LA LOW COST PACIFIC BLUE AUTORISÉE À TONTOUTA – Mais … c’était en 2004

Alors que la low-cost française « Blue Bee » vient de se poser à Papeete, beaucoup imaginent que cela n’est pas possible à Tontouta en raison d’un « monopole » d’Aircalin. Or, ce monopole est imaginaire. De fait, dès 2003, l’aviation civile australienne « avait mis sur le marché » deux rotations en faveur de Virgin Blue, qui était alors une compagnie low-cost. En août 2004, sur proposition de Didier Leroux, alors « ministre des transports » dans le gouvernement Thémereau, le gouvernement avait approuvé les tarifs de Pacific Blue Airlines -Virgin Blue-, ouvrant le ciel calédonien à la compagnie australienne. La low cost n’est jamais venue, ni elle, ni une autre. Éclairages.

DES ALLERS SIMPLES SUR INTERNET
Les tarifs approuvés par les autorités locales étaient de 14 900f à
47 000f pour un trajet vers Brisbane, avec une possibilité de continuation vers Sydney, Perth, Rockhampton, Townsville et Cairns.

Pacific Blue n’envisageait que la vente d’allers simples, dans les deux sens, bien entendu, accessibles sur Internet.

« C’est une bonne nouvelle pour les Calédoniens, avait déclaré Didier Leroux, qui auront désormais accès à une offre plus diversifiée pour aller en Australie. Le marché va sans doute s’accroître en faisant voyager des gens qui ne voyageaient pas auparavant. »

MAIS ELLE N’EST JAMAIS VENUE
Las, la compagnie low-cost n’est jamais venue. Alors qu’elle affrontait, à cette époque, une réaction vigoureuse d’Air New Zealand sur la liaison Australie-Nouvelle-Zélande, elle a estimé que la desserte de la Nouvelle-Calédonie était finalement insuffisamment  intéressante.

DES COMPAGNIES QUI SE RETIRENT OU NE VIENNENT PAS EN RAISON D’UN TRAFIC INSUFFISANT
Depuis, aucune compagnie n’a manifesté son intérêt pour notre destination. Et aucun gouvernement ne s’est opposé à une quelconque demande de touchée à Tontouta, qu’il s’agisse de compagnies low-cost ou non.

Ainsi, Air Austral avait, non seulement été autorisée, mais avait reçu des encouragements concrets de la part des autorités calédoniennes. Elle s’est retirée de la ligne, tout comme avant elle Air Micronesia, AOM, Corsair, ou encore Air France-qui a conservé cependant son « pavillon » en retirant simplement ses avions-, toutes, pour des raisons économiques.

La réalité, c’est qu’une compagnie aérienne vise naturellement une desserte qui génère des profits. Aucune n’a encore manifesté son désir de se poser à Tontouta dans le but de perdre de l’argent, juste pour faire plaisir aux Calédoniens !

PAS D’ILLUSIONS, AVEC UN TOURISME QUI PLAFONNE À
100 000 TOURISTES DEPUIS 15 ANS

Pas de perspective de profit, pas de compagnie aérienne nouvelle. Et comme la démographie calédonienne n’est pas galopante, seule l’activité touristique est susceptible d’apporter un flux intéressant de clientèle supplémentaires.

En Polynésie, le potentiel de chambres disponibles et l’attractivité de la destination ont été jugés suffisants par Blue Bee pour ouvrir une desserte.

En Nouvelle-Calédonie, aucun nouvel hôtel n’a été construit à Nouméa, et en dehors des passagers venant de Wallis, Port Vila et Papeete, le « vrai » flux touristique plafonne aux alentours de 100 000 touristes depuis 15 ans.

Une situation peu propice pour attirer une compagnie nouvelle.