CRISE DES FINANCES PUBLIQUES : RÉGIMES SOCIAUX ET CAFAT AU BORD DE L’EXPLOSION

Le Médipôle sera suivi de l’Hôpital de Koné

« Tout va très bien, Madame la Marquise, l’écurie brûle, le château est en feu … ». La Nouvelle-Calédonie ne se lasse pas de vanter son régime de santé et de protection sociale, l’un des plus généreux au monde. Mais il s’agit peut être d’un château de cartes qui menace d’entraîner les Calédoniens dans une spirale insoutenable de prélèvements fiscaux et sociaux. Dans l’immédiat, des « pansements » sont recherchés. Mais les fondements sont menacés. Gouffre.

UNIQUE DANS LES ÎLES DU PACIFIQUE
On a coutume de réduire les régimes sociaux à la Cafat. Ce n’est, malheureusement, pas tout !

Aux déficits des régimes de la Caisse –à l’exception du régime de retraite-, il faut en effet ajouter les dépenses et les engagements de dépenses accumulées ces dernières années dans les autres régimes sociaux : prestations sociales de solidarité, minimum retraite, minimum vieillesse, aides au handicap, aides à la mobilité réduite.

Bien entendu, personne ne pourrait s’en plaindre. Ainsi, lorsqu’une personne âgée n’ayant jamais travaillé ou cotisé, en milieu urbain comme en tribu, perçoit désormais une allocation d’un million par an, la Calédonie affiche une solidarité unique dans les îles du Pacifique.

Simplement, les dépenses globales doublent tous les 7 ans. Pas les ressources !

400 MILLIARDS EN 2021 !
Le Ruamm a accumulé 15 milliards de dettes, le paiement des prestataires est différé par manque de trésorerie,  les dépenses réelles de santé du Médipôle et du prochain hôpital de Koné viendront s’ajouter à celle de l’hôpital de Koumac et de Poindimié. Les équilibres, pour l’heure, ne sont pas trouvés.

Pourront-ils l’être, d’ailleurs, en envisageant simplement une augmentation des cotisations sociales et une nouvelle hausse des impôts ?

L’impasse de trésorerie du Ruamm est, semble-t-il, de 2 milliards. Qu’à cela ne tienne, il suffira de prélever cette somme dans un des « réservoirs », en se fondant sur le précédent du Port Autonome et de l’Office des Postes. Mais rien ne sera réglé au fond, et le trou des régimes sociaux continuera à se creuser.

Jusqu’à quand ? En 2021, le coût de ces régimes sociaux au rythme actuel sera de 400 milliards !

En 2030, si rien n’est fait, la totalité des recettes fiscales … sera consacrée à maintenir les dits régimes sociaux !

PROCÉDURE D’ALERTE
A la Cafat, en tout cas, les commissaires aux comptes ne sont pas à l’aise. Ils se retrouvent face à un situation dans laquelle les déficits comptables s’inscrivent dans une courbe de croissance sans que rien n’annonce un quelconque retournement de tendance. Dans une société privée, elle reflèterait clairement une position latente de faillite.

Dans ces conditions, l’énoncé d’une procédure d’alerte semble inévitable au regard des règles strictes de la profession.

Si l’absence de solution est parfois considérée comme une solution, dans le domaine social, ce ne sera pas le cas. La rupture serait le chaos. Peut-on imaginer un seul instant ce qui se passerait si les professions de santé n’étaient plus remboursées, et si les dotations aux hôpitaux n’étaient plus assurées ?

Inenvisageable, dira-t-on.

Mais alors, les réformes nécessaires –et forcément douloureuses- doivent être mises en œuvre d’urgence et avant qu’il ne soit trop tard.

Du pain sur la planche et un sacré défi pour le prochain gouvernement.