PROMOSUD ÉPINGLÉE PAR LA CHAMBRE TERRITORIALE DES COMPTES

La Chambre Territoriale des Comptes a publié son rapport d’observations définitives sur l’examen des comptes 2012 à 2016 de la société de  développement et de financement de la Province sud, Promosud. Les mauvais résultats des deux derniers exercices ou encore « des résultats peu probants et non évalués » ont été soulignés par la Chambre. Dégradation.

600 MILLIONS DE PERTES EN 2016
« En 2015, Promosud a perdu plus de 700 millions et en 2016, plus de 600 millions, indique à RRB le Président Marquet, donc des résultats qui sont mauvais, qui tiennent à un phénomène de ciseau, mais inversé si je puis dire, avec des ressources financières qui diminuent du fait de la situation du nickel » …  » et que par ailleurs, les charges augmentent puisque la situation des entreprises dans lesquelles Promosud a investi, voire est gestionnaire, est mauvaise, ce qui oblige à mettre de l’argent.

« Donc, moins de ressources et plus de dépenses, ce qui n’est jamais une situation satisfaisante ».

PARTICIPATIONS DANS UNE SOIXANTAINE DE SOCIÉTÉS
Promosud avait été créée en 1991 par la Province sud pour soutenir le développement touristique et économique. Le groupe PromoSud est composé de douze filiales, dans les secteurs de l’hôtellerie, des mines, des services, de l’aquaculture et de l’animation touristique. PromoSud détient, au 31 mars 2016, des participations dans une soixantaine de sociétés, représentant un montant global de 12,7 milliards CFP.

RÉSULTATS PEU PROBANTS
La Chambre pointe du doigt la nécessité de « renforcer le processus de sélection »  des interventions de la société et celle de « développer le contrôle interne« . Elle constate « des résultats peu probants et non évalués« , ce qui conduit à « une autonomie financière compromise« .

En matière de trésorerie, « le plan pluriannuel de trésorerie fait ressortir une situation déficitaire dès l’exercice 2018 avec une dégradation sur les exercices suivants. Les flux prévisionnels de trésorerie sont marqués par des remboursements de participations sur fonds propres très faibles et, corrélativement, en l’absence de dividendes, par une baisse significative des nouvelles participations.

« A défaut de ressources externes, le taux de recouvrement des participations apparait de nature à compromettre les marges de manœuvre de la société. Sur la période du 31 mars 2008 au 31 décembre 2016, celui-ci n’est que de 38%« .

PLUS DE TRÉSORERIE POUR L’HOTEL DE DEVA
Les difficultés de l’hotel-golf de Déva sont connues, et le taux de remplissage du complexe ne décolle toujours pas. La Chambre souligne ces difficultés : …  » dans les prochaines, années, la société des hôtels de Nouméa, filiale historique de PromoSud, devra assumer à la fois la charge du remboursement de sa dette liée à la réalisation du complexe de Déva et le financement de l’exploitation de celui-ci. Il en résulte une quasi absence de trésorerie qui ne permet pas le versement de dividendes à la société mère. L’activité jeux connait, au demeurant, une diminution sensible de ses résultats. La crise du nickel a, par ailleurs, fragilisé la situation financière et juridique des filiales minières et tari la distribution de dividendes.

« En conséquence, la chambre constate que le recours au dispositif de défiscalisation, qui procure à PromoSud un apport immédiat de trésorerie, lors de la levée des fonds, a in fine une incidence négative sur celle-ci. Cette situation se traduit par une mobilisation des fonds propres de la SEML, qui obère d’autant sa capacité d’intervention dans de nouveaux projets et fait peser un risque majeur sur son actionnaire de référence ».

UNE SITUATION GÉNÉRALE DE TRÉSORERIE EN DÉGRADATION
Ce point est mis en relief par le Président de la Chambre (RRB) : « La situation de trésorerie de Promosud est extrêmement dégradée, et risque de se dégrader encore dans les années à venir puisque à cette situation de baisse de recettes et d’augmentation des dépenses va venir s’ajouter la fin de mécanismes qui ont permis de donner une bouffée d’oxygène à Promosud, qui étaient les mécanismes de défiscalisation. Les entreprises qui sont soutenues par Promosud vont sortir de la défiscalisation. Il va falloir rembourser, il va donc y avoir de nouveau des sorties, donc une situation de trésorerie très mauvaise à moyen terme« .

PROMOSUD DOIT FINANCER ET NON GÉRER EN PARTICULIER DANS LE SECTEUR DE L’HOTELLERIE !
 » Promosud s’est malheureusement impliquée dans un certain nombre d’entreprises qu’elle soutient, en particulier dans le secteur de l’hotellerie. Ce n’est pas le rôle de Promosud de faire ça, souligne le Président de la Chambre des Comptes, il n’en a pas les compétences, il le reconnaît lui même. Donc il faudrait que Promosud se cantonne à être un financeur » …

LES RÉSOLUTIONS DE PROMOSUD POUR REDRESSER LA SEML
Dans sa réponse à la contradiction, indique le rapport de la Chambre des Comptes, « une réflexion sur la stratégie de PromoSud a été présentée au conseil d’administration en décembre 2015. La société prévoit de se recentrer sur ses missions de « financeur » et de veiller à la capacité de remboursement des nouveaux projets ».