120 000 ? LES VRAIS CHIFFRES DU TOURISME : 106 000 ! Sans Wallis, Vanuatu …

« Nouveau record avec 120.000 touristes », affiche l’Isee en publiant le compte des arrivées de « touristes » en 2017. A l’évidence, il s’agit des « entrées de visiteurs non-résidents » en Nouvelle-Calédonie. En effet, dans ce classement figurent par exemple les visiteurs en provenance de Wallis et Futuna. Des « touristes » tout de même particuliers … Décryptage.

« RAPPORT TOURISTIQUE » TRÈS FAIBLE, VOIRE NUL (PDTCNC)
Il est fort instructif, d’observer ces chiffres de l’Isee dans le détail. Une observation que recommandait déjà le fameux -et infortuné- PDTCNC en 2006, bible du développement touristique de 2006 à 2016 : « Près de 10 000 visiteurs, notait le rapport à cette époque, sont des « affinitaires voisins » (6 000 de Wallis, 3 750 de Polynésie) dont le « rapport touristique » est très faible, voire nul« . Si les chiffres ont évolué, les temps n’ont guère changé, et les chiffres continuent d’être agglomérés de la même manière.

Sur le « record » de 120 000 touristes déclarés l’an passé, le cumul des marchés réputés touristiques – France métropolitaine, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud- se situe en réalité à 106 436 touristes.

Quant aux visiteurs en provenance de Wallis et Futuna, de Polynésie et du Vanuatu, leur nombre de monte à … 14 179.

Pour les « records », les vrais, ils ne concernent ni la clientèle australienne (25 762 Australiens en 1984), ni la clientèle néo-zélandaise (10 373 Néo-Zélandais en 1990), et encore moins la clientèle japonaise (35 420 Japonais en 1998).

FRÉQUENTATION HÔTELIÈRE : 67 073 TOURISTES DANS LES HÔTELS
Un indicateur intéressant est celui de la fréquentation hôtelière, véritable baromètre du tourisme.

En matière de développement touristique, les piliers sont les hôtels, d’une part, et la desserte aérienne, d’autre part.

Combien de touristes -ceux que le PDTCNC dénommait « touristes d’agrément »- séjournent dans les hôtels ?

Pour l’année « record » 2017, ce sont … 67 073 touristes d’agrément qui ont été recensés par l’Isee dans ses comptes. Mais ses commentaires se gardent bien de mettre ce chiffre en relief.

Cela explique pourquoi, en dépit des chiffres claironnés depuis 10 ans, les hôteliers appellent à l’aide, à l’exception, peut être, du groupe « public » de la SHN dont les pertes sont couvertes par le Casino, et le cas échéant par la société financière de la Province sud. Quant aux autres, ceux qui relèvent du secteur privé, encore faut-il préciser qu’ils doivent une bonne part de leur occupation à la fermeture de plusieurs centaines de chambres depuis 2006 : celles du Surf, celles du Ramada, et une cinquantaine de clés au Méridien.

UN DÉVELOPPEMENT TOURISTIQUE EN PANNE DEPUIS 15 ANS
Au total, si objectivement, les chiffres d’arrivées de « touristes d’agrément » en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande sont en hausse légère, ceux du Japon stagnent aux alentours de 20 000 visiteurs, soit … 15 000 de moins qu’il y a 20 ans !

Pourtant, le PDTCNC avait forgé de formidables espoirs dans l’esprit des professionnels dont certains, en 2006, ne cachaient pas leur enthousiasme. On avait même demandé au ministre du Tourisme de l’hexagone, Léon Bertrand, qui depuis a connu quelques démêlées avec la Justice, de venir présider les « Assises » !

10 ans après, au terme de la période prise en compte par le Plan de Développement, les résultats sonnent comme un échec cuisant :

  • objectif 2006, 230 000 touristes d’agrément à l’échéance 2016, résultat 2017 : 67 000 touristes d’agrément si l’on exclut les « affinitaires »,
  • objectif 2006, construction de 2400 chambres nouvelles d’hôtels, à l’échéance 2016, résultat 2017, 250 chambres à Déva mais fermeture du Surf, d’une partie du Ramada et de chambres au Méridien, les chambres nouvelles résultant essentiellement de rénovations d’établissements,
  • objectif 2006, création de 3000 emplois nouveaux à l’échéance 2016, résultats 2017, …

Constat : entre la communication et la réalité, la différence est « kolossale » …