COUP DE THEÂTRE AUX LÉGLISLATIVES : LES PARTIS LOYALISTES SE REGROUPENT

C’est ce qui marquera le second tour des élections législatives : Pierre Frogier, Philippe Gomes, Gael Yanno et Pascal Vittori ont signé une plate-forme d’union pour préparer la sortie de l’Accord de Nouméa. Pas de consigne de vote explicite, en revanche pour dimanche, mais la dynamique va, à l’évidence, jouer en faveur des candidats issus de cette union, c’est à dire Philippe Gomes et Philippe Dunoyer.

Selon les signataires, cette initiative répond à plusieurs constats qu’ils jugent alarmants : le désintérêt des Calédoniens pour le scrutin mesuré par le taux exceptionnellement élevé d’abstentions, la persistance de la division des loyalistes, la crise économique et, souvent citée, la position d’Harold Martin sur le vote de dimanche dans la seconde circonscription. Point d’orgue : la proximité du scrutin de sortie, et la volonté exprimée des partenaires de préparer cette sortie, et pour la majorité d’entre eux, de construire « une sortie apaisée ».

« Nous avons, tous les quatre, a déclaré Pierre Frogier, une préoccupation depuis toutes ces années : c’est de faire en sorte que nos populations ne subissent pas une sanction lors de cette consultation. Mais bien au contraire, que ce soit une nouvelle étape, une nouvelle opportunité pour ancrer le vivre ensemble », précisant, après avoir rappelé ce qui s’était passé « il y a 30 ans » : « il n’est pas question, pour nous, de préparer cette consultation de la sortie de l’Accord de Nouméa dans la confrontation ».

Pour Philippe Gomes, aborder l’échéance de 2018 en ordre dispersé chez les loyalistes, c’est prendre le risque à la fois « de fossoyer la France et la paix ». « Il faut, poursuit-il, avec nos sensibilités non-indépendantistes, avec nos différences, essayer de mettre des passerelles entre nous pour aborder, avec une approche partagée, cette échéance de 2018 ».

Pas de consigne expresse de vote, mais « dans les deux circonscriptions, les candidats qui se reconnaissent, qui se sont engagés dans cette ligne de discussion, de dialogue, non seulement avec la famille non-indépendantiste, mais aussi ce dialogue approfondi avec les indépendantistes, ce sont ces candidats que nous soutiendrons ».

L’accord évoque « la stabilité des Institutions », et suggère qu’il concerne notamment le gouvernement lequel, en cas d’élection de Philippe Dunoyer, devra être recomposé.

Interprétation toute autre, en revanche, du côté de Sonia Backes qui évoque une « tambouille politique », de Philippe Blaise qui ne cautionne pas la démarche et réaffirme son soutien à Sonia Backes, et d’Harold Martin, candidat malheureux dans la seconde circonscription.