RUGBY : LE JAPON RÉALISE L’EXPLOIT ET BAT L’ÉCOSSE !

C’est un exploit : le Japon disputera une phase finale de Coupe du monde de rugby à domicile ! L’équipe nippone a été particulièrement efficace face à l’Écosse pour s’imposer 28-21 et remporter la première place dans le Groupe A. Une position qui va mener l’équipe japonaise à affronter l’Afrique du Sud.

Après huit tentatives infructueuses, le Japon est ainsi sorti de la phase de poules, devenant par la même occasion la première équipe asiatique à atteindre les quarts de finale.

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KOMBOUARÉ DEVRAIT ENTRAÎNER TOULOUSE (LIGUE1)

Antoine Kombouaré, devrait être le prochain entraîneur de Toulouse

Selon le journal L’Equipe, les dirigeants du club de Toulouse ont rapidement réduit leur short list d’entraîneurs potentiels à deux ou trois noms, parmi lesquels figuraient Frédéric HantzJocelyn Gourvennec et Antoine Kombouaré. Mais, toujours selon le media spécialiste du sport, c’est bien le technicien calédonien qui devrait être nommé dans les prochaines heures par le président du club, Olivier Sadran.

Antoine Kombouaré serait même déjà en train de composer son staff (avec notamment Rudy Riou en tant qu’entraîneur des gardiens). Si sa nomination se confirme, il aura la lourde tâche de redresser un club en panne de résultats, qui pointe à la 18e place de Ligue 1 et qui reste sur une série difficile de sept matches sans victoire en championnat. Un autre chantier de taille attend le futur entraîneur de TFC  : il devra reconquérir des supporters désabusés après plusieurs saisons délicates et qui ne cachent plus depuis de longs mois leur défiance vis à vis de la direction du club

CHRISTIAN JACOB LARGEMENT ÉLU PRÉSIDENT DES RÉPUBLICAINS

Le Point – Une victoire sans surprise. Christian Jacob a été élu dimanche président des Républicains avec 62,58 % des voix, a indiqué la Haute autorité de LR, devenant à cinq mois des municipales le patron d’un parti en crise profonde après deux années de délitement.

Le chef de file des députés LR, qui faisait figure de favori, l’a emporté au premier tour face au député souverainiste du Vaucluse Julien Aubert (21,28 % des voix) et le plus libéral Guillaume Larrivé, député de l’Yonne (16,14 %). La participation a été plus forte que prévue puisque 62 401 adhérents à jour de leur cotisation ont voté, soit 47 % de participation a précisé indiqué Henri de Beauregard, le président de la haute autorité du parti.

COMITÉ DES SIGNATAIRES : GLOBALEMENT UNE RÉUSSITE POUR L’AVENIR EN CONFIANCE

Ce 19e Comité des Signataires comportait deux sujets essentiels : le second referendum et la situation économique. Le premier allait de soi, compte tenu de l’échéance programmée par la loi organique, et le second rejoignait à la fois une préoccupation déjà exprimée par le Premier ministre (Tout ne peut se résumer à des échéances politiques, et le contexte économique et social doit revêtir une importance majeure), et affirmée par les responsables de l’Avenir en Confiance. Sur ces deux sujets, si ce n’est le carton plein, c’est à tout le moins une réussite. Commentaires.

L’ÉTAT ACTEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR ET INCONTOURNABLE
Boudée par les indépendantistes, Calédonie Ensemble et la CPME, la conférence économique tenue à la Maison de la Calédonie la veille du comité des signataires avait déjà marqué plusieurs points positifs. S’agissant essentiellement d’indications provenant de l’Etat, ils auguraient plutôt bien de la première partie du Comité des Signataires, justement consacrée à l’économie.

C’est effectivement ce qui s’est passé. Les indépendantistes, Calédonie Ensemble et la CPME avaient négligé le fait que si la matière économique, en terme de réglementations et de fiscalité, relève en presque totalité de la Nouvelle-Calédonie, l’Etat, avec ses 160 milliards FCFP de transferts annuels, ses contrats de développements, son pouvoir de décision en matière de défiscalisation « Bercy », ou encore sa compétence en matière de monnaie ou de loi bancaire, demeure un acteur autant majeur qu’incontournable …

DES AVANCÉES FINANCIÈRES ET ÉCONOMIQUES SIGNIFICATIVES
Répondant à plusieurs demandes exprimées par l’Avenir en Confiance, l’Etat a annoncé des mesures significatives en matière de crédit et de financements publics.

Dans le communiqué final, il est ainsi mentionné, via l’IEOM : le développement du marché interbancaire à l’intérieur de la zone CFP, l’augmentation de sa capacité de refinancement d’ici la fin de l’année en Nouvelle-Calédonie de 17 milliards de CFP, et enfin, un travail sur l’élargissement de ce refinancement aux créances à moyen terme, d’un montant comparable. Soit 17 milliards FCFP.

Concernant l’AFD, un travail technique visera à étudier son éventuelle capacité à intervenir dans le refinancement des banques calédoniennes, en cas de besoin.

En prime, le Premier ministre a ouvert la bourse de l’Etat avec 9 milliards supplémentaires au titre des contrats de développement en cours, contrats étendus jusqu’en fin 2022.

LE REFERENDUM PLUS TÔT QU’EN NOVEMBRE
Venait ensuite la question de la date du referendum. Bien entendu, l’Etat conserve en la matière son pouvoir de décision. Mais Edouard Philippe avait clairement indiqué qu’il rechercherait le consensus.

Les indépendantistes voulaient le maintien en novembre 2020, Calédonie Ensemble ne voyait aucun intérêt à avancer la date. Finalement, sous l’impulsion de l’Etat, tout le monde s’est accordé à fixer la date du scrutin en amont de 2 mois. Sur le principe, l’avantage a été donné à l’Avenir en Confiance.

PAS D’INSCRIPTION AUTOMATIQUE POUR LES NATIFS « NON COUTUMIERS », MAIS … L’ETAT ASSURE QU’IL FERA EN SORTE QUE TOUS S’INSCRIVENT
Une disposition a été contestée, à la fois par l’Avenir en Confiance et par Calédonie Ensemble : celle des inscriptions automatiques. Pour les personnes relevant du statut coutumier et ayant atteint les critères de vote au prochain referendum, l’inscription sur la liste électorale spéciale sera automatique, dispositif déjà en cours. En revanche, celles relevant du statut de droit commun ne le seront pas. Elles devront donc effectuer les démarches d’inscription nécessaires.

Mais au total, l’Etat s’est engagé à réaliser, auprès de ces 2000 personnes, un accompagnement exceptionnel : prise de contact individuelle, accompagnement individuel, en clair, une garantie que tous les électeurs concernés pourront voter, à l’exception, bien sûr, de celles qui ne le veulent pas.

De quoi rassurer les loyalistes, comme d’ailleurs les indépendantistes qui savent que parmi les natifs de droit commun figurent … de nombreux Kanak.

UN ESPRIT PLUTÔT POSITIF
Parti sur des bases plus proches de l’affrontement que du consensus, ce Comité des Signataires s’est finalement bien déroulé.

Dans cette atmosphère, on y trouve le style particulier du Premier ministre Edouard Philippe. Et si les affaires de l’Etat sont en permanence préoccupantes, il a trouvé le temps -et les arguments- pour conduire les frères ennemis calédoniens à un accord sous la main bienveillante de la France.

LE COMITÉ DES SIGNATAIRES S’ACCORDE SUR LA DATE DU REFERENDUM 2020

A l’issue de discussions qui ont duré tard dans la nuit, les délégations politiques et l’Etat sont parvenus à un accord sur la date du prochain referendum, et sur « la fourchette de tir » pour la troisième consultation. La poire  été coupée en deux, mais l’Avenir en Confiance obtient tout de même que ce soit fin août-début septembre.

Le prochain scrutin d’autodétermination sera organisé au cours du second semestre 2020, soit le dimanche 30 août, soit le dimanche 6 septembre.

L’organisation de la seconde consultation sera quasiment identique à la première, avec la mission d’observation d’experts de l’ONU et la constitution d’un Comité des Sages local.

Plusieurs améliorations sont cependant envisagées. Elles concernent d’abord le vote par procuration pour lequel, notamment, le mandataire pourra voter pour son mandant sur présentation d’une copie (papier ou numérique) du récépissé.

Des sites supplémentaires de votes décentralisés pourront être mis en place, et le délai d’option a été réduit à 6 semaines.

S’agissant des modalités d’inscription, les natifs ne relevant pas du statut coutumier ne seront pas inscrits automatiquement. Cette disposition a été contestée par l’Avenir en Confiance et Calédonie Ensemble -pour une fois en accord- qui réclament une modification de la loi organique.

Pour ce qui est du troisième referendum, en partant évidemment de l’hypothèse que le « Non » l’emporte au second, l’Etat souhaite « sanctuariser » la période des élections présidentielles et législatives (entre septembre 2021 et la fin août 2022). La date pour la consultation locale devra donc être fixée, soit aux alentours de la mi-2021, soit en 2022 après le mois d’août.

La déclaration du Premier ministre (Nouvelle-Calédonie la 1ère)

LIBÉ : UNE TRIBUNE APPELLE À L’INDÉPENDANCE DE LA CALÉDONIE

Une tribune signée par une centaine de personnalités, parmi lesquelles Lilian Thuram, ancien champion du monde de foot et Alban Bensa, anthropologue, a été publiée dans le journal Libération. Elle appelle l’Etat à « honorer » sa parole et à rendre la Nouvelle-Calédonie indépendante.

Les signataires ignorent ainsi sciemment le droit des populations intéressées à choisir démocratiquement leur destin.

Leur interprétation de l’Accord de Nouméa méconnaît ce principe constitutionnel actuellement mis en œuvre par l’Etat l’organisation d’un second referendum d’autodétermination. De surcroît, les signataires passent sous silence le résultat de la première consultation qui s’est soldée par un refus de l’indépendance par une majorité nette d’électeurs.

En incitant l’Etat à passer outre des principes démocratiques pourtant validés avec attention, en Nouvelle-Calédonie, par l’Organisation des Nations Unies, ils agissent en défaveur d’une solution politique paisible pour la Nouvelle-Calédonie.

GB

Tribune. «Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée  »Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. […] La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak qu’elle a privé de son identité. […] Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté. […] La décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, en permettant au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps.» Accord de Nouméa, 5 mai 1998.

Depuis la signature de ce texte il y a vingt ans, la Nouvelle-Calédonie est entrée dans un processus de décolonisation progressif dont le seul terme envisagé est l’accession du pays à l’indépendance et à la pleine souveraineté.

Dans le courant de l’année 2020, le peuple kanak et l’ensemble des citoyens de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie habilités à voter se prononceront sur le transfert des cinq dernières compétences régaliennes (monnaie, justice, police, défense, affaires étrangères), sur l’organisation de la citoyenneté en nationalité et sur l’accès à un statut international de pleine responsabilité. Leur approbation équivaudra à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Ce choix leur appartient.

Depuis Nainville-les-Roches en 1983, le peuple kanak a décidé d’ouvrir son droit à l’autodétermination aux «victimes de l’histoire», aux descendants de bagnards, de transportés, d’engagés sous contrats venus du Vietnam ou d’Indonésie, aux populations venues de France, de Wallis et de Futuna ou d’autres régions du monde, qui sont installées de longue date et durablement dans le pays et qui y détiennent leurs intérêts moraux et matériels.

Cette invitation à construire un pays souverain et à former une nation multiculturelle, cette main tendue doit être saisie.

Après l’intervention du président de la République à Alger qualifiant le colonialisme de crime contre l’humanité, après la remise de l’acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France par le chef de l’Etat au gouvernement calédonien le 5 mai 2018, il appartient aujourd’hui à l’Etat de prolonger ces actes symboliques hautement appréciables par des actes en conséquence et de saisir cette opportunité de réussir sa première décolonisation en douceur. Il en va de l’honneur et de la grandeur de France, pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il en va d’un avenir dans la paix et la sérénité en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.

La volonté d’indépendance n’est pas une négation de la France mais l’affirmation d’un peuple, d’une nation. Le mouvement indépendantiste entend établir avec la France et le peuple français des relations nouvelles d’égal à égal, de nation souveraine à nation souveraine, dans le respect mutuel et dans le cadre d’un partenariat librement consenti.

L’histoire récente des rapports de la France et de la Nouvelle-Calédonie a été marquée par trop d’indécisions, d’occasions manquées et de paroles non tenues comme l’avait constaté en son temps Michel Rocard. Ces errements passés ont conduit à des violences que plus personne ne souhaite revivre aujourd’hui ni en Kanaky-Nouvelle-Calédonie ni en France.

Les signataires du présent appel, conscients que seule l’indépendance garantira un avenir de paix, de stabilité et de justice sociale, apportent leur soutien à la volonté du peuple kanak rejoint par de nombreux citoyens issus d’autres communautés implantées durablement sur le territoire, d’accéder à leur complète émancipation et en appellent à l’Etat afin qu’il honore sa parole : «L’Etat reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier, à la fin de cette période, d’une complète émancipation.»

Signataires : Didier Daeninckx, écrivain ; Jean-Louis Comolli, cinéaste, écrivain ; Joseph Andras, écrivain ; Alban Bensa, anthropologue ; Lilian Thuram, champion du monde de football, Pascal Blanchard, historien ; Claude Guisard, producteur ; Marcel Trillat, journaliste ; Marie-José Mondzain, philosophe ; Jean-Claude Gallotta, chorégraphe ; Benjamin Stora, historien ; Patrick Chamoiseau, écrivain ; Gérard Streiff, écrivain ; Jacques Tardi, dessinateur ; Dominique Grange, chanteuse engagée ; Pascal Didier, poète ; Frédéric Hocquard, maire adjoint ; Hugues Lepaige, journaliste-réalisateur ; Claude Pennetier, chercheur, historien ; Gérard Mordillat, écrivain, cinéaste ; Jean-Michel Baudouin, écrivain, dramaturge, musicien de jazz ; Marc Pataut, photographe ; Jean-Marc Salmon, chercheur en sciences sociales ; Pef, dessinateur, écrivain ; Annie Ernaux, écrivaine ; François Muratet, écrivain ; Jean-Luc Raharimanana, écrivain ; Roger Martin, écrivain ; Philippe Zourgane, architecte ; Severine Roussel, architecte ; Antoine Blocier, écrivain ; Renata Ada-Ruata, écrivaine ; Christian Roux, écrivain, musicien ; Alain Bihr, professeur honoraire de sociologie ; Patrick Amand, écrivain ; Gilles Del Pappas, écrivain ; Alcine Salangros, militant associatif ; Christiane Strullu, chanteuse, militante associative ; François Joly, écrivain ; Jeanne Puchol, dessinatrice ; Tony Gatlif, cinéaste, compositeur ; Eric Sarner, écrivain ; Patrick Castex, économiste ; Catalina Villar, réalisatrice ; Sandra Alvarez de Toledo, éditrice ; Dominique Cabrera, réalisatrice, actrice ; Jean-Baptiste Delpias, monteur ; Gérald Collas, producteur INA ; Ginette Lavigne, réalisatrice et monteuse ; Annie Comolli, anthropologue ; Gioia Costa, auteur dramatique ; Jean-Paul Manganaro, professeur, traducteur ; Georges Bartoli, photographe ; Mourad Merzouki, chorégraphe ; Nicolas Offenstadt, historien ; Patrick Raynal, écrivain ; Mehdi Lallaoui, cinéaste ; Alain Bellet, écrivain ; Patrick Fort, écrivain ; Patrick Bard, écrivain, photographe ; Tassadit Imache, auteure ; Caroline Caccavale, cinéaste ; Joseph Cesarini, cinéaste ; Abdelkader Djemaï, écrivain ; Daniel Kupferstein, cinéaste documentariste ; Roland Pfefferkorn, professeur émérite de sociologie ; Denis Lanoy, metteur en scène ; Alain Lance, poète, traducteur ; Luc Quinton, plasticien colleur d’histoires ; Hervé Le Corre, écrivain ; Gilles Manceron, historien ; Laurent Heynemann, cinéaste ; Denis Lanoy, metteur en scène ; Pascal Dessaint, écrivain ; Carlos, dessinateur ; Edgar Morin, philosophe ; François Gèze, éditeur ; Miguel Benasayag, philosophe ; Mathilde Larrère, historienne ; Alain Ruscio, historien ; Pascal Didier, poète ; Dominique Manotti, écrivaine ; Bernard Chambaz, écrivain ; Damien Vidal, auteur de bande dessinée ; Jean Bigot, producteur ; Isabelle Leblic, anthropologue ; Claire Moyse-Faurie, linguiste ; Thierry Garrel, producteur Arte ; Isabelle Merle, historienne, anthropologue ; Christine Demmer, anthropologue ; Christian Pierrel, directeur de publication, Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immigré-e-s ; Edwy Plenel, journaliste, écrivain ; Michael Lowy, sociologue, ancien chercheur au CNRS ; Eric Wittersheim, anthropologue EHESS ; Christine Hamelin, anthropologue université Paris ; Christine Salomon, anthropologue INSERM ; Marina Vlady, comédienne ; Philippe Martel, professeur des universités émérite (occitan) ; Marie Jeanne Verny, professeure émérite de langue et littérature occitanes.

COMITÉ DES SIGNATAIRES : 24 MILLIARDS INJECTÉS PAR L’ETAT DANS L’ÉCONOMIE

La première partie du Comité des signataires qui se déroule actuellement à Paris était consacrée à la situation économique de la Nouvelle-Calédonie. Au menu, plusieurs pistes en vue de soutenir les  efforts des autorités locales pour sortir la Nouvelle-Calédonie de la crise économique et sociale qu’elle traverse. 

Des décisions concrètes et des résolutions y ont été adoptées. Elles concernent plusieurs sujets relatifs aux financements de l’Etat sur le territoire, ou encore les problématiques de la politique carcérale et des violences faites aux femmes.

En ce qui concerne les financements de l’Etat,

  • 9 milliards FCFP supplémentaires seront injectés au travers des contrats de développement passés entre l’Etat et les collectivités calédoniennes. Un avenant à la génération des contrats déjà prévus sera signé avant la fin de cette année.
  • 15 milliards FCFP viendront soutenir les banques dont les besoins de refinancement excèdent actuellement la collecte locale. L’IEOM sera leur partenaire actif dans cette décision de l’Etat.

Les indépendantistes ont boycotté cette séquence des accords. Vont-ils boycotter les apports de l’Etat en provinces Nord et Iles et dans les municipalités qu’ils administrent ? ...

Ci-dessous, la déclaration du président du gouvernement au sortir de la séquence économique du Comité des Signataires (Outremers 360)

LES RÉACTIONS À L’ISSUE DE LA CONFÉRENCE ÉCONOMIQUE À PARIS

Préalablement au Comité des Signataires, une conférence économique avec les partenaires calédoniens et les représentants de l’Etat a eu lieu à Paris, à la Maison de la Nouvelle-Calédonie.

Roch Wamytan y était présent, mais non participant, en sa qualité de président de la Maison. Absents : Calédonie Ensemble et les indépendantistes.

Les réactions par Outremers360. Thierry Santa, président du gouvernement, Sonia Backes, président de la province Sud, et Roch Wamytan, hôte de la réunion.

POURQUOI LE COÛT DE LA VIE DEMEURE UN ENJEU FORT

Depuis la mise en place du « Bouclier Qualité/Prix » et la levée du contrôle des marges, un nouveau dispositif est en construction pour, dans un premier temps, éviter les dérapages de prix, et avec pour objectif, la baisse des prix.

Ce dispositif s’appuie sur un accord avec les entreprises d’importation et de distribution, accompagné d’une surveillance des prix, ainsi que des sanctions prévues en cas d’abus. Les prix de première nécessité, quant à eux, demeurent réglementés pour l’essentiel.

Dans un second temps, l’amélioration de la concurrence, prônée par l’Autorité de la Concurrence, sera au coeur de la nouvelle approche de la baisse des prix. Elle ne pourra se faire sans un examen attentif de l’ensemble de la formation des coûts et des approvisionnements pour ce qui est de l’importation, et sur les règles de protection de marché en ce qui concerne la production locale.

Qui qu’il en soit, le coût excessif de la vie en Calédonie demeure un enjeu fort. Il obère le pouvoir d’achat dans des proportions parfois anormales, et constitue, avec la sécurité au quotidien, une des préoccupations majeures des habitants, notamment de l’agglomération, mais pas que.

Quelques produits, en comparaison avec la métropole et l’Australie, montrent bien le décalage existant dans le domaine des prix. Et l’éloignement ne peut tout expliquer.

La banane -dont nous avions déjà parlé- en reste une bonne illustration. Pour un parisien imaginant que la banane peut être cultivée en Calédonie, -contrairement à la métropole, bien sûr !-, le produit du pays coûte évidemment moins cher qu’à Paris.

LA BANANE LA PLUS CHÈRE
Kolossale erreur : notre kilo de banane coûte le double, le triple, voire le quadruple . Et en Australie qui, contrairement à l’hexagone, est productrice de banane, on trouve le fruit en supermarché à moins de 200fcfp le kilo …

LE VIN FRANÇAIS PLUS CHER … QU’EN AUSTRALIE !
Le pompon, bien sûr, c’est l’alcool. Ah ! la Calédonie, territoire français, où il fait bon déguster le champagne, -le vrai-, et le bon vin français. Tu parles ! Le vin français et le champagne français, -le vrai-, c’est moins cher en Australie. Normal : ici, on a développé le tourisme … à l’envers.

 

ET UNE EXCEPTION : NOTRE EXCELLENT MIEL
Dans ce paysage d’étiquettes affolantes, le miel calédonien fait une excellente figure. Voyez donc : notre miel est à peu près au même prix qu’en métropole. Et sur ce produit, nous pouvons nous payer un peu de chauvinisme : le miel calédonien est souvent bio de composition, et de très bonne qualité. C’est même un des meilleurs de France, pour un prix raisonnable.

Preuve que le lutte contre les prix chers n’est jamais une cause perdue. Même en Calédonie.

DATE DU REFERENDUM AU COMITÉ DES SIGNATAIRES : POURQUOI « LE PLUS TARD » V/S « LE PLUS TÔT »

« C’est donc avec le souci du dialogue et de la recherche de consensus que je veux que nous abordions la question de la fixation de la date de la prochaine consultation » – Edouard Philippe.

Parmi les thèmes qui seront évoqués au Comité des Signataires, la date sera un enjeu majeur. Pour la majorité des loyalistes, le mieux est de sortir le plus tôt possible de la séquence « referendum ». A cela, des raisons évidentes de lisibilité de l’avenir, de clarification politique, attendues notamment par tout le secteur économique calédonien. C’est en tout cas la position de l’Avenir en Confiance. Pour les indépendantistes, le referendum doit être organisé « le plus tard possible dans le cadre réglementaire ». 

La réalité, c’est que la loi prévoit des délais, mais pas de « calendrier ». La date doit, soit être fixée d’accord partie par les Calédoniens et l’Etat, soit, en cas de désaccord de la partie locale, par l’Etat qui a seul, d’ailleurs, le pouvoir réglementaire de convoquer les électeurs. Intérêts divergents.

POURQUOI « LE PLUS TARD POSSIBLE »
Pour les indépendantistes, « la montre » joue en leur faveur. Ils sont persuadés qu’au fil des mois, ils peuvent à la fois, exiger l’inscription d’électeurs qui leurs sont favorables, contester l’inscription d’électeurs réputés loyalistes, et convaincre, notamment, les (encore) loyalistes de la province Nord, de voter « Oui » à l’indépendance.

Déjà, leur demande d’inscription de 2008 électeurs réputés non-inscrits, et de facilitation du vote des détenus va dans ce sens. Cela fait partie de ce qu’ils nomment « dysfonctionnements ».

Ils vont ensuite tenter de convaincre, sur le terrain, les loyalistes hésitants. Et pour cela, disposer de temps leur sera utile.

LES TENTATIONS DU NORD
Depuis 30 ans, la province Nord est administrée par les indépendantistes. Et cela n’est pas près de changer. Plusieurs anciens loyalistes de la province ont déjà basculé dans le camp, soit de l’Uni de Paul Néaoutyne, soit de l’Union Calédonienne de Daniel Goa. Pour eux, prendre position pour l’indépendance, vue de la province Nord, c’est régler leur problème d’incertitudes face aux dirigeants indépendantistes.

Paul Néaoutyne a déjà eu la subtilité de nommer, dans l’Exécutif de la province, 2 non Kanak. Administrant ainsi la preuve que le travail en commun est possible, et en particulier, au sein de la mouvance indépendantiste. Séduisant.

Parce que dans le Nord, tous les rouages, économiques, notamment avec KNS, sociaux et fonciers sont aux mains des indépendantistes. Dur dur, dans ces conditions, de défendre des arguments de finance, d’économie, d’appartenance nationale, davantage identifiés comme des enjeux « du Sud ».

Il n’est donc pas illogique que pour des raisons -compréhensibles- de contexte local, plus nombreux seront les électeurs du Nord à s’afficher partisans du « Oui ».

POURQUOI « LE PLUS TÔT POSSIBLE » : LES ENJEUX DE 2/3 DE LA POPULATION
Bien évidemment, la situation est fondamentalement différente en province Sud pour la simple raison que les 2/3 de la population calédonienne y résident, et que les enjeux, raisonnés, du devenir économique, financier, social, éducatif et identitaire y sont très prégnants.

Pour la population du Sud, l’indépendance est perçue majoritairement comme une régression dans tous ces domaines, y compris dans celui des libertés et de la perte des avantages considérables de la nationalité française.

Sans faire injure aux habitants du Nord et des Iles, ceux du Sud sont, par exemple, plus inquiets de la perte de financement -près de 70 milliards FCFP- de tout l’enseignement, ou encore par la « nationalisation » de la SLN et du domaine minier. Sous-entendu, au profit de la province Nord.

L’ENJEU DU REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE
Le marasme économique, le départ d’habitants, d’entrepreneurs, d’investisseurs ne jouent pas en faveur des loyalistes. Bien au contraire. L’enjeu économique, dans la situation présente, constitue un élément essentiel du retour à la confiance, et donc du maintien des équilibres actuels, largement en faveur des loyalistes.

Or, l’économie ne peut se nourrir d’incertitudes : ce sont elles, au contraire, qui peuvent l’anéantir. « Nous voulons de la lisibilité dans l’avenir » clament les acteurs de l’économie. Normal : eux ne se nourrissent pas des impôts des contribuables, et leurs investissements s’amortissent à moyen ou à long terme.

Sortir des incertitudes : le plus tôt sera donc le mieux.

L’ENJEU DU RETOUR À LA DÉMOCRATIE APRÈS L’ACCORD DE NOUMÉA
Autre enjeu considérable pour les loyalistes : mettre un terme à l’Accord de Nouméa, et d’une manière générale, aux « Accords » passés. Et donc, organiser les referendum dans les meilleurs délais.

Non pas que ces accords aient complètement failli, mais surtout que, dans la précipitation, ou par la volonté de feu Jacques Chirac, deux édifices démocratiques ont été bafoués : le droit de vote, et l’équité en matière de représentativité électorale au Congrès.

Le gel du corps électoral, dont les indépendantistes souhaitent la pérennisation, est une sorte de monstruosité démocratique. Le régime tombera après le troisième referendum. La seule voie d’accord possible est un nouveau régime « glissant », comme celui adopté en 1998, puis aboli.

L’inéquité, en matière de représentativité électorale, est également une absurdité politique. Mortifère pour les loyalistes, pain-béni pour les indépendantistes ! Il faut en effet aujourd’hui moins de voix à un élu du Nord ou des Iles pour siéger au Congrès. Résultat : on pourrait imaginer qu’un tiers de la population domine le « Parlement » local, au détriment des deux autres tiers restants !

Si rien n’était changé, mécaniquement, les indépendantistes seraient quasiment assurés d’être majoritaires au Congrès tout en étant … minoritaires dans la population.

BATAILLE POLITIQUE ET JURIDIQUE
Le Comité qui va s’ouvrir va-t-il aboutir à un consensus sur les questions de la date du second referendum et sur les conditions d’inscription des électeurs ?

Compte tenu des enjeux radicalement divergents, on peut raisonnablement en douter. Les participants vont probablement s’affronter aussi bien sur le plan politique que politique.

Dans ces conditions, une fois encore, le rôle de l’Etat sera  donc déterminant. Alors que le temps nous rapproche inexorablement vers l’échéance de l’élection présidentielle, quel calendrier référendaire va-t-il décider ?

Consensus ? En matière économique, on a déjà une réponse : le niet des indépendantistes et de Calédonie Ensemble à la réunion programmée à Paris.

Pour le reste, il vaut mieux croire aux miracles.

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