QUEL AVENIR POUR LE GROUPE « SUR LE CHEMIN DE L’AVENIR » ?

Cette histoire tourne à la farce : le groupe, ex-G10 qui avait explosé peu avant le dernier Comité des Signataires, reconstitué à la demande du Premier ministre qui y a désigné un « représentant personnel », a de nouveau éclaté avec les départs du Sénateur Pierre Frogier, Président du Rassemblement, Sonia Backes, Présidente des Républicains Calédoniens, et de Thierry Santa, Président du Congrès. Nous avions déjà titré qu’il était mort-né. Cette structure a-t-elle … un avenir ?

A quelques mois du referendum d’autodétermination, le « dialogue » semble devenir une foire d’empoigne. Le Palika parle d’un « dialogue de sourds » et a décidé, lors de son dernier congrès, de traiter directement avec l’Etat pour préparer l’indépendance-association rebaptisée indépendance en partenariat avec la France.

Sonia Backes, mise directement en cause lors de la dernière réunion, a quitté le groupe. Thierry Santa estime que la structure veut s’ériger en groupe de négociation alors qu’elle n’a pas mandat des Calédoniens pour le faire. Pierre Frogier a déclaré qu’il n’y mettrait plus les pieds. Bref, le groupe de dialogue est aujourd’hui constitué des seuls indépendantistes, dont le Palika qui va le contourner, par Calédonie Ensemble et par Gael Yanno.

La Charte des Valeurs Calédoniennes, accouchée dans la douleur à la Maison de la Nouvelle-Calédonie pendant la période du Comité des Signataires, est soumise par Internet à la population. Ce qui, au regard de l’enjeu annoncé, ne paraît guère sérieux.

Enfin, pour le reste, l’homme de la rue se demande à quoi peut bien servir ce fameux groupe.

La réalité, c’est qu’il aurait du être créé dès le début de la législature. Mais l’Etat pourrait arguer avoir mis en place le groupe des experts dont la mission était déjà « d’éclairer » tous les enjeux générés par la sortie des Accords. Une initiative dont les fruits sont restés verts !

Aujourd’hui, les rencontres de ce type semblent se solder par un « chacun pour soi ». Et qui pourrait nier que le moment est le plus mal choisi, à quelques mois du renouvellement des organes de pouvoir en Nouvelle-Calédonie ?

Au total, le vulgum pecus regarde la classe politique avec une suspicion et des interrogations grandissantes. Les dernières élections législatives avaient enregistré un taux gigantesque d’abstentions. Par  désintérêt ou défiance ? Les provinciales le diront.

En attendant, sauf, peut être, à donner quelques avis sur l’organisation matérielle du scrutin d’autodétermination, le groupe « sur le chemin de l’avenir » semble déjà appartenir au passé.