LA PLATE-FORME EXPLOSE AU BOUT D’UN AN !

Décidément, l’union des loyalistes n’est pas aisée. Hier, après pratiquement un an d’existence, la « plate-forme » réunissant Calédonie Ensemble, le Rassemblement, le MPC et Tous Calédoniens a officiellement volé en éclat.  Preuve qu’au delà de l’affichage en faveur du maintien de la Calédonie dans la France, des divergences profondes existent ? Commentaires.

CRÉÉE AU MILIEU DES LÉGISLATIVES
C’était au beau milieu des élections législatives. Une plate-forme avait été créée avec un objectif présenté : parler d’une voix forte et unie pour la sortie de l’Accord de Nouméa. Et accessoirement, trouver des convergences sur la gouvernance locale.

Le résultat immédiat avait alors été le regroupement des voix au second tour contre Sonia Backes, candidate loyaliste à Nouméa et aux Iles, et contre Louis Mapou, indépendantiste, dans la seconde circonscription. Philippe Dunoyer et Philippe Gomes avaient été élus.

Quelques semaines plus tard, les candidats de la plate-forme au Sénat remportaient la mise avec l’élection de Pierre Frogier et de Gérard Poadja.

UNE DÉGRADATION RAPIDE
Sur la gouvernance, les effets de la plate-forme ont conduit à la formation d’un groupe présidé par Philippe Michel au Congrès, après la réélection de Thierry Santa au Congrès.

En revanche, tout le reste s’est dégradé. Au plan économique et fiscal, les divergences sont restées en l’état. Tout récemment, le Rassemblement s’est abstenu de voter la taxe sur le gazole présentée par le gouvernement de Philippe Germain et soutenue par Calédonie Ensemble.

UN G10 DEUX FOIS EXPLOSÉ !
Au chapitre de la préparation de la sortie de l’Accord de Nouméa, la situation était bien pire. Pierre Frogier, d’abord, ne se rendait plus au G10. Puis Thierry Santa a quitté la structure à la suite de l’incident relatif à l’exposé des motifs présenté par Philippe Gomes pour la délibération relative à la date du referendum.

Après la reconstitution du G10, lors du dernier Comité des Signataires, les choses se sont rapidement envenimées avec le départ de Frogier et Santa. Dans les deux cas, Sonia Backes s’était également retirée, mais son parti n’avait jamais été admis dans la fameuse plate-forme.

LA PLATE-FORME A SOMBRÉ
Hier, la cassure est devenue officielle, alors que plus rien ne justifiait une telle structure.

La plate-forme a tout de même donné naissance à une nouvelle alliance entre le Rassemblement, le MPC et Tous Calédoniens, une alliance qui pourra disposer d’un groupe au Congrès, Rassemblement Les Républicains-MPC. Les partenaires de cette union appellent à un « Non massif » à l’indépendance le 4 novembre prochain, et vont faire valoir leur point de vue sur les problèmes économiques et sociaux.

Dans l’immédiat, alors que le gouvernement local souhaitait que le Congrès soit à la manoeuvre pour résoudre l’épineux problème de la santé, il est probable qu’on assistera à un « retour à l’envoyeur » par le nouveau groupe, après examen du « catalogue » proposé par l’Exécutif.

UNE DONNE MODIFIÉE POUR LES PROVINCIALES
A moins d’un an des prochaines élections provinciales, chacun prend ses marques dans le camp loyaliste. Les Républicains Calédoniens de Sonia Backès ont depuis longtemps manifesté leur opposition à la politique menée par Calédonie Ensemble et leurs positions tranchées demeureront. A leurs côtés vont se positionner les composants du nouveau groupe du Congrès. Calédonie Ensemble va poursuivre son exercice de gouvernement sous l’égide de Philippe Germain, tout en se présentant comme l’interlocuteur des indépendantistes pour préparer « le jour d’après ».

« LES » CAMPAGNES ÉLECTORALES ONT DÉMARRÉ
Les électeurs, quant à eux, vont avoir fort à faire pour retrouver leurs esprits face à ces changements successifs et rapides. D’autant que la communication va jouer à plein pour chacune des parties. Une chose est certaine : en même temps que la campagne référendaire, la campagne des provinciales a réellement démarré.