260 TOURISTES CHINOIS … POUR LE DÉBUT D’UNE « LONGUE MARCHE » DE 15 ANS

Le directeur général de NCTPS tourisme est réaliste. Ce Calédonien, professionnel de l’hôtellerie, qui a effectué la plus grande partie de sa carrière en Polynésie, sait de quoi il parle lorsqu’il s’agit d’un certain emballement pour le premier charter Hangzhou-Tontouta. Son organisme a préparé au mieux l’arrivée des 260 touristes chinois, un premier résultat grandement dû à Aircalin, mais, dit-il, au delà de « ce succès, il faut faire en sorte qu’il ne soit pas éphémère ». Longue marche.

230.000 TOURISTES ANNONCÉS POUR 2015,
RÉSULTAT : 62.000 DANS LES HOTELS
C’est qu’en tourisme, une hirondelle ne fait pas le printemps. Beaucoup de « com », mais des résultats qui ne sont pas en concordance. On a déjà connu la Calédonie « à l’assaut » de la Corée du Sud, la Calédonie « à l’assaut » de la côte ouest des Etats Unis, la Calédonie, en 2005, annonçant 230 000 touristes en 2015, la Calédonie qui annonce désormais 200 000 touristes en 2025. Et à présent, la Calédonie qui annonce 6 000 touristes chinois en 2025.

Résultats 2015 : tout juste 90 000 « vrais » touristes, et une fréquentation hôtelière annuelle de 62 206 touristes (chiffre ISEE) …

Personne, pourtant, ne peut nier l’intérêt d’organiser quelques charters en provenance de Hangzhou. Mais il faut garder la tête froide pour ne pas faire partie des « couillons rendus joyeux » par les promesses.

UNE « LONGUE MARCHE »
SANS OUBLIER LES FONDAMENTAUX
Les 260 Chinois qui vont être choyés à partir du 17 février, ne doivent, en effet,  pas faire oublier deux fondamentaux du tourisme calédonien :

– la nécessité de restaurer l’investissement hôtelier privé disparu, le dernier investissement public à Bourail s’avérant à la fois coûteux et financièrement désastreux. Pas d’hôtel nouveau, pas de chaîne hôtelière nouvelles, pas de développement.

– la nécessité de saisir l’opportunité de croissance du marché japonais dont les résultats ne représentent qu’un tiers de celui enregistré … près de 20 ans auparavant. Et alors que les Japonais connaissent, eux, la destination, et sont 2 millions de touristes à choisir le Pacifique.

APPRENDRE LE MANDARIN
Alors, un marché chinois, à 10 ou 15 ans, sûrement.

D’ici là, les Calédoniens auront appris à parler le mandarin, une vraie ligne aérienne aura été mise en place, et les chaînes hôtelières nouvelles permettront d’éviter la cohabitation -d’ailleurs difficile-, entre clientèles chinoise et japonaise qui ne s’apprécient guère mutuellement.

En attendant, ce charter ne fera pas de mal à un tourisme qui stagne depuis 15 ans, en dépit de chiffres « records » dont l’approximation mériterait un examen plus objectif.