CEDRIC M : UN JEUNE CALÉDONIEN ENTREPRENEUR EN CHINE – Un destin … peu commun

L’expérience n’est probablement pas unique, mais elle demeure exceptionnelle. Un jeune Calédonien, Cédric Marginèdes, très tôt doué pour le tennis, part aux Etats Unis, puis à la suite d’un voyage en Chine, s’installe à Pékin. Seul, sans expérience professionnelle mais parlant chinois, il monte une entreprise innovante. Aujourd’hui, elle est présente dans 20 grandes villes de Chine. Il va y lancer prochainement une plate forme analogue à YouTube, et pour la première fois, accessible en chinois et en anglais à l’extérieur de l’immense pays. Destin peu commun.

Débuts assez classiques pour un adolescent doué en tennis, cours, sport études, voyages en Australie, et au passage, les titres de champion de Calédonie benjamins, minimes puis cadets. Poussé par Gérard Winter, il participe aux championnats de France et reste quelques temps en métropole.

MICHIGAN PUIS PÉKIN POUR LE TENNIS
Soutenu par des parents attentifs et solidaires, il s’envole pour l’Université du Michigan où il étudie le business et surtout, apprend le chinois. Il continue évidemment la pratique de son sport favori, et c’est d’ailleurs pour promouvoir le tennis qu’il est envoyé en Chine.

A Pékin, c’est le coup de foudre. Il décide d’y rester, représentant une société américaine de distribution de courts de tennis, et donnant des cours, notamment à des personnalités influentes.

Il part ensuite 3 années à Hong Kong. C’est là que naît son ambition pour diversifier ses activités. Rencontre avec les médias au sein de Star TV appartenant au groupe Murdoch, commercialisation de pubs télé.

NAISSANCE D’UNE ENTREPRISE À SHANGHAI
2001. C’est la naissance de la bulle Internet. Cedric s’installe à Shanghai (qui signifie « Sur la Mer »). Il travaille dans les médias ainsi que pour une agence de mannequins. Mais surtout, c’est la découverte de la video, en autodidacte. En 2003, avec un partenaire chinois, il monte une société de production de vidéos spécialisée dans l’événementiel. Premiers clients : Chivas et Pernod Ricard.

C’est ensuite un long chemin, parsemé d’embuches -il est trahi en 2009 par son partenaire qui lui « pique » son staff- et doit tout recommencer à partir de zéro.

« Aujourd’hui, j’ai compris la leçon. Je suis seul à posséder mon entreprise ». Une entreprise qui emploi 20 personnes dont un tiers de Français, possédant un studio à Pékin et Shanghai, et travaillant avec une centaine de sous-traitants.

500 CLIENTS PRESTIGIEUX DANS 20 VILLES
La liste de clients de CedricM est longue : 500 dans les domaines de l’automobile, de la mode, des vins et spiritueux, du téléphone, du voyage. On y trouve aussi bien Mercédès, BMW, Ferrari, Citröen, Rover, Cadillac, GM, que Longchamp, LVMH, Prada ou Adidas.

C’est par exemple CedricM qui a couvert l’ouverture du premier Club Med en Chine, à Sanya. Sanya, destination balnéaire au sable blanc, à la mer chaude et aux animations en tout genre où d’ailleurs, Cedric compte installer un nouveau studio.

A 44 ans, il demeure avant tout Calédonien. La tête froide, il a de nouvelles ambitions. Dans un pays où la lutte est sans pitié. Et où les entrepreneurs étrangers n’attendent ni protection de marché, ni subventions publiques.

« NOUS ALLONS AUSSI NOUS DEVELOPPER EN ASIE DU SUD-EST, À SINGAPOUR ET DANS L’ÎLE DE SANYA »

NoumeaPost – Est-il difficile de créer une entreprise en Chine pour un étranger ?

Cédric M – Certains secteurs sont fermés aux étrangers, il faut le savoir. Quant au reste, il est essentiel de parler chinois et de s’entourer des services d’un bon avocat. Il n’est pas possible d’accéder à des prêts de banques chinoises, et vous devez donc lever des financements étrangers. Il est également possible de s’associer avec un partenaire chinois. Il faut être vigilant. Je ne l’avais pas été assez.

NP – Vivre en Chine est difficile ?

CM – Celà dépend de vos attentes et de votre caractère. J’y suis depuis près de vingt ans ! Mais je reviens régulièrement en Calédonie pour me resourcer. C’est là que sont mes racines.

NP – Vous avez de nouveaux projets ?

CM – Plein la tête ! Je vais créer 3 nouveaux bureaux, en Asie du Sud-Est, à Singapour et à Sanya …

NP – Parlez nous de Sanya …

CM – C’est une île au sud de la Chine, à 3 heures de Shanghai, dont le développement touristique est effréné. Il y fait chaud, les plages sont superbes avec du sable blanc, et il y a des hotels 5 étoiles partout !

NP – Et dans la production ?

CM – Nous allons lancer la première plate-forme chinoise accessible de l’étranger : CedricMTV Beinit (Be in it).

Ce sera une fenêtre pour voir ce qui se passe en chine, une plate forme video genre Vimeo/ Youtube pour connecter l’audience aux événements premium haut de gamme en Chine et à l’étranger. Elle sera disponible en 2 langues, chinois et anglais. Elle touchera plusieurs millions de personnes, et pourra être intégrée avec Wechat, FaceBook ou Instagram.