LA SOUVERAINETÉ GALVAUDÉE À TOUTES LES SAUCES !

LE POUVOIR SUPRÊME
L’utilisation de la souveraineté est une pratique en croissance exponentielle avec de plus en plus de libertés de langage.

La souveraineté, c’était le pouvoir suprême. Ce pouvoir est caractérisé par l’exclusivité de sa compétence sur le territoire national (souveraineté interne), et son indépendance absolue dans l’ordre international où il n’est limité que par ses propres engagements (souveraineté externe). 

L’ENTORSE CALÉDONIENNE
La situation calédonienne a justifié une entorse à cette règle, qui a tordu le nez des constitutionnalistes : le partage de la souveraineté. Ce partage s’est traduit par le « transfert des compétences », ce qui signifie l’attribution d’une part de la souveraineté interne nationale à la Nouvelle-Calédonie.

GALVAUDAGE
Mais depuis, que de galvaudage !

La souveraineté est utilisée sans trop de vergogne, à toutes les sauces, pour traduire simplement une capacité ou une compétence.

Dans la « souveraineté alimentaire« , il s’agit d’une abus de langage. En effet, la souveraineté alimentaire, telle qu’elle fut définie lors d’une réunion de la FAO en 1996, est le droit de déterminer les politiques liées à l’alimentation dans un cadre durable. Ce n’est nullement l’autosuffisance ! La Nouvelle-Calédonie dispose de sa souveraineté alimentaire – agriculture, pêche, forêts, travail, environnement-. Mais elle est toujours loin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire …

Quant au reste, tous les contrôles deviennent de la souveraineté. Contrôler l’énergie, c’est la souveraineté énergétique. Contrôler les mines, c’est la souveraineté minière. Dans peu de temps, les conducteurs accèderont à la « souveraineté » de leur voiture !

PLEINE DE SOUVERAINETÉS
Finalement, à défaut, probablement, d’accéder à la pleine souveraineté, la Nouvelle-Calédonie pourra se targuer d’être pleine de souverainetés. Une consolation pour les souverainistes.