VISITE DE LA MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE : Une tournée d’adieu soldant les sévères critiques sur la nomination du Vice-recteur ?

 

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Localement, son choix pour la nomination du Vice-recteur succédant à Patrick Dion avait été unanimement contesté. Au gouvernement. Les élus soutenaient un candidat local, Claude Constans, cadre de l’enseignement ayant exercé dans différents cabinets des membres de l’Exécutif local. Et avaient durement critiqué la décision de l’Etat de lui préférer un cadre de très haut niveau de l’Education Nationale.

Calédonie Ensemble avait en son temps publié un communiqué sévère sur la nomination de Jean-Charles Ringard. DNC avait repris cette information : « Calédonie ensemble rappelle que depuis le 1er janvier 2012, le territoire « exerce toutes les compétences de l’enseignement sauf celles concernant la délivrance des diplômes, l’établissement des programmes et le contrôle pédagogique » et compare carrément cette nomination aux lois « scélérates » par le biais desquelles l’État avaient repris la main sur des compétences attribuées en matière minière en 1969 (ndlr : lois Billotte).

Le journal Demain poursuivait : « Ainsi, cette décision, prévient le parti, sera contestée lors du Comité des signataires. Et à défaut d’accord, le parti politique calédonien demandera que la nomination du directeur des enseignements exerçant les compétences de la Nouvelle-Calédonie relève désormais du seul pouvoir du gouvernement. « Le vice-recteur imposé par l’État exercera dès lors sa responsabilité dans cette limite, la Nouvelle- Calédonie exerçant les compétences dans son domaine ».

Depuis, la compétence et le professionnalisme du Vice-recteur ont fait taire bien des critiques.

Najat Vallaud-Belkacem pourra donc masquer un sourire en coin. Et se féliciter de sa décision. Pour le reste, les choses sont bien en place depuis le transfert effectuant sans encombre en 2013.

Il y aura certes le « projet éducatif », à propos duquel avis sont partagés. Simples adaptations locales des grands principes jusque là inscrits dans les textes métropolitains, le document calédonien fait l’impasse sur les rythmes scolaires propres au territoire comme sur les objectifs de réussite dans les matières fondamentales comme le français et les mathématiques. Pour que le « projet éducatif » en soit un, il y a encore du pain sur la planche.

L’Etat, en tout cas, sait bien qu’il s’agit désormais d’une compétence locale. Et, magnanime, apportera sa « coopération » pour l’améliorer.

L’ETAT VERSE ANNUELLEMENT 50 MILLIARDS FCFP POUR L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

Pour le reste, la visite –importante, compte tenu du rang protocolaire de la ministre tout autant que de son portefeuille-, ressemble davantage à une « tournée de présence ». une signature par ci, une inauguration par là. Peut être, comme en Polynésie, quelques « cadeaux ». Mais nous sommes à 6 mois de l’élection présidentielle, et à quelques semaines des primaires à gauche.

L’occasion, aussi, de rappeler qu’au delà des rodomontades locales sur « l’école calédonienne », l’Etat débourse annuellement quelques 50 milliards FCFP pour payer l’ensemble des personnels du secondaire mis à disposition « gratuite et globale » …