MACRON À OUVÉA : ÉMOTION ET RECUEILLEMENT

Devant « la tombe des 19 » – Film NC1ère

Thérèse Waia, journaliste d’expérience et pourtant aguerrie de NC1ère, a du mal à retenir ses larmes après avoir recueilli des témoignages à la tribu de Wadrilla, à Ouvéa, là où a été érigée la stèle sur « la tombe des 19 ». C’est dans un contexte fortement émotionnel, politico-historique, que s’inscrivait cette visite du Chef de l’Etat à Ouvéa. Là où les événements de la prise d’otage et de l’assaut du 11e Choc de mai 1988 sont encore présents dans les esprits. Emotion.

HOMMAGE AUX GENDARMES
Emmanuel Macron, arrivé avec quelque retard à Fayahoué, avait d’abord rendu hommage aux gendarmes tués lors de la prise d’otage de ce funeste mois d’avril 1988. Première séquence d’émotion et de recueillement. Le Président, mettant en relief l’esprit de respect et d’humilité de sa visite, a été « au contact », après s’être entretenu avec les familles des gendarmes et le président du comité perpétuant le souvenir de l’événement.

LE SUSPENS DE WADRILLA
Mais c’était à Wadrilla que se situait le suspens. Le matin même, les gendarmes avaient bloqué les membres du comité contestant la venue du Président de la République sur « la tombe des 19 », originaires de la tribu de Gossanah. Tout près de la grotte où les otages avaient été libérés après un assaut meurtrier.

La visite d’Emmanuel Macron avait cependant recueilli l’assentiment des autorités coutumières, de la Province des Iles et même du FLNKS. C’est finalement un accueil empreint d’émotion, mais également de chaleur, que le Président a été accueilli, d’abord pour se recueillir sur le lieu de l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene, puis, dans un pudique retrait, devant la stèle « des 19 ».

OBSTACLES HABILEMENT CONTOURNÉS
Comment finalement les obstacles claironnés par la presse ont-ils été contournés ? Le Président, après avoir déclaré qu’il ne prendrait pas la parole devant la tombe des 19, ni  ne déposerait de gerbe pour simplement, et respectueusement, partager le recueillement des familles, a « fait la coutume » avec la chefferie de Wadrilla, puis a planté un cocotier, arbre qui commémorera la première visite d’un Président de la République française à Ouvéa.

Il s’est ensuite entretenu avec les familles, hors les caméras et la presse.

Son discours, dont les prémisses avaient été tracées dans son entretien, la veille, avec les chaines télé NC1ère et Calédonie, a été confirmé : ne pas oublier le passé, mais tourner la page pour construire l’avenir, et notamment pour les jeunes générations.

Ce thème, visiblement, a fait mouche. Il a été reprise à maintes fois par les orateurs kanak, et par certains descendants des « 19 ».

SUCCÈS PERSONNEL
Au total, Emmanuel Macron, au prix de quelques pertinentes improvisations, a dépassé les préventions et les critiques abondamment commentées par la presse métropolitaine. Sa visite peut être considérée comme une réussite. Elle constitue un succès personnel qui devrait avoir quelques incidences sur l’appréciation locale et nationale de sa visite en Nouvelle-Calédonie. Et peut être, sur son indice de popularité …