AIRCALIN : COMME TOUT GOUVERNEMENT, CELUI DE LA CALÉDONIE DOIT ÉPAULER SA COMPAGNIE « PUBLIQUE »


Blocage dans le plan de modernisation de la flotte d’Aircalin, une modernisation que les pannes multiples –et très couteuses- rendent impérative autant qu’urgente. Alors que tout est prêt pour la commande ferme des nouveaux avions, le gouvernement refuse la caution exigée par les banques. Le quotidien titre qu’il « joue la montre ». Mais les raisons invoquées par l’Exécutif ne sont pas dénuées de sens. En revanche, il a le devoir de s’impliquer pour aider … sa propre compagnie.

Que les banques de la place exigent, en plus des hypothèques sur les aéronefs, la caution de la Nouvelle-Calédonie paraît en effet excessif. D’autant que l’actionnaire quasiment unique de la compagnie est l’Agence pour la Desserte Aérienne de Nouvelle-Calédonie, elle-même financée par une recette fiscale territoriale. En matière de solvabilité, difficile de faire mieux.

Mais bien que la société soit anonyme, son actionnaire public doit la soutenir avec vigueur pour passer rapidement ce mauvais cap. Il en va du confort des passagers calédoniens, de la crédibilité de la compagnie calédonienne tout autant que de l’intérêt du contribuable.

C’est qu’en effet, Aircalin bénéficie probablement de conditions âprement négociées et par conséquent favorables, qui l’a conduit à « toper » pour l’achat des avions que leur succès rend pourtant difficilement accessibles.

Tout report pourrait remettre en cause, et sûrement à la hausse, le résultat de ces probables négociations.

« Du temps de Jacques Lafleur, commente cet ancien élu, les banquiers auraient été directement « invitées avec fermeté » par lui même à mettre en équilibre l’intérêt public et leurs propres intérêts. En se satisfaisant des garanties classiques … »

Une fermeté que doit s’autoriser tout gouvernement.