LE 17 AVRIL 1977 NAISSAIT LE RPC DE JACQUES LAFLEUR

C’est lors d’un grand rassemblement à l’américaine, sous un grand chapiteau, que Jacques Lafleur, fédérant plusieurs partis politiques et associations calédoniens, avait créé le Rassemblement Pour la Calédonie, le RPC. C’était le 17 avril 1977, là où se tenait le vélodrome Georges Brunelet.

Quelques mois plus tard, après la visite de Jacques Chirac qui était, à cette époque, son ami, il avait fait rajouter un « R » au signe initial.

La naissance de ce mouvement a durablement transformé la vie politique de la Nouvelle-Calédonie, alors que les principales formations autonomistes avaient progressivement pris parti pour l’indépendance à partir de 1975.

Jacques Lafleur avait réclamé, -et obtenu- une réforme du code électoral pour imposer un seuil en dessous duquel les listes candidates aux élections territoriales de pouvaient participer à la répartition des élus. Cette initiative visait à rationnaliser le débat politique, fragmenté entre une multitude de partis.

Il avait ensuite introduit la nécessité d’opérer une « réforme foncière » thème repris largement par un Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Paul Dijoud, ainsi qu’un secteur innovant, celui de la « Promotion Mélanésienne » allant dans le sens de la reconnaissance de l’identité kanak.

Pendant la période dite des « événements », le RPCR et Jacques Lafleur étaient apparus comme le rempart des « loyalistes » face à l’insurrection, puis aux troubles. Au cours d’un discours prononcé en janvier 1985, affiché ensuite dans toutes les mairies de France, le Sénateur Dick Ukeiwé, au nom du RPCR, avait proposé une solution de paix portant les prémisses du statut issu des Accords de Matignon.

En 1988, le RPCR avait été l’un des trois signataires -avec le FLNKS et l’Etat- des Accords de Matignon rétablissant la paix en Nouvelle-Calédonie.

Dès 1991, Jacques Lafleur avait prôné la « solution consensuelle » en lieu et place de ce qu’il nommait « referendum couperet » prévu initialement en 1998. Il avait obtenu gain de cause au travers de l’Accord de Nouméa, signé en 1998 par les mêmes partenaires.

Le RPCR avait obtenu la majorité absolue au Congrès et à la Province sud lors des premières élections provinciales, puis s’était maintenu au pouvoir grâce à une majorité relative jusqu’en 2004. Cette période de mise en place des nouvelles institutions locales, et en dépit de l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou et Yeiwene Yeiwene en 1989, a été marqué par une grande stabilité politique, une prospérité économique et des réformes importantes dans l’ensemble des domaines relevant des compétences locales.