POURQUOI LES INDÉPENDANTISTES NE RENONCERONT PAS AUX 3 REFERENDUM

Il se développe une incantation, -une de plus-, selon laquelle, en cas de non massif à l’indépendance au prochain referendum, les indépendantistes pourraient -ou devraient !- renoncer aux 2e et 3e referendum prévus dans l’Accord de Nouméa. C’est méconnaître l’esprit de la génération actuelle indépendantiste, tout en oubliant que c’est justement leurs représentants qui ont exigé les 3 séquences référendaires !

POURQUOI TJIBAOU A-T-IL ÉTÉ ASSASSINÉ ?
Les bases d’une intransigeance obligée ont été tracées par le double assassinat de Jean Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene à Ouvéa, ce funeste mois de mai 1989.

Pour quelles raisons, ces deux leaders charismatiques ont-ils été tués par un indépendantiste ?

Parce que la signature d’un accord avec les loyalistes, fut-ce celui de Matignon, qui n’établissait en rien la certitude d’une accession à l’indépendance de « Kanaky », était pire qu’un renoncement : une trahison. C’est du moins une des principales motivations de l’acte tragique perpétré alors. Un acte, depuis, marqué par la réconciliation des familles.

RENONCEMENT ET TRAHISON
Il n’empêche. Comment, dans ce contexte qui demeure présent pour la génération des leaders indépendantistes actuels, imaginer que ces derniers fouleront au pied les acquis de leurs signataires de 1988 et de 1998 (Accords de Matignon et Accord de Nouméa – Ndlr) ?

Pour eux, la justification de leur signature -et de leur non-trahison-, c’est justement les 3 referendum prévus.

Certes, en renonçant à une indépendance imposée à la France dans un acte unilatéral, et en acceptant un referendum ouvert à d’autres électeurs que les kanak, les indépendantistes avaient déjà ouvert une brèche dans leur revendication d’indépendance « kanak et socialiste ». Mais les scrutins d’autodétermination inscrits dans la loi organique de 1999 demeurent la porte ouverte, la perspective, l’espoir d’une indépendance, pour les indépendantistes, s’entend.

D’ailleurs, hors la voie violente à laquelle ils ont renoncée en 1988, quelle autre mode d’accession à l’indépendance leur reste-t-il ? Aucun.

QUI PRENDRA LE RISQUE ?
Dans ces conditions, pour l’ensemble des indépendantistes, en cas d’échec probable pour eux en novembre prochain, renoncer aux 2 autres referendum prévus, c’est … renoncer à l’indépendance.

Quel leader de la génération actuelle s’exposera à ce risque … ?

C’est pour cette raison que les loyalistes prennent, dans ce domaine, leur désirs pour des réalités. Jacques Lafleur avait probablement perçu cet obstacle insurmontable, et avait tenté, une nouvelle fois, de le contourner avec « son » pacte cinquantenaire.

Ses successeurs semblent moins bien connaître la mentalité des indépendantistes …