MÉRIDIEN ILE DES PINS : LE TRIOMPHE DE JACQUES LAFLEUR

De gauche à droite : le Grand Chef Vendegou, Dominique Bur, Jacques Lafleur, Dominique Perben

Si le Méridien Oro de l’Île des Pins existe, si la société propriétaire est majoritairement détenue par les gens du lieu, si l’hôtel est de la marque « Méridien », cela est dû presqu’exclusivement à la volonté d’un homme dont on a critiqué les défauts, mais dont il faut rappeler les qualités d’entrepreneur innovant : Jacques Lafleur. Au moment où le 20e anniversaire de l’établissement va être célébré, donnant l’occasion à beaucoup de s’accaparer de son succès, il est pertinent de raconter l’histoire originale de cette fabuleuse réalisation. Rappel aux mémoires parfois défaillantes …

COMMENT LE PROJET A GERMÉ

C’est au cours d’un séjour dans la magnifique baie d’Oro, alors que Jacques Lafleur y avait accueilli à bord de son bateau Jean-Marie Charpentier, patron du premier cabinet d’architecture français, responsable du projet architectural du Méridien de Nouméa, que tout a commencé. L’origine du Méridien Oro, c’est d’abord la rencontre presque fortuite entre le clan de Touete possédant le lieu et le Président de la Province sud, alors que ce dernier raccompagnait à terre son invité. NoumeaPost reviendra sur ce premier contact presqu’historique au travers d’un prochain témoignage.

EN 1998, 35 000 TOURISTES JAPONAIS !

En ces temps de croissance touristique, le Méridien Nouméa avait ouvert 3 ans auparavant, et en 1998, la Nouvelle-Calédonie avait accueilli plus de 35 000 touristes japonais ! Dans la foulée, plusieurs hôtels étaient rénovés ou construits, et les projets foisonnaient. De fait, la majeure partie du parc hôtelier existant aujourd’hui à Nouméa.

DE LONGUES NÉGOCIATIONS

Après de longues et patientes négociations, l’accord est conclu avec les intéressés et avec la bénédiction de la Grande Chefferie de Kunié. Au terme de ces discussions, deux sociétés sont créées, une société propriétaire de l’immobilier et une société d’exploitation. Un dossier suivi scrupuleusement par les conseillers économiques et financiers du cabinet.

Dans la SCI, le clan propriétaire est majoritaire, et le portage sera à la charge de Promosud. L’exploitation sera assurée par le groupe Méridien sous l’oeil vigilant du talentueux patron local de l’époque, Georges Torrani. Recrutement et formation locale, éthique hôtelière, tout a parfaitement été exécuté.

CABALES CONTRE LE PROJET
ET ANNULATION DES PERMIS DE CONSTRUIRE

Mais la conduite de ce dossier emblématique -et innovant-, associant les propriétaires fonciers, et plus largement les populations de l’Île des Pins, n’a pas été sans mal.

Une cabale a d’abord été organisée pour tenter de faire capoter le projet sous des prétextes de terres « tabu », avec même le renfort d’un médecin originaire de l’Île des Pins installé … à Lille. Manifestations, campagnes de presse, barrages, tout a été utilisé pour empêcher la réalisation.

« Vous verrez, tout cela va brûler » disaient doctement des observateurs politiques, administratifs et même financiers.

Les recours devant le Tribunal administratif n’ont évidemment pas manqué. Plusieurs annulations du permis de construire ont été prononcées !

JACQUES LAFLEUR A TENU BON
CONTRE VENTS ET MARÉES

La bénédiction par le RP Gidrol

L’immense mérite de Jacques Lafleur a été de ne jamais renoncer. Combien de responsables politiques le feraient, aujourd’hui ?

Contre vents et marées, mais toujours en lien avec les vrais intéressés, ceux de la tribu de Touete et la Grande Chefferie, Jacques Lafleur a tenu bon, confiant à un architecte local le soin de dessiner l’établissement.

Finalement, les manifestations se sont tassées, le permis de construire a été validé, l’hôtel a été construit, le personnel a été recruté et formé. Et ce véritable joyau est aujourd’hui la fierté de l’île, propriété des Kuniés comme d’ailleurs, tout ce que compte l’île en matière d’appareils productifs

EN PRÉSENCE DE DOMINIQUE PERBEN

Cerise sur le gâteau, avec un dossier économique et financier peaufiné par les conseillers du cabinet d’alors, Christian de Bernède et Michel Quintard, l’investissement s’est rapidement révélé rentable, et d’abord pour les Kuniés. Contrairement à l’investissement de 12 milliards qui a suivi 15 ans plus tard à Gouaro Deva, et qui accumule les pertes.

Jacques Lafleur, Michel Quintard, Dominique Perben, Dominique Bur

L’inauguration avait eu lieu en présence de Dominique Perben.

Depuis, le succès de cet équipement sorti de terre « aux forceps » ne s’est jamais démenti. Ce fut l’un des triomphes de Jacques Lafleur.