SAINT LOUIS : LA MÉTHODE ERIC GAY

Saint Louis. Ce seul mot suscite débats entre durs et modérés, jusqu’aux boutistes et conciliateurs. Entre les uns qui évoquaient l’intervention de l’armée, les autres qui réclamaient une action plus déterminée de l’Etat, le Maire du Mont Dore n’a pas varié. Dénonçant d’un côté le caractère insupportable de la situation, il s’est toujours appliqué, en même temps, à rechercher une solution de fond, basée sur un dialogue permanent avec les familles de Saint Louis, évitant toute stigmatisation excessive.

Samedi dernier, ce sont les jeunes de la tribu, au travers de leurs associations, qui ont organisé un accueil du public -nombreux- sur le terrain de la mission.

Il était utile, déjà, de rappeler le passé « glorieux » du lieu. Scierie, ateliers, moulin à grains, écoles, internat, rizières, chaudronnerie : Saint Louis, sous l’impulsion de géniaux pères maristes, fut un véritable centre industriel.

Mais il était encore plus pertinent de souligner au grand jour que des dizaines de familles paisibles y vivent, que des jeunes passent leur bac, entreprennent des études supérieures, aspirent à un emploi. Ils sont l’immense majorité, et leur réputation est spoliée par les délinquants qui y ont sévi ou qui menacent encore.

Or il n’y a pas d’exemple dans le monde où le calme est revenu durablement dans une communauté, dans un quartier, dans une ville, par un simple décret ou par les seules interventions de forces de l’ordre. La population doit être partie prenante, et c’est la conjonction de l’action publique et de l’adhésion des habitants qui assoit, dans le temps, le calme et la tranquillité.

Eric Gay, c’est incontestable, connait bien ce milieu si délicat de Saint Louis. Parce que sa famille utérine est de Canala, ses relations sont moins compliquées, et sa sensibilité « sociologique » est différente.

La journée de samedi a été celle des jeunes de Saint Louis. Mais le regard bienveillant, et les coups de pouce discrets mais nécessaires étaient du côté de l’Hôtel de Ville.

Ce succès ne signifie pas que tout est réglé. « Tout celà demeure fragile« , reconnaît le Maire. Parmi les risques, la libération des personnes pour l’heure internées, et la récidive qui mettrait à mal les actions de bonne volonté. Mais le choix est clair : le calme reviendra durablement et solidement si tous les habitants le veulent et se mobilisent. C’est, pour lui, tout un long travail de persuasion et de dialogue. Parfois, entre le marteau et l’enclume.