COLLOQUE ÉCONOMIE APRÈS 2018 ? BEAUCOUP DE QUESTIONS, PEU DE RÉPONSES

Le thème était pourtant alléchant et l’initiative de Samuel Gorohouna, maître de conférences à l’Université de Nouvelle-Calédonie fort intéressante. Mais tout comme lors du colloque sur les finances publiques organisé dans le même lieu, l’essentiel des exposés a porté sur les constats de la situation actuelle, mais pratiquement rien, hormis des généralités bien connues, n’a émergé sur ce que pourrait être l’économie de la Nouvelle-Calédonie après 2018.

L’explication a peut être été donnée par Cécile Couharde, de Paris Nanterre : « Nous arrivons à un point qui va amener la Nouvelle-Calédonie à repenser sa stratégie de croissance, sa stratégie de développement« .

Il est vrai que le thème pouvait être embarrassant : « … en cas d’émancipation accrue, voire de pleine souveraineté, quelle seraient les conséquences sur l’économie du pays ? » Les élus du Palika et de l’Union Calédonienne étaient d’ailleurs des auditeurs attentifs. Mais c’est avec beaucoup de prudence que les conférenciers ont évité des réponses trop directes. Ou accablantes.

Olivier Sudrie a tout de même expliqué, force graphiques à l’appui, qu’imaginer que les revenus du nickel pourraient se substituer, à moyen et long terme, aux transferts de l’Etat, relevait de la spéculation irréaliste. Cet exposé a eu le grand mérite de la clarté.

Pour le reste, échanges commerciaux, monnaie, système bancaire : on est resté essentiellement dans le constat et l’analyse de la situation actuelle. Quant aux relais de croissance, notamment fondés sur une économie basée sur les richesses patrimoniales concrètes ou immatérielles, ils ont été appréhendés une nouvelle fois dans leur généralité. Un peu comme des incantations, à l’image du « formidable » potentiel touristique …

Il faut dire que le thème n’est pas simple. La situation économique du territoire qui tend à virer progressivement à la catastrophe -d’ailleurs annoncée-, ne prête guère à de flamboyantes projections après 2018.

Cette date, en matière économique, n’est en effet, ni l’alpha, ni l’oméga. Elle ne va pas transformer, d’un coup de baguette magique, l’absence de stratégie et de modèle de développement adaptés au temps nouveau et présent que connaît la Nouvelle-Calédonie. L’évocation de 2018, en réalité, est une façon de capter l’attention du public qui sait que cette échéance ne changera pas grand chose à la situation actuelle, mais qui se pose tout de même quelques questions.

Pour le reste, les pistes à tracer sont plutôt délicates. Elles conduiraient en effet à être critiques sur la politique économique et sociale menée localement depuis plusieurs années, pour indiquer quels changements seraient pertinents.

Un pas que les doctes universitaires répugnent à franchir …