LES PLUS BELLES REUSSITES PROFESSIONNELLES INDIVIDUELLES CALEDONIENNES SONT KANAK – Travail, persévérance, ambition ont été leur clé

 

4 réussites kanak

Alors que le « rééquilibrage » est conjugué à toutes les sauces en Nouvelle-Calédonie, à bon escient ou par excès, beaucoup oublient trop facilement que la réussite est d’abord le fruit d’un travail acharné, de la persévérance et de l’ambition. Des valeurs difficiles à mettre en pratique quant l’assistance ou le passe-droit sont bien moins exigeants. Exemples à suivre.

Ce qui suit traite des aspects les plus évidents de ce qu’on appelle communément la réussite professionnelle, liée en général à la réussite matérielle. Bien sûr, d’autres réussites ne sont ni matérielles, ni professionnelles, et elles relèvent de l’ambition de chacun. Spirituelle, religieuse, philosophique, elles n’en pas moins grandes.

UN PREFET ISSU DE TIGA

Jacques Iékawé fut le premier Préfet kanak de France. Et pour l’heure, le seul Préfet calédonien. Il n’était pas issu d’un milieu coutumier élevé. Sa chance : avoir un père élu territorial. Ces deux éléments ont peut être faît naître chez lui une grande ambition.

A l’école primaire comme au Lycée, pas de promotion particulière pour lui. Pas d’enseignement en langue kanak ni de programme de tutorat. Dans la petite maison HLM de ses parents à Sainte Marie, il a tout simplement « bossé », partageant le soir quelques moments de loisirs en jouant au foot, pieds nus, comme ses autres copains d’ailleurs, sur un terrain improvisé au sommet de la colline.

Etudes supérieures à Bordeaux, sans dispositif 400 cadres, réussite par le travail, et au retour, une carrière administrative sous le regard bienveillant d’un Secrétaire Général adjoint local –et tout puissant-, Henri Leleu. C’est à force de travail que ce brillant enfant de Tiga – encore un -, termina sa carrière trop brève avec le rang , et peut être le seul coup de pouce de l’Etat, de Préfet.

UN ENFANT DE CANALA ET DE LIFOU
CHAMPION DU MONDE DE FOOT
ET CHAMPION DES REVENUS

Christian Karembeu est étincelant. Sa popularité est intacte, sa gentillesse aussi. C’est son talent qui l’a conduit au centre de formation du club de foot de Nantes. C’est Antoine Kombaouré qui, régulièrement, l’a ramené sur le droit chemin quand le jeune Christian s’abandonnait à quelques écarts.

Ce talent, ces jambes de feu l’ont finalement mené en équipe de France pour conquérir avec ses co-équipiers le titre de champion du monde. Et pour ne rien gâcher, la rencontre d’Adriana dans un avion l’a conduit à épouser une des plus belles femmes d’Europe.

Quant à ses émoluments, ses primes, ses contrats publicitaires, ils ont représenté lors de sa carrière active de footballeur plusieurs dizaines de millions FCFP par mois, faisant de lui le plus gros salarié calédonien.

UN KUNIÉ ENTRAINEUR DU PSG

Antoine Kombouaré, « casque d’or » qui avait marqué de la tête contre le Réal de Madrid alors qu’il était défenseur au Paris Saint Germain, a su, quant à lui, prolonger sa carrière footballistique en choisissant le difficile métier d’entraîneur.

Des entraîneurs français de D1, il y a en peu. Antoine, lui, en est, parmi des centaines de professionnels, dans un pays de 65 millions d’habitants ! Un Calédonien a été entraîneur du PSG, le club phare de la capitale de la France : c’est Antoine Kombouaré ! Il poursuit aujourd’hui avec un difficile challenge dans le club sang et or de Lens, mais déjà, on sait que sa vie est un exploit.

Discret dans sa vie personnelle, Antoine l’est autant sur ses gains. Mais ce passionné de golf compte ses revenus des années les plus fastes par dizaines de millions.

UN ENFANT DE TIGA AU COMITE DE DIRECTION DE FRANCE TELEVISIONS ET PATRON DE L’OUTRE MER

Walles Kotra, lui aussi enfant de Tiga, n’est pas en reste, mais dans un autre registre. Il a un point commun avec les deux précédents illustres calédoniens : il a recueilli leurs confidences à chacun dans un livre.

Ecole de journalisme, RFO puis France Télévision, Walles Kotra a eu le courage de s’expatrier. En laissant parfois une marque durable, comme à Tahiti où il a créé le désormais réputé FIFO. Directeur général de France Ô après avoir présidé aux destinées de stations Outre-Mer, il a bâti un carnet d’adresse dont peu de Calédoniens peuvent se targuer. Des grands noms des médias, naturellement, mais aussi de la littérature, de l’art, du sport et même de la politique. Et tous l’apprécient !

Dans ce parcours exceptionnel, ses revenus ne sont pas comparables à ceux de ses deux amis, mais il a été récemment promu à niveau de responsabilité dans un organisme national jamais atteint par un Calédonien. Et lorsque l’on connaît les convoitises, et donc le nombre de postulants pour ce poste – la direction Outre-mer de France TV, et un siège au Comité de Direction de France Télévision -, il est facile de conclure que la Présidente de la société ne l’a pas choisi parce qu’il était kanak, mais simplement parce qu’il était le meilleur.

Tous –et ils ne sont évidemment pas les seuls -, ont un point commun : la volonté de réussir, fondé sur le travail acharné, la persévérance et l’ambition.

Le rééquilibrage est un bel objectif. Mais en le forçant par des mesures qui font fi du travail, de la persévérance et de l’ambition, il peut conduire à la construction d’une société nivelée par la médiocrité.