QUAND L’IDEOLOGIE PREVAUT : 2300 EMPLOIS DE LA SLN MENACÉS FIN JUILLET ?

 

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Pour la Nouvelle-Calédonie, la SLN est un mastodonte en terme d’emplois. La société dont les provinces sont actionnaires depuis 2000 exploite 5 centres centres miniers (un dans le sud à Thio, quatre dans le nord à Kouaoua, Népoui, Tiébaghi et Poum qui a ouvert fin 2007) et une usine à Doniambo. La SLN sous-traite d’autre part l’exploitation de mines dont l’Etoile du Nord à Kaala Gomen (Nord). Faute de trésorerie fin juillet, devra-t-elle recourir au chômage partiel et mettre en stand-by le paiement de plusieurs milliers de fournisseurs ? Menace.

Fin juillet, la SLN pourrait être en rupture de trésorerie. Obtenir des fonds devient peu à peu une course contre la montre dans laquelle l’actionnaire STCPI doit mettre la main à la poche. Après quelques tergiversations sur les conditions du prêt proposé par l’Etat pour ce faire, la STCPI a finalement pu obtenir une réduction du taux et un processus de remboursement plus favorable à la SLN. Pour passer à l’acte, il convient à présent que les actionnaires, c’est à dire les sociétés financières des provinces, acceptent de céder une action à l’Etat pour qu’aucune contestation ne vienne gripper l’opération.

Pour la Province sud, une majorité a été trouvée chez les loyalistes. En revanche, les indépendantistes ont refusé cette cession.

IDEOLOGIE CONTRE ECONOMIE

Les arguments avancés sont purement politiques, et fort éloignés de l’économie. En clair, Rock Wamytan ne voit pas pourquoi, dans le processus de décolonisation enclenché par l’Accord de Nouméa, l’Etat (colonisateur) reprendrait des actions dans la SLN. Autrement dit, seul l’argent de l’Etat est acceptable à condition que son intervention  se limite à celle d’un banquier.

Or, si la décision de céder ou non cette action relève des seuls conseils d’administration des sociétés actionnaires, le vote des assemblées de province est évidemment une orientation que personne ne peut ignorer.

Vendredi, l’assemblée de la Province nord prenait, elle, une position défavorable à cette cession, avec le renfort difficilement compréhensible des élus loyalistes du nord … Reste le vote, probablement analogue, de la Province Iles sur le même sujet et tout laisse à penser que Nordîles, actionnaire de la STCPI représentant les deux collectivités, ne renoncera pas à son droit de préemption, compromettant la cession d’une action à l’Agence des Participation de l’Etat.

C’est donc une mini-crise qui s’ouvre dans le processus déjà compliqué du sauvetage de la SLN.

POUR LA SLN, L’IMPERATIF
EST D’ASSURER LES FINS DE MOIS

Ce qui est sûr, c’est qu’en cas de crise économique, le sud trinquera au premier chef. Mais comme dans l’affaire des rouleurs, le nord ne sera pas exempt de sérieux ennuis économiques sur les sites miniers de la Société le Nickel. Pourtant, le ton des déclarations est « que l’Etat se débrouille autrement ».

Plus facile à dire qu’à faire. Même si l’Europe est en pleine crise du Brexit, les autorités chargées de veiller au respect des règles de concurrence n’en sont pas moins vigilantes.

La cotation du nickel, qui était de 9230 dollars le 22 juin, est redescendue de -0,54% à 9180 dollars le lendemain. Il demeure désespérément bas et sa remontée dépend toujours de fermetures éventuelles d’unités de production. C’est dire si la SLN a un besoin vital de trésorerie qui demeure de plus de 2 milliards chaque mois pour en assurer la fin.

Des graves ennuis de production seraient une aubaine pour le LME, mais une catastrophe sans nom pour la Calédonie.