NEAOUTYNE : MACRON LUI DOIT D’ÊTRE EN TÊTE EN CALÉDONIE

Paul Néaoutyne lors de la visite d’Emmanuel Valls

– Passez-moi les résultats de Nouvelle-Calédonie
– Les voici, Monsieur le Président

Emmanuel Macron parcourt le document, et son regard s’arrête sur les chiffres du premier tour.

– Mais dites moi, au premier tour, Marine Le Pen était en tête sur la côte Ouest de l’île, et mon score était bien modeste. Que s’est-il passé ?
– Le Président de la Province nord qui est également le patron du Palika a appelé à voter pour vous au second tour …
– Il a été le seul ?
– Non, Gomes, le député UDI de la seconde circonscription sortant l’a également fait.

Le Président de la République marque un temps. Puis interroge de nouveau.

– Je constate que le second tour a davantage mobilisé, et que je « cartonne » dans beaucoup de communes hors agglomération ainsi qu’aux Iles Loyauté …
– Ça, c’est l’effet Néaoutyne, Monsieur le Président.
– Ah !

Le dialogue est évidemment imaginaire. Ce qui est frappant, c’est que le résultat est grosso modo le remake électoral des Accords Matignon. Ces derniers n’avaient du leur adoption qu’à une mobilisation du FLNKS, l’agglomération et la Province sud s’étant largement exprimé contre les Accords.

Cette fois, l’affichage du score de Macron, en tête et devant Marine Le Pen, c’est l’appel de Paul Néaoutyne qui en est le principal artisan. Dans toutes les communes à forte implantation Palika, et probablement même avec l’appui des électeurs de l’UC, le candidat d’En Marche distance largement son adversaire, avec un différentiel suffisant pour sortir en tête du scrutin territorial.

Emmanuel Macron avait pourtant affiché sa préférence : que la Nouvelle-Calédonie demeure au sein de la République. Mais Paul Néaoutyne avait fait voter Benoît Hamon au premier tour : il a appliqué les demandes de report.

Ce qui est frappant, c’est qu’il l’a fait avec zèle. Pragmatisme politique : indépendantiste mais probablement réaliste sur le résultat du referendum, il a fait ce qu’il fallait pour être un interlocuteur toujours incontournable mais désormais apprécié par celui qui est, pour 5 ans, le Président de la République.