LA SLN EN DANGER ? L’ACTION ERAMET CONTINUE DE BAISSER

 

imgresLe dernier conseil d’administration du 9 décembre en a pris acte : Eramet doit intensifier ses efforts non plus de redressement, mais de colmatage de l’hémorragie dont la « petite » entreprise française est victime. Mais le cours de la bourse est impitoyable : l’action Eramet continue de « dévisser », entraînant dans la chute, la SLN. Danger ?

UNE VALEUR EN BAISSE DE 60%

Face aux géants Glencore et Valé, Eramet ne pèse pas lourd. Mais dans le contexte de marasme des matières premières, la compagnie française n’attire pas les prédateurs. D’autant qu’un pacte d’actionnaires est censé la mettre à l’abri d’une OPA hostile.

Mais le français est en mauvaise posture. Le 24 décembre, le cours de son action a enregistré une nouvelle baisse de -2,23%, clôturant à 27,66 euros. Certes il a connu pire : 23,05 euros. Mais par rapport au 94,39 euros qui fut sa plus haute cotation, quelle dégringolade. La baisse est de 60% par rapport à la valeur du début 2015 !

Dans ces conditions, la récente décision de ne plus produire de mattes à Doniambo n’apparaît pas comme une action de simple gestion. Elle génère certes des économies de production, mais surtout ouvre la voie à une fourniture non-calédonienne. Une première pour l’usine hydrométallurgique de Sandouville.

Ces mattes devraient être fournies par le groupe étatique finlandais Terrafame, lui même propriétaire de la mine de nickel de Telvivaara. Cette dernière était en difficulté financière, mais le gouvernement finlandais, après avoir envisagé la mise en faillite du groupe minier, a finalement décidé de la soutenir en procédant à une nationalisation. Le minerai de Telvivaara est notamment traité par l’usine de Harjavalta, au sud-ouest de la Finlande, qui appartient au géant russe Norilsk.

Pour faire simple, on peut dire que la Nouvelle-Calédonie ne fabriquera plus jamais de mattes, et que ses fours Bessmer seront définitivement éteints.

Mais au travers de cette décision, plusieurs questions se posent naturellement.

ERAMET A-T-IL BESOIN D’ÊTRE PRODUCTEUR DE NICKEL ?

La première concerne la stratégie d’approvisionnement d’Eramet.

images-3Le groupe français raffine des mattes et des ferro-nickels pour une production d’alliages spécifiques de haute rentabilité. A-t-il besoin d’être lui même producteur de nickel ?

La gouvernance de Patrick Buffet n’est pas exempte de critiques de la part de certains actionnaires. Ceux-ci lui reprochent notamment les dépenses considérables de Weda Bay, en Indonésie, dépenses réalisées en pure perte pour justement tenter de consolider la production nickel du groupe.

Quant à la SLN, elle apporte beaucoup de soucis à Eramet. Certes les accords de prix entre la filiale et la maison mère sont favorables à cette dernière. Sauf que les prix ne sont pas suffisamment compétitifs, et le seront d’autant moins que la nouvelle centrale électrique est renvoyée aux calendes. Et sauf que cette filiale est source d’ennuis sociaux et politiques, pour un domaine minier certes très riche, mais dont la rentabilité industrielle et financière pose question.

La seconde a trait à la responsabilité d’un actionnaire dans une société capitalistique.

En évoquant la participation de la STCPI locale au financement de la nouvelle centrale, la direction d’Eramet a rappelé le rôle des actionnaires -et plus encore, d’un administrateur- d’une société : être solidaires en cas de difficulté, ou pire, de menace, et … mettre la main au portefeuille en cas de besoin.

Une façon également de souligner que vouloir 51% du capital d’une société, c’est justement devoir assumer encore plus de responsabilité en qualité d’actionnaire majoritaire. Peut être un avant-goût de la finalité d’une stratégie nouvelle.