LA CALÉDONIE DOTÉE D’UN « VRAI » GOUVERNEMENT CE MATIN

C’est Rock Wamytan qui l’avait annoncé sur RRB : des discussions étaient en cours pour parvenir à l’élection du Président et du Vice-président du gouvernement nouvellement élu.

D’abord lancées au sein du camp indépendantiste, ces négociations ont été ensuite portées entre les indépendantistes et les loyalistes de la « plate-forme ».

Finalement, un accord semble avoir été trouvé et la fameuse élection devrait se dérouler ce matin à 8h, heure à laquelle les membres du gouvernement ont été convoqués par le Haut-Commissaire. Philippe Germain serait reconduit à la présidence, et Jean-Louis d’Anglebermes à la Vice-présidence.

Le bras de fer politique semble donc avoir connu un terme grâce à la venue du Premier ministre à qui les partis politiques indépendantistes ainsi que ceux de la « plate-forme » ont souhaité présenter des institutions locales en ordre de marche.

De leur côté, les Républicains Calédoniens, dont le Congrès fondateur est programmé le 7 décembre prochain, a publié un communiqué dans lequel il déclare savoir qu’un « accord privé » concernant « de nouveaux transferts de compétence » aurait été conclu pour parvenir aux élections attendues. Ils affirment ne pas cautionner de qu’ils qualifient « d’accords occultes« .

C’est donc, à quelques heures de l’arrivée d’Edouard Philippe, et alors que le Congrès et entré dans la période de session budgétaire que l’Exécutif territorial va pouvoir exercer la plénitude de ses compétences. Ainsi, après sa complète installation suite aux élections attendues, il pourra effectuer son rôle de « contrôle et d’animation » des différents secteurs constitués par les directions et les services administratifs, et prendre, soit à titre individuel pour le Président, en formation collégiale pour les délibérations et la plupart des arrêtés, les décisions qui relèvent de sa compétence.

Les observateurs seront évidemment attentifs à la répartition des secteurs entre les différents acteurs. Une répartition sensible alors que des dossiers très lourds correspondant à une situation de crise vont s’imposer aux institutions : le projet de budget 2018 et ses équilibres, les politiques publiques répondant à la situation de crise économique dans de nombreux secteurs, la situation périlleuse de la Cafat et celle des régimes sociaux, les dépenses de santé supplémentaires liées notamment au Médipôle et à l’ouverture prochaine de l’hôpital de Koné, la situation sociale qui pourrait résulter de la diminution d’emplois à l’usine Vale-NC.

Au plan politique, c’est le fameux article 27 qui va prendre une place plus prégnante sur le devant de la scène. Déclarations et communiqués ont montré à quel point ce sujet devenait sensible, y compris au sein de la plate-forme.