LE « G10 » RÉDUIT À 8 : LES CONSÉQUENCES

 

Instance de rencontre et de concertation, le G10, regroupant des représentants des formations politiques au Congrès, avait été mis en place sur proposition d’Edouard Philippe. Hier, suite à la publication sur le site de Philippe Gomes d’un texte non signé et non approuvé par les membres du groupe, Thierry Santa et Sonia Backes s’en sont retirés. Conséquences.

Toute la journée du dimanche avait été consacrée à la préparation de la délibération du Congrès fixant la date du referendum. Les participants s’étaient d’ailleurs assez rapidement accordés sur le 4 novembre 2018. C’est à dire que … tour le monde était d’accord sur le sujet principal de la réunion ! Les loyalistes, qui dans leur majorité avaient évoqué la date du 28 octobre, s’étaient finalement rangés aux arguments liés à la rentrée scolaire, avancés notamment par l’UNI.

C’est donc sur le reste que le G10 a « explosé » …

Le reste, c’était le rapport de présentation de la délibération. Apparemment, il suffisait de rappeler les termes de la loi organique prévoyant que le Congrès avait été chargé de cette décision, et d’indiquer qu’en conséquence, la première assemblée choisissait la date du 4 novembre. C’était sans compter sur les chemins escarpés de la politique …

Un texte a en effet été présenté, sous la forme d’une reprise d’une partie du préambule de l’Accord de Nouméa. Avec quelques focus. C’est à propos de ces derniers que l’accord des participants n’avait pas abouti.

Il s’agissait notamment de rappels de la période « d’ombres » du préambule, considérées comme une repentance non compensée par ce que le document de 1998 présentait comme la période de « lumières ».

Pour ces raisons, la proposition de délibération n’avait pas été signée. Le feu a été mis aux poudres par la publication du texte sur le site Facebook de Philippe Gomes, alors qu’un engagement de confidentialité sur les travaux du G10 avait récemment été signé par ses membres.

Résultat : une défiance soldée par le retrait de Thierry Santa, Rassemblement Les Républicains, et Sonia Backes, Républicains Calédoniens.

Réaction de Philippe Michel face à la presse : « Le Rassemblement, en particulier, renie les engagements qu’il a pris lors de la constitution de la plate-forme« . Il affirme que les élus étaient d’accord sur le texte contesté, mais que, désavoués par leurs mouvements respectifs, ils avaient été contraints de démissionner du G10.

Précision des deux élus mis en cause, réfutant cette présentation : « Nous avions refusé de signé la proposition, preuve de notre désaccord dimanche dernier« .

RETOUR À LA CASE DÉPART
Philippe Michel est Président de l’intergroupe au Congrès constitué par Calédonie Ensemble, le MPC de Gael Yanno et le Rassemblement Les Républicains. Il peut donc provoquer « un désordre institutionnel » en supprimant ce Groupe pour ne conserver que les composantes Calédonie Ensemble et MPC. Dans cette hypothèse, le Rassemblement ne pourrait constituer de groupe. A moins de trouver un « renfort » ou de passer de nouvelles alliances …

Calédonie Ensemble, toujours dans cette hypothèse, se trouverait plus isolé au gouvernement et au Congrès, et se verrait contraint de compter un peu plus sur les indépendantistes. Gênant, dans cette période de préparation, non seulement du referendum, mais également … des provinciales de 2019.

UNE « EXPLOSION » QUAND TOUT LE MONDE EST D’ACCORD SUR L’ESSENTIEL
Les conséquences sur les équilibres institutionnels dépendront donc largement des options que le parti de Philippe Gomès choisiront. Mais ce qui est symptomatique, c’est le caractère exogène du désaccord survenu.

En effet, sur la date, objet de la réunion de dimanche, l’unanimité s’était fait jour.

Le texte incriminé, sorte de préambule, n’a qu’un lointain rapport avec le choix de cette date. Il est davantage un exposé des motifs pour expliquer à nouveau … l’objet du referendum.

C’est souvent le mystère de la politique : pourquoi donc faire simple quand ont peut faire compliqué.