LES MOYENS SUPPLEMENTAIRES DE SÉCURITÉ SERAIENT DÉRISOIRES SANS VOLONTÉ POLITIQUE

Ce sont les derniers troubles de Saint Louis qui ont fait bouger l'Etat
Ce sont les derniers troubles de Saint Louis qui ont fait bouger l’Etat

A n’en pas douter, ce sont les « événements » de Saint Louis et la mort de William Decouaré qui ont fait bouger les choses à Paris. En effet, les blocages épisodiques de la RP1 à la hauteur de Saint Louis ne datent pas d’hier. Tout comme les agressions sur les gendarmes, à coup de pierre ou même par arme à feu. Quant au rapport sur la sécurité concocté à la demande du Premier ministre, ce dernier s’était étonné de son retard lors de sa visite à la Mairie de Nouméa, et ce n’est finalement plusieurs mois après les missions d’inspections générales que son contenu a été divulgué.

Depuis d’ailleurs, on peut se demander comment 65 voitures, -celles qui ont été incendiées sur la voie publique il y a une semaine-, probablement volées, n’ont jamais été récupérées dans la tribu de Saint Louis ? Il n’y a pourtant pas de zone de non-droit, affirment les autorités …

Bien sur, 53 gendarmes supplémentaires, et du matériel avec, ce n’est pas rien. « Jamais la Nouvelle-Calédonie dans son histoire n’a bénéficié d’une écoute pareille sur des sujets de sécurité de la part du gouvernement », s’est même enthousiasmé Philippe Gomès, député de la circonscription qui comprend Saint Louis et la région de Bangou.

Avec la brigade de prévention de la délinquance juvénile, applaudie –à juste titre- par les élus calédoniens, ces moyens vont-ils pouvoir réduire sensiblement la délinquance qui s’étend désormais sur tout le territoire, assurer durablement le calme à Saint Louis, mettre un terme à la montée des cambriolages à Nouméa et dans l’agglomération, diminuer le nombre de voitures volées et brûlées, faire reculer les incidents dus à la consommation d’alcool sur la voie publique et apporter un début de réponse à l’inquiétante envolée de la délinquance des mineurs  ?

Si c’est le cas, l’enthousiasme général sera justifié. Dans le cas contraire, une conclusion s’imposera d’elle-même : tout cela est inopérant si la volonté politique de rétablir l’ordre et donc, le fondement de la liberté en Nouvelle-Calédonie, n’accompagnent pas ces annonces.