’une des plus élevées de la planète.

Or la Calédonie n’est pas la seule au monde à produire ce métal. On en trouve en Grèce, en Macédoine, en Russie, en Ukraine, au Brésil, en Colombie, à Cuba ou encore en République Dominicaine. Bien plus proches de la France.

UNE VRAIE INTERROGATION SE PRÉCISE
Pour la Province nord, en tout cas, si l’avenir de l’usine Doniambo est sans grand effet pour elle, le domaine minier est d’une importance extrême.

Une vraie interrogation se précise sur l’avenir d’un usine à la technologie éprouvée, mais aux installations vieillissantes, d’un domaine minier soumis au bon vouloir d’une province indépendantiste et … industriellement concurrente, et sans grandes perspectives pour les années qui viennent.

Réponse difficile pour les actionnaires d’Eramet. Sauf, peut être, à céder 51% ou même 99% du capital de la SLN aux autorités qui le réclamaient …