4,5 MILLIARDS DE TAXE SUR L’ALCOOL : LA FINC CONTRE ATTAQUE -Etalement et taxe dédiée à la lutte contre l’alcoolisme

Pleine page dans Les Nouvelles Calédoniennes, intervention devant la commission fiscalité du Congrès, la Fédération des Industries de Nouvelle-Calédonie monte résolument au créneau à propos du projet de taxe sur l’alcool. Propositions.

L’augmentation importante de l’alcool, dont le Congrès a été saisi par le gouvernement, c’est l’événement fiscal de la fin de cette année. Tout le monde s’accorde à reconnaître et à soutenir la lutte contre ce qui est considéré depuis des années comme un fléau local, un record au plan national. Mais sur les moyens et l’utilisation du produit estimé de 4,5 milliards de la nouvelle taxe, les appréciations divergent.

ETALEMENT
JUSQU’EN 2022

C’est la Finc qui a pris le leadership, non pas de la contestation de cette taxe, mais de son prélèvement et de son utilisation.

Premier volet : les industriels locaux adhèrent à la lutte contre les abus d’alcool. « Oui, il faut agir« , approuve leur représentation.

Deuxième volet : la Fédération défend les intérêts du secteur qui emploie, affirment les entrepreneurs, plusieurs milliers de personnes. Ainsi que le pouvoir d’achat de ceux qui n’abusent pas de la dive bouteille.

Elle ne conteste pas les taux, mais propose un étalement « pour ne pas mettre en péril le tissus économique et le pouvoir d’achat des Calédoniens qui ont un comportement responsable« . L’étalement suggéré serait par tiers, un premier « maintenant« , un second en 2020 et un troisième en 2022.

TOUS LES SOUS
POUR LUTTER CONTRE L’ALCOOLISME

Autre angle d’attaque : le pouvoir d’achat « des Calédoniens qui ont un comportement responsable« . La Finc fait ainsi vibrer là la corde sensible d’une majorité de Calédoniens excédée de devoir payer les mauvais comportements d’une infime minorité. Et de surcroît, dans un domaine dont la revendication, jamais satisfaite depuis l’origine, n’a pour l’instant pas ressurgi : la cherté de vie ou son corollaire, le pouvoir d’achat.

Troisième volet : « oui », dit la Finc, d’accord pour prélever au total 4,5 milliards, mais il faut que cette somme colossale soit entièrement consacrée à une œuvre non moins colossale : retrouver en Nouvelle-Calédonie un niveau de consommation d’alcool normal et raisonnable. Alors la Finc affiche : « 100% des recettes de l’augmentation des taxes pour la prévention, l’éducation et la répression« . En clair, plutôt que de « flêcher » le produit de la dite taxe, d’une part vers les Provinces pour prendre en charge les contributions hospitalières, et d’autre part vers le Ruamm pour assurer un besoin immédiat de trésorerie, les sommes collectées sur la vente de l’alcool doivent être, selon la Finc, dédiées « à la prévention et à l’éducation » d’une part, « à la répression et à la réglementation » d’autre part.

AU CONGRÈS
DE TRANCHER

C’est donc un gros caillou que les industriels locaux posent dans la chaussure, non pas de la lutte contre les abus d’alcool, mais dans celle que le Ruamm et les provinces ont déposé au pied de leur sapin.

C’est désormais au Congrès de trancher. Avant le 31 décembre, date au delà de laquelle, les modifications fiscales devront être appliquées sur l’exercice 2019. Alors, ce sont de belles joutes qui s’annoncent au nom de l’intérêt des acteurs économiques dans une situation de crise, et au titre du pouvoir d’achat des consommateurs « raisonnables ». La campagne électorale ayant été lancée dès le débat d’orientation budgétaire au Congrès, les échanges s’inscriront directement dans les arguments politiques qui vont se développer pendant un peu plus d’un an. Ambiance.

A moins … d’un consensus. Impossible ? N’est-on pas en pleine période de Noël ?