LE 18 NOVEMBRE 1984 ÉCLATAIENT « LES ÉVÉNEMENTS », C’ÉTAIT IL Y A 34 ANS

Deux semaines après un referendum qui s’est déroulé paisiblement, et dans l’absolu respect des règles républicaines et démocratiques, nous sommes le 18 novembre 2018. 34 ans exactement après un funeste 18 novembre 1984.

Ce jour là s’ouvrait pour la Nouvelle-Calédonie une longue période troublée, marquée par des tragédies, que les Calédoniens dénomment « les événements« .

La formule « les événements » n’a pas le même sens dans un salon parisien et en Nouvelle-Calédonie. Ici, point n’est besoin de qualifier ces « événements » : ils évoquent ce qui s’est passé le dimanche 18 novembre 1984, et couvrent les 6 mois de guerre civile qui ont suivi, puis la période troublée qui s’est soldée par le drame d’Ouvéa en 1988.

« Les événements » commencent le dimanche, à 5h30, par l’incendie de la mairie de Sarraméa. Un peu plus tard, la mairie de Poum est investie par des hommes armés. A Poya, 150 indépendantistes sont contenus par 6 gendarmes devant le bureau de vote. Dans l’intervalle, une maison est incendiée.

A Lifou, le maire brûle le matériel électoral. A Ouvéa, la mairie est incendiée. A Ponérihouen, la poste est saccagée.

A 16 heures, Eloi Machoro pénètre dans le bureau de vote de la mairie de Canala et fend l’urne d’un coup de hache. L’image, qui fera le tour du monde, résume à elle seule, le début des « événements« .

La suite est terrible. Entre le 18 novembre et le 31 janvier 1985, des dizaines de maisons sont brulées, des agressions sont perpétrées, des assassinats sont à déplorer. Puis la Calédonie sera ballotée entre couvre-feu, retour à une vie institutionnelle, troubles et incertitudes permanents, et la tragédie d’Ouvéa. La fin des « événements » sera la signature des Accords de Matignon.

« Les événements« , une page tragique de la Nouvelle-Calédonie que tous ceux qui l’ont subie aspirent à ne plus revivre.