UN PETIT GARÇON MASSACRÉ PAR UN « GRAND » A LA SORTIE DE SON COLLÈGE – C’est le « Destin Commun » qui est peu à peu massacré au profit du « Destin Contraint »

Quand une maman n’a plus que les réseaux sociaux pour dire son désarroi, son désespoir et sa révolte parce que son petit garçon s’est fait massacrer par un adulte à la sortie de son collège, c’est que le pays et la société dans laquelle elle vit est malade. Son message a été déjà partagé plus de 1.600 fois, et probablement touché près de 30.000 personnes !

La Calédonie est malade des incivilités, malade de la violence qui depuis 15 ans, ne fait que s’amplifier jusque dans les établissements scolaires. Certains ne le comprennent toujours pas, comme ils ne comprennent pas le résultat local des élections présidentielles.

ROUÉ DE COUPS DE PIEDS ALORS QU’IL ÉTAIT INCONSCIENT
La maman raconte. « Pour avoir refusé de se battre peu avant midi contre un élève qui le cherche depuis le début de l’année, pour avoir été à la limite d’exploser, s’être fait contenir et retenir par une surveillante, il a essuyé une salve d’insultes. Il est passé pour un lâche »

… « Non, il sait justement se battre, un peu trop bien, et ne veut pas s’en servir en dehors d’un dojo … Et il veut le tableau d’honneur, il ne veut pas d’ennuis … »

« Alors cela lui a valu une heure plus tard d’être attendu par un grand, de stature adulte, armé d’une fausse attelle au poignet, bardé d’une barre de métal camouflée. »

Le jeune garçon refusant de se battre en dépit des provocations, « a reçu un premier coup de poing au visage. Alors il s’est enfui ».

« Son agresseur l’a rattrapé, l’a plaqué au sol, lui a mis un premier coup de pied en plein visage. Au deuxième, … a commencé à perdre connaissance »

… « Alors qu’il était inconscient, mon petit garçon qui aura douze ans dans trois semaines, se faisait rouer de coups de pied … »

« Petit pays, tu me fais peur » conclut la maman.

Ce récit est poignant et hallucinant. Mais malheureusement, il entre dans une forme de banalisation de la violence que beaucoup semblent ignorer, une violence caractérisée par les comportements, les incivilités, les délits, partout en Nouvelle-Calédonie et pas seulement à Nouméa et dans l’agglomération.

Nouméa, encore.

JEUNE FILLE AGRESSÉE SAMEDI SOIR
Samedi soir, une famille va prendre un verre dans un nouveau bistrot, près de la l’Anse Vata. Au moment du départ, le père accompagné de son fils et un ami se dirigent vers leur véhicule. Sa fille et une amie s’approchent de leur voiture. 3 individus capuchés s’approchent d’elles, et rapidement, les insultent et montrent des intentions d’agression. Les 3 hommes interviennent, font le coup de poing, et éloignent les voyous. Vous avez dit violence et insécurité ?

VOL À LA TIRE SUR L’ÉCHANGEUR DE L’ETRIER
Quant à la secrétaire d’une institution basée à Ducos, elle n’est toujours pas revenue de ses émotions. Alors qu’elle était bloquée dans un embouteillage à l’échangeur de l’Etrier, des jeunes ont ouvert sa portière, se sont saisis de son sac à main et ont pris la fuite !

Dans ces deux dernières situations, à quoi sert de porter plainte, s’interrogent les victimes ? Mineurs, les délinquants seront relâchés et pourront, en toute impunité même provisoire, poursuivre leurs méfaits. Si tel n’est pas le cas, et hors un flagrant délit, quelles poursuites, avec quelles chances de succès ? Et inutile d’évoquer les craintes de représailles …

Ce sont des dizaines de faits analogues, comportements, incivilités, délits, qui s’opèrent chaque semaine. Vu le nombre de véhicules volés, et souvent brûlés, il ne fait pas de doute que les compagnies d’assurance vont d’ailleurs réagir cette année.

« DESTIN COMMUN » OU « DESTIN CONTRAINT » ?
Les conséquences d’une telle dérive ont progressivement modifié le sentiment politique d’une grande partie des Calédoniens. « Arrêtez de nous parler de destin commun avec des trémolos dans la voix. On est condamnés à vivre ensemble, un point c’est tout ! », avoue cet ancien sympathisant du RPCR. Au delà, c’est l’adhésion à l’Accord de Nouméa qui est ébranlée, avec son brillant et généreux préambule. Mais qui paraît, sur la construction d’un avenir partagé, bien illusoire aujourd’hui, par apport à un destin contraint

Pas de doute, en tout cas : rétablir la cohésion sociale en Calédonie passe par une lutte déterminée contre les incivilités et les violences sous toutes leurs formes. Un combat de répression et de prévention à mener réellement par toutes les collectivités locales, tous les Calédoniens, et pas seulement par d’incessantes et stériles déclarations de bonnes intentions ou en se réfugiant derrière des déclarations du type « l’ordre public, c’est la responsabilité de l’Etat ».