L’EXTRAORDINAIRE HISTOIRE DE « LA TAVERNE DU BAGNE » À MONTMARTRE

INTERNÉ À L’ÎLE NOU
Maxime Lisbonne, « le colonel Lisbonne » responsable d’une barricade, Boulevard Voltaire, pendant la commune de Paris, sera condamné à l’internement au bagne de Nouvelle-Calédonie.

Artiste, très influencé par Victor Hugo, il y écrira des nouvelles, inventant le mot « calédoche » pendant sa détention.  Il sera marqué par la mort d’un jeune journaliste, Gustave Maroteau, interné comme lui, au bagne.

Le 6 octobre 1885, revenu depuis peu à Paris, Lisbonne va donner dans la capitale française un relief tout particulier à la Nouvelle-Calédonie.

C’est une histoire tout à fait extraordinaire.

MAXIME LISBONNE CRÉE « LA TAVERNE DU BAGNE » À MONTMARTRE
A l’angle de la rue des Martyrs, la rue dans laquelle se trouve le célèbre cabaret parisien « Chez Michou », et du Boulevard de Clichy, la voie principale de Pigalle, à cet angle est inaugurée ce 6 octobre 1885 « la Taverne du Bagne », dans le quartier de Montmartre.

Archives de la Bibliothèque de l’Arsenal – Paris

Ce lieu de Paris est fort prisé. Des articles de presse décrivent des files d’attente de 300 à 500 personnes pour entrer dans la Taverne du Bagne !

L’endroit est prestigieux. En bas de la rue des Martyrs, face à la Taverne du Bagne, la Brasserie des Martyrs avait pour clients dans les années 50 Alphonse Daudet, Jules Vallès ou encore Baudelaire, ou encore les peintres Monnet et Pissaro.

LE « NOUMÉA » ET « LA SOUPE KANAK »
L’intérieur de la Taverne du Bagne est décoré de plusieurs grandes peintures évoquant le bagne comme le ferrement de Gustave Maroteau littéralement agonisant, ou encore l’évasion de Rochefort.

Les serveurs de la Taverne du Bagne sont habillés en forçats. Ils portent la veste et le bonnet des relégués. Sous le bras, relié à leur cheville par une chaîne, un boulet creux accueille la serpière utile à leur service.

On y sert le Nouméa, que est une absinthe, ou la soupe kanak.

Maxime Lisbonne édite « la Gazette du Bagne ».

Si vous flânez près du Moulin Rouge, faites quelques mètres de plus, jusqu’à la rue des Martyrs, sur le même trottoir. Il y a 135 ans s’élevait là une établissement un peu « calédonien » : la Taverne du Bagne.