COMME UNE LENTE MISE À MORT DE LA SLN …

La SLN approche-t-elle inexorablement de la fermeture d’un de ses deux fours de Doniambo, marquant le recul annonciateur de la disparition de l’usine séculaire ? On le saura probablement après le referendum.

Voila une entreprise calédonienne, pionnier métallurgique du territoire, en grande difficulté financière depuis plusieurs années, victime d’agressions à l’exploitation, après des incendies répétés de ses installations à Kouaoua, qui est aujourd’hui la proie … de « jeunes barragistes » du lieu, appuyés par un syndicat qui décrète une grève générale pour les soutenir !

Au siège d’Eramet, les dirigeants et les actionnaires doivent se pincer pour réaliser qu’ils ne rêvent pas …

EN DANGER DE MORT
La SLN, en danger de mort, est sous perfusion depuis 3 ans. Déficitaire, en rupture de trésorerie, elle n’a du son salut qu’à un prêt de quelques 60 milliards de francs CFP, pourvu partie par la maison mère, Eramet, et par l’Etat sous l’impulsion de Manuel Valls, alors Premier ministre.

Les actionnaires calédoniens, quant à eux, se sont abstenus de mettre la main à la poche …

DES PERTES TOUJOURS COLOSSALES
Au fil des efforts pour réduire le « cash cost » de l’usine, et redonner à la SLN de la compétitivité face à ses concurrents qui lui passent devant le nez dans ce domaine, la société continue de perdre des sommes colossales chaque mois.

Ces efforts, compte tenu de la parité du dollar, et du renchérissement des prix énergétiques, ne suffisent toujours pas à rétablir la profitabilité de l’entreprise.

TRÉSORERIE ASSÉCHÉE EN 2019
Or la SLN doit faire face à deux immenses difficultés :
– la mine de Méa, à Kouaoua, a rendu tout son minerai, et l’exploitation de Népoui est déficitaire. Comment compenser ces difficultés ?
– la lente érosion de la trésorerie issue du prêt conduira à l’assèchement des disponibilités vers le second semestre 2019.

Eramet a fait savoir qu’elle ne renflouerait pas davantage la SLN. Déjà, une partie de l’approvisionnement de l’usine de Sandouville vient d’Europe du nord.

LES FOURS ONT BESOIN DE MINERAI
Quant à l’approvisionnement de Doniambo en minerai, le blocage et les retards accumulés de Kouaoua, la situation de Népoui, ne vont-ils pas conduire, peut être, – et les Calédoniens doivent prier le ciel pour que ne soit pas le cas -, à la mise en sommeil d’un four à l’usine ?

En tout cas, ce n’est sûrement pas en bloquant ses installations que les affaires s’arrangeront !

VALEUR AJOUTÉE ?
La question que les Calédoniens devraient se poser est celle-ci : pour Eramet, la SLN est-elle aujourd’hui une valeur ajoutée ou une source de problèmes ?

Réponse, peut être, après le referendum, et « le jour d’après » risque d’être sombre.