LA CALEDONIE AU BORD DE L’EXPLOSION ? LA MINE VICTIME DE LA CRISE ET DE L’ATTENTISME GOUVERNEMENTAL

 

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Gouverner étant de prévoir, à l’évidence cette vertu a été absente pour les exportations de latérites. Grève des rouleurs en juillet 2015, alertes répétées sur la situation incertaine de l’usine australienne de Yabulu consommatrice de latérites calédoniennes, évolution dramatique de la situation du nickel dans le monde, rien n’y a fait. 7 mois après la mobilisation de Contrakmine, première réaction économique du gouvernement peut être mardi.

La Nouvelle-Calédonie est demeurée le seul pays sur la planète à faire la fine bouche sur une ouverture commerciale vers la Chine, et vers une demande de nickel du Japon, alors que la crise était naissante sur le territoire.

Quant à l’Usine de Yabulu à Townsville, dans le Queensland voisin, client depuis longtemps de mines de la Côte Est, elle est à l’arrêt de production et en cours de péripéties rocambolesques entre Clive Palmer, son propriétaire, et les autorités australiennes, notamment environnementales.

Au Comité des Signataires, le réveil a semblé sonner. « Programme d’urgence » a-t-il été acté. Mais l’urgence, décrétée début février, n’est toujours pas arrivée sur la Caillou fin mars !

C’est qu’en effet, cette urgence au ralenti va peut être se solder mardi prochain par quelques autorisations d’exportation de latérites. Peut être, car il n’est pas évident que le gouvernement trouve les 6 voix nécessaires à l’adoption des textes salvateurs compte tenu des clivages politiques, y compris au sein de l’Union Calédonienne.

Et même si c’était le cas, des dommages sont inévitables. C’est qu’en effet, les contrats ne sont pas encore négociés. Ils devront l’être dans les plus mauvaises conditions. Puis signés. Les minéraliers doivent arriver. Tout cela prendra quelques mois, pendant lesquels les premiers rouleurs « sur le carreau » vont apparaître.

Dans l’intervalle, le Fonds Nickel sera une aide, comme un élastoplast sur une main coupée. 600 millions, pour des curages de rivières et des réhabilitations de sites miniers …

Max Foucher et Contrakmine ont en tout cas prévenu. « Descendre dans la rue » et « révolution » sont des mots qui ont été prononcés. Y compris par le Maire de Paita qui a décidé de défendre bec et ongles l’exploitation Montagnat de Tontouta qui fait travailler de nombreux administrés de la commune.

On a aussi entendu l’évocation « des événements de 84 ». Par un rouleur de Nakéty qui porte le nom de Machoro.

Mardi, le gouvernement va donc –enfin- se saisir de certaines demandes d’autorisation d’exportation. Sept mois après l’appel désespéré des rouleurs de Contrakmine et des mises en garde des professionnels de la mine, il est déjà peut être trop tard.