NICKEL ! DÉLOCALISATIONS : L’EXTRAORDINAIRE TOUR DE PASSE-PASSE

Alors que les résolutions dans la valorisation du domaine minier calédonien allaient dans le bon sens d’une totale valeur ajoutée sur le territoire, alors qu’en métropole, tous les syndicats sont vent-debout contre les implantations d’usines françaises à l’étranger, la SMSP réussit un exploit en Nouvelle-Calédonie : faire applaudir une nouvelle délocalisation en Chine. Tour de magie.

EXPORTER PLUTÔT QUE DE VALORISER LOCALEMENT
Vaut-il mieux exporter notre minerai de nickel, et participer à des usines qui le traitent dans des pays étrangers aux lois sociales moins contraignantes, et aux coûts de production plus performants ? La SMSP a définitivement tranché. Après l’usine « à 51% » en Corée du Sud, c’est une réplique qui devrait être concrétisée en Chine.

Raisons avancées : ces usines existent déjà, et grâce à la majorité détenue en contrepartie de contrats d’approvisionnement, les bénéfices réalisés pourront être rapatriés en Calédonie à laquelle ils profiteront.

Autrement dit, il vaut mieux rapatrier des bénéfices que faire profiter les Calédoniens de l’ensemble de la valeur ajoutée et de ses résultats : construction, emplois directs, sous-traitance, dépenses de fonctionnement locales, bref, toute la panoplie des emplois indirects et induits !

L’INDONÉSIE A FAIT LE CHOIX DE LA VALORISATION SUR PLACE
Le comble, c’est que la majorité de la classe politique applaudit alors que le raisonnement -et dans ce cas, il est pertinent-, est celui d’une multinationale préoccupée essentiellement par ses profits.

Alors dans ce domaine, comment ne pas évoquer l’Indonésie ? Ce pays a pris le risque de se couper un temps de l’essentiel de ses exportations pour obtenir des investissements étrangers -dont des investissements chinois-, pour construire des usines sur place.

MAINMISE SUR LES EXPORTATIONS DE NICKEL
Ancien élu territorial, Pierre Bretegnier va plus loin, dans une « Pique d’Actu » qui fait le buzz : il prétend que l’opération chinoise consiste à isoler les mineurs indépendants de leurs clients traditionnels, et de les rendre totalement dépendants de la SMSP.

Une chose est certaine. Si le « schéma minier » reste une incantation ou un alibi pour délivrer sélectivement des autorisations d’exportation, la SMSP poursuit son propre schéma politico-économique de développement, délocalisations ou pas. Comme une multinationale. Avec d’autant plus de talent que ses détracteurs potentiels sont muets de relative indifférence.