Incendies, exactions, menaces, caillassages : LA FAILLITE DE LA CHARTE DES « VALEURS CALÉDONIENNES »

Les actes délictueux qui ont suivi le referendum tranchent sinistrement avec le battage opéré lors de la signature de la « Charte des Valeurs Calédoniennes ». Ils ne sont pas nouveaux, mais prennent un relief particulier depuis le soir du 4 novembre. Comment en effet ne pas faire de rapport entre le score du « oui » à l’indépendance, et les exactions commises depuis l’annonce des résultats ?

Celles-ci, en effet, frappent les communes où le « non » à l’indépendance l’a emporté. Et même si les enquêtes concluent à de simples actes de délinquance, difficile ne pas rapprocher ces exactions du contexte politique nouveau créé en Nouvelle-Calédonie par le referendum.

L’un des constats les plus marquants du scrutin du 4 novembre est, par ailleurs, le caractère ethnique du clivage entre les pro-indépendance, et les anti-indépendance. Peu ou prou, ce sont tous les électeurs kanak qui ont voté pour le oui à l’indépendance.

Or la fameuse charte des « valeurs calédoniennes » voulait mettre en relief ce qui rassemble, au delà des clivages ethniques et politiques, la population calédonienne. Récemment, le discours radical du Président de l’Union Calédonienne sur « l’axe du Mal » l’avait déjà … mise à mal.

Ce qui encore plus frappant est qu’aucun leader indépendantiste, signataire du document, n’a condamné ces actes. Les derniers faits de Saint Louis ont même été présentés comme un défoulement compréhensible des jeunes exclus du referendum …

Dans une séquence « après referendum » où des tensions sont un fait, la réalité d’un idéal de « valeurs partagées » paraît d’autant plus illusoire que la fracture politique en Calédonie semble irrémédiable, après 30 ans de déni.