VALLS : UN SANS FAUTE EN CALEDONIE

Valls congrès

Pour sa première visite en Nouvelle-Calédonie, le Premier ministre a quasiment réalisé un sans faute. Au gré des visites protocolaires, il a distillé de bonnes paroles, des soutiens attendus, des recommandations sans pour autant paraître paternaliste ou jouer au Père Noël.

SAUVER LES EMPLOIS DE LA SLN
L’annonce la plus attendue était évidemment la forme que prendra l’aide de l’Etat pour maintenir la SLN à flot. Des milliers d’emplois sont en jeu, dans ce difficile dossier. Le seul qui prêtait à conséquences immédiates.

Manuel Valls a donc annoncé un prêt pour la STCPI, société qui porte les 34% d’actions des provinces dans le capital de SLN, et quelques % dans celui d’Eramet. Au total, une possibilité de prêt jusqu’à 24 milliards FCFP qui permettra à STCPI de répondre à ses devoirs d’actionnaire aux côtés d’Eramet.

Pour le reste, le PM a été plutôt discret. Il ne souhaite pas se mettre les sourcilleuses autorités de Bruxelles à dos dans une domaine délicat de soutien public à une industrie de caractère privé.

Le Chef du gouvernement français a également lancé les réunions de recherche de « convergences » entre les partis politiques dans la perspective de la fin de l’Accord de Nouméa. Enfin, en matière de sécurité, il a annoncé la visite d’une mission de haut niveau pour la fin de mois de mai, paraissant d’ailleurs surpris qu’elle ne soit pas encore à pied d’œuvre. « Ils ont du prendre le bateau » a-t-il laché un brin agacé lors de sa réception à l’hotel de ville de Nouméa.

Pour le reste, les contacts se sont bien passés.

CHAHUTÉ PAR LES AGRICULTEURS EN MÉTROPOLE MAIS CHALEUREUSEMENT ACCUEILLI PAR CEUX DE LA FOA

Valls à La Foa

A la Foa, sur la propriété Delathière, il a été chaleureusement reçu par les agriculteurs présents. Ce qui a du lui donner une impression particulièrement réconfortante lorsque l’on connaît les relations entretenues par son gouvernement avec les agriculteurs métropolitains en général, et la FNSEA en particulier ! Reposant …

Hienghène et ses symboles, Koné et son développement économique aux visages contrastés, Lifou le bienheureuse avec son tourisme croissant et la Province des Iles avec le wharf d’Ouvéa à 2 milliards FCFP.

Toutes les collectivités ont bénéficié d’un « geste » du Premier ministre et d’une considération qui n’est pas feinte de la part d’un homme plutôt « cash ».

UNE FRANCE BIEN PRÉSENTE DANS LE PACIFIQUE
Il s’est envolé pour la Nouvelle-Zélande qui reçoit pour la première fois depuis 25 ans un hôte de ce rang. Et dans le journée de vendredi, le voyage a été complété par un stop en Australie que justifie « le contrat du siècle » avec l’achat des sous-marins français par notre grand voisin. Et une coopération qui devra durer pendant 50 ans !

Puis ce sera le retour dans les turbulences parisiennes, les manifs, les grèves, les luttes intestines au sein de la gauche, les échéances importantes dans le calendrier du gouvernement, la routine de Premier ministre, en quelque sorte.

L’escapade calédonienne lui aura permis de prendre un peu de recul et d’apprécier un accueil plutôt chaleureux.

Il aura constaté également que l’accès « aux confins de l’autonomie » comme la revendication d’indépendance n’occultent pas … les appels à l’Etat dès que les choses vont mal ! Plutôt rassurant pour une France au sein d’une région du monde que Manuel Valls présente lui même comme étant au cœur des enjeux du 21e siècle.