LA CRISE RÉVÈLE UNE FRACTURE ENTRE LE MONDE POLITIQUE ET LE MONDE ÉCONOMIQUE CALÉDONIEN

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Les mineurs indépendants aux abois, des rouleurs qui envisagent de « descendre dans la rue », des commerces qui ferment chaque semaine, des entreprise excédées et effrayées par le pourrissement de la situation économique, la SLN au bord de la faillite, comment en est-on arrivé là ?

Certes, il y a la chute mondiale du cours des matières premières. Elle provoque les difficultés de Glencore, de Valé et d’Eramet. C’est peu de dire que le sujet dépasse la Calédonie.

Mais la gestion interne de la crise qui a atteint la Nouvelle-Calédonie à la mi-2014 a-t-elle été assumée ?

Au plan budgétaire, probablement. On peut créditer le « ministre » des finances de sérieux « coups de rabot » traduisant une volonté de réduire les dépenses publiques.

Mais en revanche, ni le gouvernement, ni le congrès ne se sont préoccupés de redresser d’urgence les Politiques Publiques, et de les orienter vers le soutien à la croissance. Ni dans la Politique Publique fiscale, ni dans celles des Réglementations Economiques, du Droit du Travail, de la Formation et des Investissements Publics.

Bien sûr, il est question de santé, de service civique ou de normes de construction. C’est important. Mais la crise commande également qu’il soit question … de la situation économique !

Dans les milieux économiques, la colère et l’amertume montent car ils ont le sentiment que la classe politique vit dans un monde où le quotidien économique lui est étranger. En ce sens, le territoire a rejoint la métropole !

En attendant, beaucoup d’élus ne sont pas convaincus qu’il faille rechercher de nouveaux marchés pour l’activité minière, ou répondre à des commandes supplémentaires de clients, et que les entreprises calédoniennes doivent régler elles-mêmes les difficultés liées à la crise. Et ces dernières voient, impuissantes, surgir dans un horizon brouillé, le spectre de l’effondrement économique.

Certains parlent d’aides publiques. Le Président de Contrakmine répond : « ce n’est pas de l’argent qu’on veut, on demande le droit de travailler ». Incompréhension.

La fracture, réelle, risque de créer des explosions brutales dans des entreprises de plus en plus acculées ces prochaines semaines. Et une explosion des licenciements.

Les Belges ont été choqués du manque de réactivité de leur gouvernement aux informations pourtant données sur un des terroristes responsable de la tuerie de Bruxelles. Le Parlement belge s’oriente à présent vers une commission d’enquête pour déterminer les responsabilités dans ce qui est considéré comme du laxisme.

Ce n’est pas une histoire belge.