AU SÉNAT, PIERRE FROGIER DEMANDE SOLENNELLEMENT UN ENGAGEMENT DE L’ÉTAT ET DE LA CLARTÉ SUR LE RÉFÉRENDUM

 

C’est une déclaration solennelle et ferme que le Sénateur calédonien a prononcée hier lors de l’examen du projet de modification de la loi organique relative au corps électoral par la Haute Assemblée. Prenant d’abord acte de la prise en compte par le gouvernement des demandes formulées par la Nouvelle-Calédonie sur la composition de la liste référendaire et sur l’encadrement des procurations, il a ensuite mis en garde l’Etat.

PAS DE PEUPLE CALÉDONIEN
Rappelant l’usage du terme « peuple calédonien » par le Premier ministre lors de sa visite sur le territoire, il a dénoncé une forme d’ambiguïté : « Ça ne peut être une maladresse, a-t-il affirmé, cela marque une orientation. Inscrire d’ores et déjà la Nouvelle-Calédonie en marge de l’ensemble français. Donner des gages aux indépendantistes que l’on sait pourtant minoritaires parmi les citoyens calédoniens. C’est la poursuite de l’ambigüité à laquelle nous ont déjà habitués les gouvernements de François Hollande« .

SORTIR DE L’AMBIGÜITÉ
Pierre Frogier, estimant que « l’ambigüité est partout dans la manière dont l’Etat aborde cette consultation« , a demandé à l’Etat de s’engager sur le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République. « Est-ce si difficile pour l’Etat de dire son attachement à une Calédonie dans la France ?« .

S’adressant à la ministre des Outre-mer, le Sénateur a demandé « solennellement, devant la représentation nationale, de préciser le cadre politique des groupes de travail animés par le représentant de l’Etat en Nouvelle-Calédonie : préparons-nous aussi l’indépendance ou une solution qui s’y apparenterait ?« 

« Toute l’histoire du parti politique que je préside, toute mon histoire personnelle, c’est de permettre à la Calédonie de rester française« , a rappelé Pierre Frogier qui a conclu en affirmant qu’il s’engagerait « de toutes ses forces » s’il s’agit « de préparer notre avenir dans la France, comme c’est la responsabilité première de l’Etat« , mais qu’il « combattrait résolument » le gouvernement « s’il s’agit de préparer l’hypothèse d’une indépendance ou d’une indépendance association« .