RÉFORME DE LA SANTÉ : MARCHE ARRIÈRE TOUTE. VITESSE OU PRÉCIPITATION ?

Plan Do Kamo dont les inspecteurs de l’Igas notaient qu’il consistait surtout en de bonnes intentions, rapport des inspecteurs de l’Inspection Générale des Affaires Sociales qui propose, pour la première fois en Calédonie, une vraie réforme en profondeur du pilotage et de la gouvernance en matière de santé et de protection sociale, un Ruamm au bord du gouffre, tout cela incite les autorités à agir rapidement. Le gouvernement a présenté aux instances officielles un « rapport cadre ». Visiblement, avec un déficit de concertation. Couac.

ABSENCE DE CONCERTATION AVEC LES PARTENAIRES SOCIAUX
Après que le Cese ait été informé du retrait du fameux projet de délibération sur lequel il devait donner un avis, c’était hier, au Congrès réuni en commission plénière, de décider le report de l’examen du texte. Motif : les organisations syndicales de salariés, réunis en une intersyndicale, ainsi que le Medef se sont émus d’une absence préalable de concertation.

A dire vrai, ils sont en effet directement concernés puisqu’une grande partie de la réforme proposée par l’Igas vise la gouvernance et le pilotage de la Cafat. Or, la caisse primaire de couverture sociale et de santé est gérée paritairement par les partenaires sociaux. Ceux-ci ont réclamé, à juste titre, une concertation préalable.

MARCHE ARRIÈRE TOUTE
Devant cette évidence, le gouvernement a fait marche arrière. Le Congrès, pour sa part, a abondé dans le sens des partenaires sociaux.

On voit bien que la question de la gouvernance et du pilotage de la santé est à la fois une question vitale, à fois pour la santé des Calédoniens, pour les finances publiques, et pour les entreprises. Or, le gouvernement, il y a quelques semaines, souhaitait qu’une commission spéciale donne rapidement son avis sur un catalogue de mesures présenté par l’Exécutif, démarche jugée quelque peu « courte », notamment par Thierry Santa, l’actuel président du Congrès.

YANNO EN CHARGE DE LA MAÎTRISE DES COÛTS DE LA SANTÉ … IL Y A 20 ANS
Ironie du sort, c’est probablement Gael Yanno qui présidera les prochaines commissions plénières du Congrès sur le sujet. Or, au début des années 90, et alors qu’il était jeune élu provincial du RPCR, il avait été chargé par Jacques Lafleur de proposer des dispositions pour mieux juguler les dérives des coûts de la santé.

A l’actif de l’ancien député, de vraies mesures avaient été prises, suscitant l’ire de l’ensemble des professions de santé. Et accessoirement, disent certains, la rupture d’alors entre le RPCR et Didier Leroux.

Le débat va donc se poursuivre, en concertation. Le gouvernement et le Congrès ont cependant des échéances à passer : celles des régimes sociaux, et en particulier, la rupture prochaine de trésorerie du Ruamm, et le règlement de la dette abyssale de ce régime. Les gouvernants vont-ils, provinces et territoire confondus, profiter du budget supplémentaire pour agir solidairement ?