LA PROVINCE SUD ET CALÉDONIE ENSEMBLE « PUNISSENT » RRB

Il ne fait pas bon de contredire le pouvoir actuel, un pouvoir qui a l’avantage, pour lui, de s’étendre à l’ensemble des institutions et à la quasi-totalité des organismes publics et para-publiques. Punition.

RRB vient d’en faire les frais, avec la suppression de l’importante contribution publique que lui apportait, depuis toujours, la Province sud. Alors que la collectivité vient de s’engager financièrement aux côtés de la télévision de la Province Nord.

Motif, selon la directrice générale de la radio : une critique trop vive du Pouvoir.

Or RRB n’est pas une radio comme les autres. Engagée dans une ligne éditoriale favorable au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République, elle est le pendant de Radio Djiido, dont la ligne éditoriale est favorable à l’indépendance.

L’histoire de RRB est également particulière.

Lorsque les « loyalistes » calédoniens se sentaient abandonnés par le pouvoir socialiste, en 1984, seul la Mairie chiraquienne de Paris et le RPR sont venus à leur secours. C’est dans ce mouvement de soutien et de solidarité que Christian Prost accompagné de jeunes journalistes parmi lesquelles Elisabeth Nouar, ont débarqué à Nouméa et ont créé Radio Rythme Bleu.

Depuis, RRB est devenue une grande radio. Ses promoteurs sont devenus des Calédoniens.

Bien sûr, au fil des scissions de l’ex-RPCR, le parti-mère des loyalistes et de RRB, quelques inimitiés se sont fait jour avec des responsables politiques dissidents. Et même avec le « père » du Rassemblement, après qu’il ait été remplacé par Pierre Frogier.

Mais au delà de ces querelles d’un temps, RRB n’a jamais varié dans son engagement en faveur de la République. Elle est bien le seul média du genre.

La foudre vient donc de la frapper. Symbole : cette tentative de mise à mort survient … à la veille du scrutin d’autodétermination par lequel les électeurs calédoniens doivent choisir entre la France et la Nation calédonienne.