ADIEU WANARO

Sur les traces de "Bill" Wanaro NGodrella
« Bill » Wanaro NGodrella

Tu étais tellement doué que personne ne doutait de ta réussite, un jour, après que Della ait accepté que John Hillbrand –que nous appelions irrespectueusement « balai brosse »- et son épouse te prennent sous leur aile en Australie.

Revenu ici pour ton service militaire, tu as poursuivi ton chemin au Bataillon de Joinville puis sur les courts de métropole. Avec quel panache ! Equipe de France de Coupe Davis, tournois du Grand Chelem. Tu fus même l’un des meilleurs français, sinon le meilleur sur surface synthétique rapide. Et puis, quel coup de tonnerre en 1973 à Roland Garros, quand tu as battu Orantès, l’un des meilleurs mondiaux.

Open d’Australie, Wimbledon, Monte Carlo, Roland Garros, pour ne parler que de ces prestigieux tournois auxquels tu as participé. Mais le succès ne t’a jamais grisé. Au contraire. Ta gentillesse – doublée d’un solide sens de la fête – était ta véritable marque. Grâce à toi, j’ai eu le bonheur de taper des balles à Roland Garros ou encore dans la salle du Racing, rue Eblé, juste en face du Ministère de l’Outre Mer où je travaillais alors.

A Papeete, tu t’es un peu laissé aller … Mais finalement, ton « fenua », tu l’as retrouvé ici, chez toi, et même au Mont Coffyn qui t’a vu naître au tennis. Avec Gérard, qui a su être à tes côtés dans cette nouvelle aventure professionnelle, tu t’es acheminé doucement vers la retraite.

Accompagné d’Hinano depuis toujours, de tes enfants, et en particulier de Nickolas, ta fierté tennistique, tu as pu affronter la maladie. Les séquelles d’un accident vasculaire cérébral, et un méchant rhumatisme articulaire qui t’a saisi le cœur.

De ton vivant, ce qui est exceptionnel, et grâce à l’admiration de Marc, créateur du tournoi Challenger de Nouméa, tu as connu la gloire de voir ton nom sur le central du Ouen Toro.

Hinano et tes enfants sont aujourd’hui plongés dans une infinie tristesse. Tous tes amis partagent cette peine. Et j’ose dire, tout le monde sportif, et une grande partie de la Calédonie avec.

Adieu, Wanaro.

Gaby BRIAULT