Les carnets économiques de noumeaPost – LE MODELE ECONOMIQUE DU GOUVERNEMENT LOCAL OPTE POUR LA RELANCE PAR LA DEMANDE PLUTÔT QUE LA RELANCE PAR LA CROISSANCE DES ENTREPRISES : C’EST LA THESE SOCIALISTE

carnets économiques

Les commentateurs politiques métropolitains se sont saisis des thèses économiques défendues par la droite et François Fillon d’une part, et par le Parti Socialiste et ses nombreux candidats à la primaire de janvier 2017 d’autre part.

Au cœur du débat, la relance économique, gage de résorption du chômage catastrophique qui plombe la métropole. Ce débat trouve son prolongement en Nouvelle-Calédonie.

RELANCER LA CONSOMMATION OU SOUTENIR LES ENTREPRISES

Pour le Parti Socialiste, -et cette théorie est constante-, c’est la relance de la consommation qui va provoquer le décollage économique, une relance largement encadrée par les pouvoirs publics. Et une recette qui échoue depuis des décennies.

Pour la droite et plus particulièrement pour François Fillon, c’est un souffle donné aux entreprises qui va relancer la croissance économique.

En Nouvelle-Calédonie, ce sont également ces deux écoles qui s’affrontent. Lors du débat d’orientation budgétaire, le gouvernement local a clairement choisi une relance de l’économie calédonienne par la consommation inspirée de la thèse socialiste. Ce choix va conditionner les équilibres budgétaires des trois années à venir, et explique les velléités dirigistes sur les marges des entreprises calédoniennes.

La thèse gouvernementale, ou plutôt celle de sa majorité, s’appuie sur une logique dont le manque de réalisme peut laisser pantois.

Phase 1 : les entreprises améliorent leur productivité. Par quels moyens ? Les chefs d’entreprise pourront répondre.

Phase 2 : les gains de productivité sont affectés à la baisse des prix, ce qui a pour effet d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages « et favorise ainsi tant la consommation que l’investissement ».

Phase 3 : ce processus « entraîne une augmentation de la demande intérieure qui se traduit par une accélération de la croissance ».

CROISSANCE FORTE ET BAISSE DES PRODUITS LOCAUX ATTENDUES

Le plan gouvernemental prévoit ainsi un taux de croissance négatif  du prix des produits locaux pour les trois prochaines années, et une inflation également en baisse. Le consommation des ménages augmenterait de 1,4% en 2017, de 2,0% en 2018, et de 2,6% en 2019.

Ainsi, estime ce même plan, la Nouvelle-Calédonie va « renouer avec une croissance forte et soutenable dans les prochaines années mais, surtout, avec des moteurs désormais endogènes et donc nécessairement plus durables que ceux qui ont historiquement assuré la poussée de l’économie ».

PROGRESSION DE L’EMPLOI ATTENDUE DÈS 2017

L’emploi va donc progresser globalement dès l’année prochaine et jusqu’en 2019, tandis que « l’accélération de la croissance devrait se traduire par une reprise des investissements, tant des entreprises que des ménages »

La récente réforme de l’IRPP est présentée comme devant « redonner du pouvoir d’achat aux classes moyennes« , tandis que la TGC et la compétitivité favoriseront « une baisse durable des prix ».

Cette thèse s’oppose évidemment à celle de la droite libérale des Républicains qui défend la relance par un ensemble des mesures fiscales, sociales et de réglementation économique propre à « libérer » les entreprises d’un carcan par trop contraignant, et leur permettre ainsi une nouvelle dynamique de développement.

Le verdict ne saurait tarder puisque 2017 est présentée comme l’année calédonienne du changement de modèle économique et du redressement de la croissance. Dès l’an prochain, les Calédoniens sauront quelle inspiration économique -de gauche ou de droite- est la bonne pour le territoire.

Anne-Marie E.