« … ACCÈDE À LA PLEINE SOUVERAINETÉ ET DEVIENNE INDÉPENDANTE », LA QUESTION DU REFERENDUM

Finalement, une proposition du Premier ministre pour la question qui sera posée aux Calédoniens lors du referendum du 4 novembre a fait plutôt consensus.

« J’ai proposé aux membres du Comité que la question soit la suivante : voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante, a déclaré Edouard Philippe.

« Cette formulation a vocation a être soumise au Conseil d’Etat dans le cadre de l’examen du projet de décret convoquant les électeurs. Cette formulation a un sens politique profond. Elle permet à chaque force politique de se positionner clairement. » 

LE FRANÇAIS DE CHEZ NOUS – AUJOURD’HUI : « LA GRATTE »

 

NouméaPost reprend  la chronique de Gaby Briault sur RRB, « le français de chez nous », sur les mots particuliers utilisés dans la langue française telle qu’elle est parlée en Nouvelle-Calédonie : aujourd’hui, « la gratte».

Je vais aujourd’hui vous parler de la gratte. Dans le français standard et familier, une gratte peut être un petit profit, plus ou moins licite. C’est aussi une démangeaison, ou également, une guitare.

En Calédonie, la gratte, c’est une intoxication alimentaire, l’ichtyosarcotoxisme, la ciguatera, qu’on l’on contracte après avoir mangé un poisson réputé alors « gratteux ».

La gratte peut être plus ou moins prononcée, et fait l’objet d’une grande quantité de remèdes naturels. Il est fréquent de soigner la gratte avec du faux tabac, avec de l’écorce de badamier ou encore avec de l’écorce de pommier kanak.

Cette forme d’intoxication n’est évidemment pas propre à la Calédonie. Elle fait d’ailleurs l’objet de recherches médicales et pharmaceutiques pour la guérir, compte tenu des dommages économiques que cela fait peser sur la pêche.

J’ai trouvé dans un article sur la gratte que Thierry Lhermite et son épouse avaient « attrapé la gratte » et qu’ils en gardent, paraît-il, un souvenir cuisant. J’ai bien dit Thierry, pas Bernard …

120 000 ? LES VRAIS CHIFFRES DU TOURISME : 106 000 ! Sans Wallis, Vanuatu …

« Nouveau record avec 120.000 touristes », affiche l’Isee en publiant le compte des arrivées de « touristes » en 2017. A l’évidence, il s’agit des « entrées de visiteurs non-résidents » en Nouvelle-Calédonie. En effet, dans ce classement figurent par exemple les visiteurs en provenance de Wallis et Futuna. Des « touristes » tout de même particuliers … Décryptage.

« RAPPORT TOURISTIQUE » TRÈS FAIBLE, VOIRE NUL (PDTCNC)
Il est fort instructif, d’observer ces chiffres de l’Isee dans le détail. Une observation que recommandait déjà le fameux -et infortuné- PDTCNC en 2006, bible du développement touristique de 2006 à 2016 : « Près de 10 000 visiteurs, notait le rapport à cette époque, sont des « affinitaires voisins » (6 000 de Wallis, 3 750 de Polynésie) dont le « rapport touristique » est très faible, voire nul« . Si les chiffres ont évolué, les temps n’ont guère changé, et les chiffres continuent d’être agglomérés de la même manière.

Sur le « record » de 120 000 touristes déclarés l’an passé, le cumul des marchés réputés touristiques – France métropolitaine, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud- se situe en réalité à 106 436 touristes.

Quant aux visiteurs en provenance de Wallis et Futuna, de Polynésie et du Vanuatu, leur nombre de monte à … 14 179.

Pour les « records », les vrais, ils ne concernent ni la clientèle australienne (25 762 Australiens en 1984), ni la clientèle néo-zélandaise (10 373 Néo-Zélandais en 1990), et encore moins la clientèle japonaise (35 420 Japonais en 1998).

FRÉQUENTATION HÔTELIÈRE : 67 073 TOURISTES DANS LES HÔTELS
Un indicateur intéressant est celui de la fréquentation hôtelière, véritable baromètre du tourisme.

En matière de développement touristique, les piliers sont les hôtels, d’une part, et la desserte aérienne, d’autre part.

Combien de touristes -ceux que le PDTCNC dénommait « touristes d’agrément »- séjournent dans les hôtels ?

Pour l’année « record » 2017, ce sont … 67 073 touristes d’agrément qui ont été recensés par l’Isee dans ses comptes. Mais ses commentaires se gardent bien de mettre ce chiffre en relief.

Cela explique pourquoi, en dépit des chiffres claironnés depuis 10 ans, les hôteliers appellent à l’aide, à l’exception, peut être, du groupe « public » de la SHN dont les pertes sont couvertes par le Casino, et le cas échéant par la société financière de la Province sud. Quant aux autres, ceux qui relèvent du secteur privé, encore faut-il préciser qu’ils doivent une bonne part de leur occupation à la fermeture de plusieurs centaines de chambres depuis 2006 : celles du Surf, celles du Ramada, et une cinquantaine de clés au Méridien.

UN DÉVELOPPEMENT TOURISTIQUE EN PANNE DEPUIS 15 ANS
Au total, si objectivement, les chiffres d’arrivées de « touristes d’agrément » en provenance d’Australie et de Nouvelle-Zélande sont en hausse légère, ceux du Japon stagnent aux alentours de 20 000 visiteurs, soit … 15 000 de moins qu’il y a 20 ans !

Pourtant, le PDTCNC avait forgé de formidables espoirs dans l’esprit des professionnels dont certains, en 2006, ne cachaient pas leur enthousiasme. On avait même demandé au ministre du Tourisme de l’hexagone, Léon Bertrand, qui depuis a connu quelques démêlées avec la Justice, de venir présider les « Assises » !

10 ans après, au terme de la période prise en compte par le Plan de Développement, les résultats sonnent comme un échec cuisant :

  • objectif 2006, 230 000 touristes d’agrément à l’échéance 2016, résultat 2017 : 67 000 touristes d’agrément si l’on exclut les « affinitaires »,
  • objectif 2006, construction de 2400 chambres nouvelles d’hôtels, à l’échéance 2016, résultat 2017, 250 chambres à Déva mais fermeture du Surf, d’une partie du Ramada et de chambres au Méridien, les chambres nouvelles résultant essentiellement de rénovations d’établissements,
  • objectif 2006, création de 3000 emplois nouveaux à l’échéance 2016, résultats 2017, …

Constat : entre la communication et la réalité, la différence est « kolossale » …

LES ASSURANCES VONT « RECOMMANDER » DE NOUVEAUX ÉQUIPEMENTS DE SÉCURITÉ

Depuis plusieurs années, la Nouvelle-Calédonie coûte de plus en plus cher aux assurances … qui répercutent naturellement ces coûts sur les contrats. Plus grave, certaines compagnies peuvent se poser la question de leur maintien sur le territoire.

Devant la hausse vertigineuse des cambriolages et vols en tout genre, et plus particulièrement, ceux des locaux commerciaux, des « recommandations » visant à renforcer les équipements de sécurité vont être dispensées.

Il s’agira, par exemple, de remplacer les rideaux en aluminium par des rideaux en acier, assortis de fixations renforcées. Ou encore de systématiser les installations « anti-voitures-bêliers ».

Certaines assurances, en métropole, refusent d’assurer des clients jugés trop à risque. Arme ultime contre d’éventuelles intrusions : le nuage aveuglant à bas de glycol qui empêche l’intrus de se déplacer autrement qu’à tâtons, laissant le loisir aux forces de l’ordre de l’interpeler en flagrant délit.

SMSP : SIGNATURE D’UN ACCORD POUR UNE USINE EN CHINE – Viol à Chaleix – « Comprendre les referendum 2018-2022 », un essai de l’historien Angleviel – Le Medef aura un Président – Nouveau clocher à l’église de Vao – Le Bulletin de la SEHNC est paru

NICKEL : ACCORD ENTRE LA SMSP ET UN FONDEUR CHINOIS – Selon Les Nouvelles Calédoniennes, un « Memorandum of agreement » vient d’être signé entre la SMSP et l’industriel chinois Yangzhou Yichuan Nickel Industry Co Ltd. Objectif de cet accord : en engagement de fourniture de minerai de basse teneur à hauteur de 600.000 tonnes avec, en contrepartie, une prise de participation majoritaire (51%) dans cette usine.

Le minerai serait fourni par NMC, structure mixte Pasco/SMSP (450.000 tonnes) et par les mineurs indépendants (150.000 tonnes). Il se substituerait aux approvisionnements en provenance d’Indonésie et des Philippines. La production est vendue à une filiale de Posco.

Cette deuxième opération consiste donc à raffiner le minerai calédonien à l’extérieur du territoire, le privant d’une partie essentielle de la valeur ajoutée. Plusieurs questions sont ainsi posées sur la fameuse stratégie nickel.

COMPRENDRE LES REFERENDUM 2018-2022, c’est le titre d’un essai publié par l’historien Frédéric Angleviel.

LES FEMMES DE CANALA EN COLÈRE et il y a de quoi. Elles manifestent pour protester et sensibiliser la population sur un viol qui s’est produit récemment. La victime, souffrant de graves lésions, est maintenue en coma artificiel.

VIOL À LA BASE CHALEIX – Il se serait produit dans un logement de la base militaire au cours d’une soirée arrosée. Le marin mis en cause a été placé en détention au camp Est.

SENSIBILISATION À LA SÉCURITÉ AU MONT DORE avec des visites de commerces et des conseils pour améliorer la sécurité.

LA CCI VEUT LIMITER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DE L’AÉROPORT DE TONTOUTA par 4 projets éco-responsables pour 2018, parmi lesquels, co-voiturage des personnels, traitement des déchets ou développement des énergies renouvelables avec l’équipement des parkings avec des ombrières photovoltaïques.

LE MEDEF ÉLIT SON PRÉSIDENT ce matin, conformément à ses statuts. Ce président se substituera au fonctionnement avec plusieurs co-présidents en vigueur depuis plusieurs années.

UN NOUVEAU CLOCHER À L’ÉGLISE DE L’ÎLE DES PINS a été inauguré hier grâce à une aide complémentaire consentie par la Province sud qui était représentée par Marie-Françoise Hmeun.

LES BAUX RURAUX promus auprès des promoteurs privés, 23 baux ont déjà été signés.

LE DERNIER BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES HISTORIQUES vient de paraître. Des « bulletins » très riches en information et que chaque Calédonien devrait se procurer. Dans cette dernière édition, l’illustre famille Freycinet, une épopée extraordinaire. Disponible en librairie ou au siège de la SEHNC, rue de Salonique.

REFERENDUM : LE RASSEMBLEMENT-LR PROPOSE « UNE QUESTION CLAIRE »

Au cours du Comité Directeur tenu hier soir par le Rassemblement-LR,  c’est évidemment le referendum qui a été au coeur des discussions. Pierre Frogier a confirmé le refus des termes de l’exposé des motifs qui figurait dans la délibération fixant au 4 novembre le scrutin d’autodétermination.

LE RÉSULTAT LE PLUS SIGNIFICATIF POSSIBLE EN FAVEUR DE LA FRANCE
Après avoir regretté que depuis 2010, sa proposition de préparer une solution commune n’ait trouvé aucun écho, et notamment de la part de l’Etat, il a indiqué que son mouvement devait à présent se soumettre à un inévitable referendum « binaire ». Dans cette perspective, il a demandé à ses responsables d’entamer une campagne, sur le terrain, pour que le résultat du referendum soit le plus significatif possible en faveur de la France, et que se pose alors la question de la pertinence des deux autres consultations prévues.

INDÉPENDANCE OU MAINTIEN DANS LA FRANCE
Quant à la question, c’est le Président du Congrès, Thierry Santa, qui en a fait la proposition au comité directeur du Rassemblement-LR. Le principe, pour que l’interrogation et les réponses soit claires, c’est que la question comme les réponses exposent explicitement les enjeux : indépendance d’une part, maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France d’autre part.

Le Rassemblement-LR considère en effet que le terme de « souveraineté pleine et entière » soit interprétée et comprise de manière ambigue. C’est donc l’indépendance ou le maintien dans la France qui seront les termes défendus au prochain comité des Signataires, avec un réponse possible sans ambiguité, du type : soit « Je veux que la Nouvelle-Calédonie accède à l’indépendance », soit « Je veux que la Nouvelle-Calédonie reste dans la France ».

ANCIEN HAUT FONCTIONNAIRE EN CALÉDONIE, HUGUES MALECKI CONDAMNÉ À 2 ANS DE PRISON

Epilogue navrant pour une sordide affaire de tableau volé au mobilier national puis revendu : l’ex-sous-préfet, Hugues Malecki, vient de se voir infliger une peine de 2 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 20 millions CFP et d’une interdiction d’exercer dans la fonction publique pendant 5 ans.

Selon le Figaro,  » Les faits remontent aux années 2006-2007 lorsque Hugues Malecki était encore sous-préfet de Brioude. Un beau jour, ce passionné de peinture remarque, dans l’un des salons de la sous-préfecture, une huile sur toile baptisée Dahlias. Signée de l’artiste russe naturalisée française Natalia Sergeevna Goncharova (1881-1962), cette œuvre représente un immense bouquet de fleurs, débordant d’un vase.

Interrogé par les enquêteurs, le haut fonctionnaire assure qu’il a d’abord voulu faire restaurer cette toile, datant des années 1940. Puis il a finalement opté pour une copie effectuée par un professionnel, une opération moins onéreuse et légale si les dimensions diffèrent de l’original. L’accusé explique que, par la suite, il pensait que le tableau original avait été remisé dans les combles de la sous-préfecture. Selon lui, ce n’est que cinq ans après son départ de Brioude qu’il serait retombé dessus dans son garde-meubles, empaqueté «par inadvertance» avec d’autres œuvres par les déménageurs. Il s’en serait alors séparé dans la précipitation, sans réfléchir« .

C’est donc un faux qui est exposé à la sous-préfecture, et en 2014, le pot aux roses est découvert. Les enquêteurs établissent que la toile avait été vendue 1,5 million FCFP à un collectionneur qui l’a revendue … 15 millions un an plus tard à Londres lors d’une vente aux enchères de Sotheby’s.

Ce docteur en médecine vétérinaire, puis sous-préfet, avait été en poste en Nouvelle-Calédonie.

TOPGOLF : NOUVELLE ATTRACTION À GOLD COAST À 3 MILLIARDS CFP

Situé entre Movie World et Outback Spectacular, pratiquement face à DreamWorld, TopGolf Gold Coast viendra s’ajouter aux grandes attractions offertes à Gold Coast. Qu’est-ce que TopGolf ? Explications.

Topgolf est né en 2000, inventé par deux frères anglais qui voulaient apporter plus d’attrait au practice traditionnel. Le jeu consiste à toucher des cibles sur le practice (voir illustration), ce qui permet de marquer des points, source de compétition « fun » dans un cadre hyper relax.

COMPÈTE ET BON MOMENT ENTRE AMIS
La différence de Topgolf avec un practice classique, c’est que les balles contiennent une petite puce qui vous identifie et qui vous permettront donc de marquer des points dans différents modes de jeu selon votre précision sur le range, un peu comme au bowling. Vous l’avez compris, Topgolf apporte du « fun » au practice!

Mais cela ne s’arrête pas là: musique à fond, canapés, bar derrière les tapis, à boire et à manger … Ici on est pas là seulement pour jouer mais aussi pour passer un bon moment entre amis. Est mis à disposition également un écran individuel par tapis, indiquant votre nom et vous permettant de suivre vos performances.

LES CIBLES
Les cibles, elles, sont de couleurs différentes et composées de plusieurs « anneaux » et d’un drapeau au milieu. Elles sont statiques et situées à:

  • 25 yards (rouge)
  • 50 yards (jaune)
  • 90 yards (vert)
  • 125 yards (marron)
  • 150 yards (bleu)
  • 175 yards (rose)
  • 200 yards (noir)

2 MILLIARDS 800 MILLIONS
Le plus emblématique des TopGolf se trouve certainement à Las Vegas. Avec les nouvelles ouvertures prévues, Topgolf se rapproche des 50 installations sur le sol américain. A ce jour, en dehors des USA, il en existe seulement 3 en Angleterre mais 5 sont annoncés entre l’Australie, le Canada, le Mexique et les Emirats Arabes Unis.

Les travaux de construction à Gold Coast – Photo site ParkZ

Celui de Gold Coast, le premier en Australie, ouvrira en milieu d’année. Investissement : 35 millions de dollars australiens, soit environ 2 milliards 800 millions CFP.

Et tout ça, sans « Assises du Tourisme » …

REFERENDUM : 4 NOVEMBRE – L’EXPOSÉ DES MOTIFS FAIT POLÉMIQUE

C’est finalement par 38 voix contre 14 que la délibération fixant la date du scrutin d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie au 4 novembre prochain a été adoptée. Originalité du vote : tous les élus sont d’accord sur la date, mais les loyalistes sont divisés sur l’exposé des motifs. Polémique

Ce n’est pas une surprise, puisque le texte en question avait déjà provoqué l’explosion de la structure de concertation créée par le Premier ministre il y a quelques semaines, le fameux G10.

ACCORD SUR LA DATE, DÉSACCORD SUR L’EXPOSÉ DES MOTIFS
Le Congrès était donc saisi d’une proposition de délibération signée par l’Union Calédonienne-Front de Libération Kanak et Socialiste, l’Union Nationale pour l’Indépendance, groupe du Parti de Libération Kanak, et par Calédonie Ensemble. Au coeur de la contestation menée par les autres partis loyalistes, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République, les Républicains Calédoniens et le Mouvement Populaire Calédonien, l’orientation de l’exposé des motifs selon eux, « sans rapport avec la date du referendum », « déséquilibré en faveur de la période sombre de la décolonisation », voire « obsolète et décalé ».

NATIONALISTES ET LOYALISTES
Pendant le débat, la défense de l’exposé des motifs et sa contestation ont opposé les 6 partis. Pour les uns, il s’agit simplement de replacer le referendum dans son contexte, et dans celui de l’Accord de Nouméa. Impossible, dans ces conditions, de passer sous silence le passé de la Nouvelle-Calédonie et ses portions d’histoire douloureuse.

Pour les autres, le texte est « passéiste » et ne projette pas sur l’avenir, alors que depuis la signature des Accords, la Calédonie s’est décolonisée. Sur le terrain purement politique, une accusation a fusé : il s’agit d’une fracture entre « nationalistes » et « loyalistes ».

Accessoirement, la « plate-forme », justement créée pour que les loyalistes ne parlent que d’une seule voix dans la perspective du referendum, s’est divisée en deux camps.

L’essentiel, pourtant, demeure : tout le monde est d’accord sur la date. Et personne, pour l’instant, n’a décidé de « boycotter » le fameux scrutin …

DES TRIBUS DÉCIDENT LE COUVRE FEU POUR LES JEUNES

Pour décider un couvre-feu excluant toute divagation de jeunes le soir, des tribus de la côte Est n’ont pas attendu de longs débats dans les assemblées : elles l’ont décidé pour elles-mêmes.

Excédées par les exactions de certains jeunes, et en accord avec les autorités coutumières et municipales, deux tribus au moins de la côte Est ont résolu ce problème à leur manière. En décidant que tout le monde devait rester chez soi à partir de la soirée.

« On voit les mamans le soir aller chercher les enfants s’ils ne sont pas rentrés« , déclare l’un des responsables.

D’autres moyens commencent à être mis en oeuvre contre les jeunes voyous. La chronique a récemment été défrayée par cet adulte qui a tiré sur une voiture volée effectuant un rodeo à Nakéty. D’autres actions, un peu moins violentes, se seraient déroulées en d’autres lieu. Un peu moins violentes, mais, paraît-il, très efficaces.

SÉCURITÉ : 2 ANS DE PRISON ET 15 MILLIONS POUR VANDALISME … SUR UN ARBRE ! Mais c’est en Nouvelle-Zélande …

La Nouvelle-Zélande est probablement un des pays les plus citoyens de la planète. Pour tous les visiteurs, un voyage au pays des kiwis est AUSSI une leçon de civisme.

Mais leur système n’est pas fait que de prévention béate. Témoin, cet avis publié suite à la vandalisation d’un arbre planté dans la ville de Queenstown, dans l’île du sud, commémorant le sacrifice des soldats néo-zélandais tombés au cours de la 1ère guerre mondiale.

Les peines encourues pas les délinquants sont de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 15 millions FCFP s’il s’agit d’un « body corporate ».

Un appel au renseignement civique sur ce qui est qualifié de « criminal offense » a été lancé, ce qui correspond, chez nous, à « un appel à témoin ».

Pour tout visiteur de la Nouvelle-Zélande, le degré de criminalité et l’état des villes, des villages, des panneaux de signalisation sur les routes ainsi que de tous les lieux publics montrent l’efficacité de l’approche kiwi pour la lutte contre la délinquance.

Une méthode à l’évidence plus efficace que les Plans de Lutte, les Plans Marshall, les CLSPD et autres les Grandes Causes.

SÉCURITÉ À NOUMÉA : CAMÉRAS, TAGS, RÉSORPTION DES SQUATS, SDF, ALCOOL, NAKAMALS, STRATÉGIE D’AMPLEUR INÉDITE PROPOSÉE PAR GABY BRIAULT

Parmi les rares interventions, mardi soir, lors du débat d’orientation budgétaire : celle du conseiller Gaby Briault qui propose une nouvelle stratégie Sécurité en 24 actions dans la ville de Nouméa. « Les Nouméens n’en peuvent plus, nos devons agir tous ensemble », plaide l’élu. Ses propositions : 15 actions municipales, l’implication de la Nouvelle-Calédonie, de la province, du Sénat coutumier, de l’Etat et des administrés, une stratégie d’une ampleur inédite pour ramener « la tranquillité » à Nouméa en 5 ans. Priorités.

STRATÉGIE D’AMPLEUR INÉDITE
« Ils ne savaient pas que c’était impossible. Alors ils l’ont fait » a déclaré l’élu en exhortant ses collègues à se mobiliser pendant plusieurs années pour que les Nouméens se sentent à nouveau en sécurité. Il donne acte à la ville des avancées effectuées, sur les caméras qui vont passer à 86 pour 45 an début de mandat, sur de nouveaux éclairages en lumière blanche, sur le lancement de l’opération « surveillance de voisinage », ou encore sur le renforcement des moyens de la Police Municipale. Une Police dont il salue l’action « appréciée des Nouméens » et les « innovations » réalisées.

Pour Gaby Briault, cependant, pour stopper la progression de la délinquance et provoquer son recul, il est nécessaire de mettre en œuvre une stratégie d’ampleur, d’une importance inédite : la ville, toutes les institutions, l’Etat et les administrés. Au total, 24 grandes actions coordonnées.

15 ACTIONS MUNICIPALES
ET L’EXPÉRIENCE DE LA VILLE D’ORLÉANS À LA RESCOUSSE
150 caméras, plan anti-tags, résorption des squats sur un programme de 20 ans, partenariat avec Emmaüs pour résorber l’errance des SDF, intensification des lumières blanches dans « les endroits à risque », patrouilles à pied et présence statique des policiers dans les quartiers, débroussage de tous les terrains vagues, réhabilitation des quartiers de Tindu, Pierre Lenquette, Saint Quentin, ou encore technologie de pointe pour protéger les écoles, au total, 15 actions convergentes à mener par la ville elle-même. Certaines ont été lancées, d’autres figurent dans le budget 2018.

Et pour que la ville soit plus performante, Gaby Briault propose un jumelage sécurité avec la ville d’Orléans « qui a fait baisser la délinquance sur son territoire de 80%« .

DÉBROUSSER TOUS LES TERRAINS VAGUES
ET RÉSORBER LES SQUATS EN 20 ANS
L’élu municipal propose en outre que des partenaires viennent épauler la ville, dans cette stratégie. Pour la Nouvelle-Calédonie, « 2 actions tombent sous le sens » : le débroussage de tous les terrains lui appartenant à Nouméa, notamment à Nouville accompagné d’un plan de résorption des squats, et l’adoption d’une réglementation des Nakamals, zones de non-droit.

CONFISQUER L’ALCOOL CONSOMMÉ SUR LA VOIE PUBLIQUE SANS AUTRE FORME DE PROCÉDURE
La Province sud est déjà partenaire de la ville. Le conseiller suggère la création d’emploi temporaires ou pérennes pour les jeunes des quartiers en difficulté et l’accompagnement de la résorption des squats.

Pour l’Etat, « davantage de policiers le week end« , et la mise en place de contrôles systématiques d’alcoolémie « pour rendre crédible la lutte contre l’alcool au volant« .

Plus originale : l’idée de se rapprocher su Sénat Coutumier pour traiter la grave question de la délinquance des jeunes et des SDF « où trop de jeunes et d’adultes Kanak sont impliqués« .

Gaby Briault conclut sur la consommation de l’alcool sur la voie publique « dont la prétendue interdiction, inopérante, fait hurler de rire tous les Calédoniens, sauf les forces de Police« . Rappelant que « l’on tourne en rond depuis 6 ans« , il propose une mesure radicale : le transfert de la compétence relative à la consommation d’alcool, et l’adoption de mesures locales appropriées. « Il faut que nos policiers puissent confisquer l’alcool sans autre forme de procédure lorsqu’il est consommé sur la voie publique« .

«  Impossible de restaurer la sécurité à Nouméa ? » commente l’élu. « Alors, tous ensemble, faisons le« .

ANALYSE DU BUDGET NC 2018 : LES GRANDES ABSENCES

 

Pythagore ou Lolf ? C’est le mathématicien grec qui ouvre la présentation du budget 2018 de la Nouvelle-Calédonie, non pas pour son fameux théorème, mais parce qu’il « convient de choisir le chemin qui semble le meilleur, même s’il paraît le plus difficile ». La Lolf, elle, censée inspirer l’esprit et le chiffre du budget calédonien depuis 2006, préfère le pragmatisme : « atteindre des objectifs prédéfinis au moindre coût ». Et surtout, mesurer la performance … La réalité est davantage politique. Avec des accents de campagne dans un document réputé collégial, le budget 2018 se veut être à la fois un exercice de gestion dans un contexte de crise, et « une anticipation du budget 2019 ». Les 14 Politiques Publiques auraient dû répondre à cette ambition. Décryptage.

C’EST LA FAUTE À L’HÉRITAGE
La métropole a, de ce point de vue, donné l’exemple : les difficultés budgétaires sont d’abord dues aux erreurs des prédécesseurs. Récemment, le bilan Hollande était encore présenté comme hypothéqué par celui de Sarkozy … En Nouvelle-Calédonie, le document budgétaire institutionnel, explique que « l’assèchement des réserves du pays » et « des déficits » sont un « héritage budgétaire catastrophique » du gouvernement « Martin-Backes ». Vous avez dit tensions ?

Quant aux arrières pensées électorales, personne n’en est exempt. A preuve, cette phrase dans le document de présentation du gouvernement :  » … dans la conduite des affaires du pays d’ici les prochaines provinciales« . En français dans le texte.

AU DELÀ DES CHIFFRES, LES « POLITIQUES PUBLIQUES »
Mais évidemment, au delà de la querelle, le document budgétaire est d’abord un recueil de chiffres. Un global, d’abord : 65 milliards pour la seule collectivité Nouvelle-Calédonie, s’entend. Et à l’intérieur, la section fonctionnement, 44 milliards, et la section investissement, 21 milliards. En théorie, des chiffres qui doivent traduire l’évolution des « politiques publiques » pour faire face à la crise, et surtout, pour en sortir. C’est là que le bât blesse.

LA FORME : TRACES DE COPIÉ-COLLÉ
Dans la forme d’abord. La présentation du budget comprend 14 missions définissant les grandes politiques publiques de la Nouvelle-Calédonie. Avec les évolutions attendues.

Or, si l’on examine la plus importante d’entre elles, la politique publique de l’Économie et de l’Emploi présentée en « mission 13 », le document se borne à rappeler que le programme « travail emploi » est censé « améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises et le bien être et l’efficacité au travail« , ou à décrire les finalités des compétences en matière de réglementation économique, de politique agricole, de pêche ou d’économie numérique.

Certes, les « ministres » concernés commentent, par secteur et pour chaque mission,  les objectifs et les enjeux de 2018.  L’exercice est cependant  loin d’un recadrage de la politique publique.

Mais surtout, -et ce n’est pas un gag-, la rédaction 2018 est, mot pour mot, celle de … 2017, budget supplémentaire compris. Et qui est la même que celle de 2016 ou de 2015. Un genre de copié-collé.

LE FOND : OÙ EST LE SOUFFLE D’UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT ?
La Nouvelle-Calédonie est entrée en crise depuis plusieurs années et le concept budgétaire était archaïque depuis plus longtemps encore. Plusieurs « ministres » du budget y ont apporté quelques avancées. Gaby Briault avait fait adopter l’évolution « Lolf », Bernard Deladrière avait accentué la rigueur et la prévision, Thierry Cornaille avait fait réaliser 3 budgets distincts pour la Nouvelle-Calédonie, les autres collectivités et les établissements publics. Mais en matière de réduction des dépenses publiques, tous se sont heurtés aux « pressions collégiales ».

Aujourd’hui, l’enjeu est d’une autre nature et d’une urgence absolue : comment éviter la poursuite d’un processus menant à la faillite ?

De ce point de vue, et alors que le « nouveau modèle de développement » est annoncé depuis près de trois ans et inscrit dans les orientations du budget de l’an passé, rien ne se passe. Il aurait été temps de présenter « le nouveau modèle de développement » dans des politiques publiques rénovées. Or, ces dernières demeurent rigoureusement les mêmes.

RELANCE PAR LA CONSOMMATION OU PAR LE SOUTIEN AUX ENTREPRISES ?
La Nouvelle-Calédonie affronte, au fond, les mêmes difficultés que la métropole : le déficit de croissance, synonyme de rentrées fiscales insuffisantes. A ceci près, évidemment, que le régime d’équilibre budgétaire est plus contraignant pour le territoire : Masstricht pour l’Etat, équilibre absolu des comptes imposé pour la Calédonie.

Pendant des années, en métropole, de gauche comme de droite, les politiques ont visé la relance par la consommation. En vain. Cet échec devrait inspirer les responsables calédoniens, d’autant que le nouveau pouvoir français semble réussir par une autre voie -il est vrai initiée par Hollande-Valls- : la croissance globale par la croissance des entreprises.

Malheureusement, les entreprises locales ont le sentiment que cette réalité mondiale n’est pas arrivée dans notre lagon.

ENTRE CARCANS ADMINISTRATIFS ET BALLON D’OXYGÈNE
La croissance des entreprises, dans tous les pays du monde, Chine comprise, est favorisée par un desserrement de l’étau étatique réglementaire et administratif. L’échec du modèle marxiste est un des grands événements économiques du siècle dernier. La globalisation est venue conforter, voire imposer, un vent de liberté en faveur des entreprises.

En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, les entreprises ont davantage besoin de liberté que de contrôle. Face à elles, un grand mot : la compétitivité. Or, réduite au contrôle des marges, elle sera une caricature. En revanche, étendue aux vraies attentes des entrepreneurs, elle se rétablira. En matière d’amélioration de la compétitivité, les Calédoniens ont chaque jour à leur disposition 3 exemples sous les yeux : les trois entreprises métallurgiques …

5 POLITIQUES PUBLIQUES POUR « BOOSTER » LA CROISSANCE
Presqu’indépendante comme l’établit son statut particulier, la Nouvelle-Calédonie possède tous les outils requis pour construire son modèle de développement. L’affirmer dans des déclarations d’intention, c’est de l’incantation et de la communication. L’inscrire dans ses politiques publiques, c’est passer à l’action.

Cinq politiques publiques sont essentielles pour inscrire la Calédonie dans un nouveau modèle de développement : la fiscalité, la réglementation économique, la réglementation du travail et de l’emploi, la formation initiale, continue et professionnelle et enfin, les investissements publics.

Il est indispensable, en quelque sorte, de conjuguer règles, investissements et capital humain pour « booster » la croissance. Une exigence, donc : « calibrer » ces 5 politiques publiques pour faciliter au mieux la croissance des entreprises calédoniennes, tout en respectant l’intérêt général.

LES GRANDS ABSENTS DANS LES POLITIQUES PUBLIQUES
Or, le premier grand absent de ces politiques publiques est évidemment l’analyse, la proposition et l’affirmation que les « programmes » et les « actions » contenues dans le budget vont faciliter la croissance des entreprises. Fiscalité et réglementations adaptées, code du travail simplifié et allégé, investissements publics ciblés, tout cela nécessite une mise à plat conjuguée avec une vraie concertation. Loin du copié-collé présenté, à l’exception des simplifications administratives engagées.

Le second absent est la rigueur. Lorsqu’il s’agit de réduire la dépense publique, … on ne l’augmente pas. Bien sûr, les recettes en diminution ainsi que les conséquences de « l’effet cliquet » pour les communes ont réduit, de fait, les dépenses. Mais il est prévu 23 recrutements …

Redéploiements, retour au cœur de métier devront devenir des règles.

Dans le même esprit, la dépense publique comprend celles liées à la santé et aux régimes sociaux. La « nouvelle » politique publique doit fixer un objectif de maîtrise et de réduction. Bien sûr, il y a « Do Kamo ». Mais l’urgence est absolue. Si le retour à l’équilibre du Ruamm va faire l’objet de propositions drastiques, tout le reste doit suivre sans délai car il existe un réel risque de faillite.

Troisième absent : l’exemplarité. Ainsi, par exemple, la collectivité doit être un bon payeur. Ce n’est toujours pas le cas, en dépit des bonnes résolutions déjà affichées. Que comprend le contribuable mis en demeure par le fisc pour retard d’impôt, quand lui même n’est toujours pas payé par la puissance publique ? Ainsi, par exemple, comment afficher une solidarité handicap lorsque la politique publique n’impose pas aux services publics l’obligation d’emploi de handicapés ?

3 SEMAINES ET 6 MOIS
Le délai réduit entre la sortie de crise institutionnelle et le délai de vote du budget explique-t-il tout ? Certainement pas.

Dans la machine administrative parfois bien huilée, la préparation du projet de budget de l’exercice suivant commence dès le mois de juin de l’année en cours. Cette préparation doit obéir à une « lettre de cadrage » fixant l’ensemble des objectifs budgétaires, limites de hausses comprises.

Le gouvernement doit ensuite effectuer ses arbitrages. Secteur par secteur d’abord, en formation collégiale ensuite. Le cas échéant, et pour des raisons majeures, il peut choisir de faire voter les textes fiscaux avant la fin de l’année calendaire, mais se donner le temps d’une réflexion dans un contexte de crise économique, par exemple. Le Congrès, souverain en matière budgétaire, peut se réunir en session extraordinaire.

La date choisie a pourtant quelques vertus, et notamment de permettre l’exécution budgétaire normale des provinces et des communes. Ce calendrier laissera peut être davantage de latitudes pour traiter les problèmes immenses qui sont pendants : les régimes sociaux, la TGC, la situation de Vale NC, la maîtrise des dépenses de santé, la loi « compétitivité » et le reste. Et même peut être, pour mettre en œuvre un nouveau modèle de développement. Qui sait ?

POLÉMIQUE CRE/IRCAFEX : QUI BATTRA EN RETRAITE ?

Trop forts, en Calédonie. Grâce à nos fins limiers, on a enfin découvert un régime social qui n’est pas déficitaire ! Manque de bol, il est en métropole parce que ces satanéspartenaires sociaux  avaient signé avec la CRE/IRCAFEX. Résultat : cotisations = 28 milliards, retraites versée, 8 milliards. Un petit « gras » de 20 milliards …

Mais bon sang, mais c’est bien sûr. Justement, nos budgets sont dans le rouge, les régimes sociaux dans le rouge foncé, le Ruamm en faillite …

Acquis sociaux hurlent employeurs et syndicats. A qui l’argent, demandent nos édiles ?

Bien sûr, les partenaires sociaux -gonflés, ceux-là, de se qualifier de « partenaires »- prétendent que la caisse de retraite Cafat, NOTRE caisse, sera bientôt déficitaire, et que la Calédonie lui doit 5 milliards. Quel mauvais esprit !

Et qui va payer et sur quelles réserves, lorsque le nombre de cotisants Calédoniens sera égal ou inférieur au nombre de retraités et que viendra la disette ? demandent ces insolents.

Réponse imparable : on a le temps. Peut être la prochaine génération, peut être celle d’après …

Gouverner c’est prévoir. Mais pas trop longtemps à l’avance, tout de même.

Vilain canard

HUMEUR – VOUS AVEZ DIT LAXISME ? DÉLINQUANCE, ALCOOL AU VOLANT : IL Y A UN HIC !

Thio. Une commune qui n’a jamais vraiment retrouvé son calme et sa sérénité depuis les événements dramatiques de novembre 1984. Le village en porte encore quelques stigmates. Pourtant, au sein de la population, l’envie de vivre normalement semble avoir repris le dessus. Mais la délinquance met ces bonnes volontés à mal.

Pourtant, après le meurtre de Laurent Fels en janvier 2016, après les agressions violentes également en janvier 2016, après l’incendie du collège, après les multiples dégradations de véhicules, notamment de la SLN, les nombreux cambriolages et autres exactions, les autorités s’étaient manifestées en grandes pompes.

LE CLSPD : UNE GARANTIE QUE RIEN NE VAS CHANGER ?
On avait même installé, avec beaucoup de solennité, un Comité Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD). Avec le déplacement de toutes les huiles de toutes compétences sur place. On allait voit ce qu’on allait voir, scrongneugneu.

Un peu avant, ou un peu après, le même cérémonial s’était déroulé à Canala. Réponse supposée proportionnée aux graves actes de délinquance qui s’y étaient déroulés, notamment sur la mine Ballande de Nakéty.

Le CLSPD. L’arme lourde contre les délinquances en tout genre. Des troubles répétés dans une commune ? Des habitants qui ne savent plus à quel Saint se vouer ? CLSPD. La réponse ultime, le terminator des voyous.

Euh, seulement sur le papier, à la télévision, à la radio et dans les journaux. Parce que sur le terrain, après, c’est exactement comme avant … Le CLSPD, un genre de garantie que rien de va se passer !

D’ailleurs, depuis que les CLSPD ont été installés à Thio et à Canala, c’est le changement … dans la continuité : cambriolages, vols, dégradations, voitures incendiées. La preuve : la douzaine de véhicules détruits à la SLN de Thio pendant les Fêtes, les dégradations sur les véhicules et les engins sur la mine Ballande à Nakéty. Et depuis des mois, des employés qui n’habitent plus dans la commune.

ABUS D’ALCOOL AU VOLANT : PAS DE CONTRÔLE D’ALCOOLÉMIE. Y A UN HIC !
Le CLSPD, c’est d’ailleurs du même acabit que la lutte contre les abus d’alcool au volant. La Calédonie est championne des « plans », des « Assises », et plus récemment, des « grandes causes » dont la mise en œuvre enthousiaste s’éteint au lendemain des annonces !

Tenez, il y a quelques jours à peine, on annonce que la lutte contre l’alcoolisme est désormais une « grande cause ». En pleine Fêtes de fin d’année, tout le monde se dit que l’effet d’annonce va être suivie de ce qui est le plus efficace dans toutes les sociétés du monde : des contrôles. Et en matière routière, des contrôles d’alcoolémie.

Et bien non. Pas de contrôles. En Calédonie, on fait confiance au civisme des citoyens. C’est plus sûr …

La lutte contre la délinquance, la lutte contre les abus d’alcool, ce ne sont pas des grandes causes. Ce sont de grandes causeries …

Vilain Canard

SÉCURITÉ ROUTIÈRE : TOLÉRANCE ZÉRO POUR LES JEUNES CONDUCTEURS – Baisse des tarifs de l’OPT – Lloyd Foord gagne un billet pour Paris grâce au Tour cycliste Air France – Plus que quelques jours pour s’inscrire sur les listes électorales

Les brèves d'actu

LE GOUVERNEMENT RENFORCE LES MESURES DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE – Plusieurs mesures ont été arrêtées au cours de sa réunion d’hier dans le secteur animé par Cynthia Ligeard. En particulier, pour les conducteurs ayant un permis de moins de 2 ans, la tolérance d’alcoolémie a été réduite à 0,2g, un taux que l’absorption d’une bière fera dépasser !

PLUS QUE QUELQUES JOURS POOUR S’INSCRIRE SUR LES LISTES ÉLECTORALES et la date butoir a été fixée au 30 décembre en raison du calendrier.

BAISSE DES TARIFS DE L’OPT qui concernent Internet, avec également une offre à 1.800 frs/mois pour les 18-25 ans en téléphonie mobile pour un accès téléphonie mobile avec SMS illimités, internet et un temps de communication. L’OPT annonce également une offre en direction des seniors au cours de 2018.

TOUR AIR FRANCE : LlOYD FOORD DE OUEGOA GAGNE LE BILLET POUR PARIS – C’est le vainqueur du concours de pronostics du Tour Air France de Nouvelle-Calédonie joué sur les antennes radio de NC1ère. Lloyd Foord est le fils de Didier Foord, ancien cycliste, habite Ouégoa et travaille à Koumac.

 

MANUEL VALLS SALUE LE DÉPLACEMENT DE MACRON EN CALÉDONIE ET CONFIRME SA PRÉFÉRENCE FRANÇAISE POUR LA CALÉDONIE – Moins de députés et de sénateurs pour la Calédonie ? – IRPP : délai repoussé – Conflit des cliniques : Claude Evin est arrivé

VALLS SALUE LE DÉPLACEMENT DE MACRON À OUVÉA ET CONFIRME QU’IL EST FAVORABLE AU « NON » À L’INDÉPENDANCE au cours d’un entretien dans l’émission Outre-Mer Politique et à France Ô.

« Manuel Valls estime que le chef de l’Etat avait « trouvé les mots et les gestes » appropriés lors de son déplacement sur le Caillou, à six mois du référendum. « Il a eu raison de se rendre à Ouvéa, il fallait rendre hommage à tous les morts. Et il a trouvé les mots, et les gestes nécessaires« . (Outre-mer1)

Par ailleurs  l’ancien Premier ministre a confirmé sa position sur le referendum, exprimée lors des « Essentiels » du Congrès : « Moi, j’ai mon avis, je pense qu’il faut que la Nouvelle-Calédonie garde son lien avec la France« 

IMPOTS : DÉLAIS DE TÉLÉDÉCLARATIONS  REPOUSSÉS en raison de difficultés d’accès au site de la Direction des Services Fiscaux. Sursis de 7 jours pour les contribuables de Nouméa, en raison d’un embouteillage au dernier jour.

MOINS DE DÉPUTÉS ET DE SÉNATEURS POUR LA CALÉDONIE ? C’est l’enjeu local des projets de lois organique et normale que le Congrès examine depuis hier après midi, lois sur lesquelles il est consulté pour avis. La décision du gouvernement central sera connue ultérieurement quant au nombre maintenu ou non du nombre de parlementaires calédoniens.

Ces réductions ont été voulues par le Président de la République : de 577 députés à 404, et de 348 sénateurs à 244. Les dispositions concernent également l’introduction d’une dose de proportionnelle, et la limitation à 3 le nombre de mandats successifs.

Le Congrès est majoritairement opposé aux réductions proposées, à la proportionnelle, ainsi qu’à la limitation du nombre du mandats successifs pour les présidences du Congrès et du gouvernement.

CLAUDE EVIN EST ARRIVÉ pour tenter de trouver une solution au conflit entre le gouvernement et les cliniques privées. Il a déjà entrepris ses consultation.

PRIX À LA HAUSSE EN AVRIL – 0,2% en moyenne, une augmentation tirée par … la décision des autorités concernant l’alcool. Mais les produits alimentaires, des services et de la restauration sont également en hausse.

L’AUSTRALIE CRÉE SON AGENCE SPATIALE dans le but de devenir compétitive en matière d’économie spatiale. Ambition : 20 000 emplois à l’horizon 2030.

INTERVENTION INTERNATIONALE DE KONÉ À POUM en raison d’une catastrophe naturelle. Ce sera le job des 1900 militaires d’une force internationale engagée dans l’exercice annuel Croix du Sud.

LA LOW COST PACIFIC BLUE AUTORISÉE À TONTOUTA – Mais … c’était en 2004

Alors que la low-cost française « Blue Bee » vient de se poser à Papeete, beaucoup imaginent que cela n’est pas possible à Tontouta en raison d’un « monopole » d’Aircalin. Or, ce monopole est imaginaire. De fait, dès 2003, l’aviation civile australienne « avait mis sur le marché » deux rotations en faveur de Virgin Blue, qui était alors une compagnie low-cost. En août 2004, sur proposition de Didier Leroux, alors « ministre des transports » dans le gouvernement Thémereau, le gouvernement avait approuvé les tarifs de Pacific Blue Airlines -Virgin Blue-, ouvrant le ciel calédonien à la compagnie australienne. La low cost n’est jamais venue, ni elle, ni une autre. Éclairages.

DES ALLERS SIMPLES SUR INTERNET
Les tarifs approuvés par les autorités locales étaient de 14 900f à
47 000f pour un trajet vers Brisbane, avec une possibilité de continuation vers Sydney, Perth, Rockhampton, Townsville et Cairns.

Pacific Blue n’envisageait que la vente d’allers simples, dans les deux sens, bien entendu, accessibles sur Internet.

« C’est une bonne nouvelle pour les Calédoniens, avait déclaré Didier Leroux, qui auront désormais accès à une offre plus diversifiée pour aller en Australie. Le marché va sans doute s’accroître en faisant voyager des gens qui ne voyageaient pas auparavant. »

MAIS ELLE N’EST JAMAIS VENUE
Las, la compagnie low-cost n’est jamais venue. Alors qu’elle affrontait, à cette époque, une réaction vigoureuse d’Air New Zealand sur la liaison Australie-Nouvelle-Zélande, elle a estimé que la desserte de la Nouvelle-Calédonie était finalement insuffisamment  intéressante.

DES COMPAGNIES QUI SE RETIRENT OU NE VIENNENT PAS EN RAISON D’UN TRAFIC INSUFFISANT
Depuis, aucune compagnie n’a manifesté son intérêt pour notre destination. Et aucun gouvernement ne s’est opposé à une quelconque demande de touchée à Tontouta, qu’il s’agisse de compagnies low-cost ou non.

Ainsi, Air Austral avait, non seulement été autorisée, mais avait reçu des encouragements concrets de la part des autorités calédoniennes. Elle s’est retirée de la ligne, tout comme avant elle Air Micronesia, AOM, Corsair, ou encore Air France-qui a conservé cependant son « pavillon » en retirant simplement ses avions-, toutes, pour des raisons économiques.

La réalité, c’est qu’une compagnie aérienne vise naturellement une desserte qui génère des profits. Aucune n’a encore manifesté son désir de se poser à Tontouta dans le but de perdre de l’argent, juste pour faire plaisir aux Calédoniens !

PAS D’ILLUSIONS, AVEC UN TOURISME QUI PLAFONNE À
100 000 TOURISTES DEPUIS 15 ANS

Pas de perspective de profit, pas de compagnie aérienne nouvelle. Et comme la démographie calédonienne n’est pas galopante, seule l’activité touristique est susceptible d’apporter un flux intéressant de clientèle supplémentaires.

En Polynésie, le potentiel de chambres disponibles et l’attractivité de la destination ont été jugés suffisants par Blue Bee pour ouvrir une desserte.

En Nouvelle-Calédonie, aucun nouvel hôtel n’a été construit à Nouméa, et en dehors des passagers venant de Wallis, Port Vila et Papeete, le « vrai » flux touristique plafonne aux alentours de 100 000 touristes depuis 15 ans.

Une situation peu propice pour attirer une compagnie nouvelle.

ÉBOULEMENT SUR LA RP1, LA CIRCULATION A ÉTÉ RÉTABLIE DIMANCHE – 1900 militaires engagés dans l’exercice « Croix du Sud » – 16 000 visiteurs à la Fête de Boulouparis – Le terroriste de Paris était fiché « S »

LA RP1 COUPÉE PAR UN ÉBOULEMENT pendant près de 24h. Cet événement qui s’est produit au Pont des Français samedi, n’a pas fait de victime. Deux personnes ont été légèrement blessées et la circulation a été rétablie en fin de week end.

SUCCÈS POUR LA FÊTE DE BOULOUPARIS qui a accueilli 16 000 personnes durant le week end.

1900 MILITAIRES FRANÇAIS ET ÉTRANGERS sont engagés dans l’exercice annuel « Croix du Sud ».

NICOLAS N’GODRELLA CHAMPION de Nouvelle-Calédonie par forfait, l’autre finaliste étant indisponible pour des raisons professionnelles, et N’Godrella étant lui aussi pris dans un tournoi à la date du report possible de la finale.

TOURNAGE DE KOH LANTA ANNULÉ alors que la célèbre émission de téléréalité était filmée à Fidji. C’est l’agression sexuelle présumée d’un candidat sur une candidate de Koh Lanta qui a justifié l’annulation.

LE TERRORISTE DE L’OPÉRA ÉTAIT FICHÉ « S » – C’est un jeune Français originaire de Tchéchénie. Il était sous surveillance. Un dispositif dont l’efficacité est dénoncée par plusieurs élus d’opposition.

Rappelons qu’aux environs de 20 h 40 samedi soir, un homme a commencé à attaquer des passants avec un couteau. L’attaque s’est déroulée entre la rue Saint-Augustin et la rue Monsigny, dans le 2arrondissement de Paris, à proximité de l’Opéra Garnier. Il s’agit d’un quartier touristique de bars, restaurants et théâtres, très fréquenté le samedi soir.

FÊTE DE BOULOUPARIS CE WEEK END – La CPME s’inquiète de certaines mesures de réforme de santé – Une dizaine d’élus de Calédonie Ensemble optent pour Macron – RRB : le jeu « Carte Chance » a démarré

FÊTE DU CERF ET DE LA CREVETTE À BOULOUPARIS mais qui s’appelle désormais la Fête de Boulouparis. Lancée par le maire Alain Lazare il y a 22 ans, ce rendez-vous de la Brousse et de l’agglomération connaît chaque année un succès qui ne s’est jamais démenti.

A noter le concours de dépeçage de cerf, et le concours .. de « bouffage » de saucisson.

LA CPME INQUIÈTE de certaines mesures proposées dans le cadre de la réforme du système de santé rédigée par le gouvernement. Elle estime que plusieurs augmentations sont « inacceptables » notamment, celle qui vise les travailleurs indépendants. Pour l’organisation, augmenter le coût du travail n’est guère conforme à l’amélioration de la compétitivité des entreprises.

PLUSIEUR ÉLUS DE CALÉDONIE ENSEMBLE ADHÈRENT À « EN MARCHE » – Ils se déclarent séduits par le programme du Président de la République. Ils rejoignent ainsi Sonia Lagarde et Christopher Gyges (Républicains Calédoniens), qui avaient adhéré à ce parti depuis plusieurs mois.

La dizaine d’adhérents n’engage pas leur mouvement, et surtout leur dirigeants qui sont déjà inscrits dans des mouvements centristes à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

LE JEU « CARTE CHANCE » DE RRB A DÉMARRÉ – C’est le plus important jeu radiophonique du territoire avec une voiture comme premier lot (Hickson), un collier de perles de Tahiti en second prix (Creator), et une croisière Sydney-Melbourne (Pacifique Lagon) comme troisième gros lot, ainsi que de nombreux prix.

OCEANIA D’ATHLÉTISME : LA CALÉDONIE 3ème avec 20 médailles, dont 6 en or – La rencontre se déroulait au Vanuatu. Devant elle, l’Australie et le Vanuatu.

BIÈRE SANS ALCOOL ! RÉACTION IMMÉDIATE DE LA GBNC

Finalement, ce sera un contrat gagnant-gagnant. Devant la perspective de baisser le degré d’alcool pour faire entrer les bières dans les boissons alcooliques, et en interdire la vente dans un certain nombre d’enceintes, les producteurs réagissent.

En particulier, le gouvernement envisage de fermer la vente des boissons dont le taux d’alcool est inférieur à 2% dans des endroits comme des snacks à proximité d’installations sportives.

Les  pratiquants de tennis et autres sportifs qui transpirent abondamment, aiment pourtant prendre une bière fraîche après l’effort. Sans pour autant se soûler, nuire à leur santé, ou perturber la tranquillité publique.

La Grande Brasserie de Nouvelle-Calédonie n’est, en tout cas, pas entrée dans ce débat. Ces entreprises doivent payer leurs charges sociales, rémunérer leurs personnels, et faire de bénéfices, ce qui, outre les dividendes versés à ceux qui prennent des risques financiers privés, permet à la collectivité de récupérer des impôts.

C’est donc une bière sans alcool qui est désormais commercialisée. Elle a l’aspect, la mousse, et pratiquement le goût de la bière avec alcool. Mais point d’alcool dans sa composition, ce qui ne l’empêche d’être délicieusement rafraîchissante.

La commercialisation va certainement connaître un succès mérité. Le gouvernement devrait être satisfait. Du moins partiellement.

Il pourra se réjouir d’une baisse de consommation de boisson alcoolique. En revanche, avec la baisse d’achat d’alcool, et dans l’hypothèse du succès de ces bières, le rendement de 6 milliards de recette budgétaire devrait quelque peu s’éloigner …

LA SITUATION EN EUROPE
En Espagne, les bières sans alcool représente 8% du marché. En France, un petit 2% des volumes. Dans ce segment se côtoient Buckler (Heineken), Kro Pur Malt (Brasseries Kronenbourg), quelques autres marques et MDD et depuis peu, Wit 0,0% et Wit Fruity Rosé 0,0% (Bavaria).

Les Brasseries Kronenbourg (BK) ont lancé une deuxième marque sur ce segment, 1664 sans alcool. Une mousse dont la fermentation a été stoppée au bout de trois jours (au lieu de 8 jours pour une bière classique) pour que le taux d’alcool n’atteigne que 0,5°.

La législation française autorise l’appellation « bière sans alcool » pour tout produit brassé titrant moins de 1,2° mais Kronenbourg a souhaité aller plus loin dans le but d’exporter cette nouveauté.

DÉCÈS DE MICHEL LEVALLOIS QUI FUT SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CALÉDONIE

Photo Académie des Sciences d’Outre-Mer

C’est en 1969 que Michel Levallois fut affecté en Nouvelle-Calédonie. Il participa, avec le Haut Commissaire Louis Verger, qu’il avait secondé alors que ce dernier était préfet à Alger, à la gestion du « Boom économique » de l’époque. Il quitta le territoire en 1974.

En 1984, au début des événements, il était Directeur des Affaires Politiques au ministère de l’Outre mer. Il fut ensuite régulièrement consulté sur le dossier calédonien par les instances parisiennes.

Proche de Michel Rocard, il avait été souvent en contact avec Jean-Marie Tjibaou lors des discussions à Matignon en 1988, discussions qui s’étaient conclues par le fameux accord.

Alain Rollat lui consacre un long article dans Le Monde.

Michel Levallois s’est éteint à Paris le 29 avril à l’âge de 84 ans.

Biographie – Académie des Sciences d’Outre-Mer
Michel Levallois (né le 16/01/1934 à Paris et mort le 29/04/2018 à Paris) est titulaire d’une licence en droit, d’un DES en sciences économiques, d’un diplôme de Coopération crédit et mutualité agricole. Il soutient sa thèse de doctorat en histoire (études arabes) à l’Institut national des langues et civilisations orientales (1999), sur La genèse de l’Algérie franco-musulmane d’Ismaÿl Urbain (1812-1884).

Il est affecté au Niger, comme chef adjoint au cabinet du gouverneur (1957). Il exerce à Saint-Maixent, puis en Algérie, comme officier de section administrative spécialisée (1958-1960). Il assure les fonctions de chef de cabinet du préfet d’Orléansville (Algérie), Louis Verger (1960-1962), puis de chargé de mission au cabinet du délégué général à Alger, Jean Morin (1961-1962).

De retour en France, il est nommé sous-préfet de La Châtre (1962-1964), de Villeneuve-sur-Lot (1964-1967) et de Provins (1967-1969). Affecté en Nouvelle-Calédonie, il occupe le poste de secrétaire général du Territoire (1969-1974) avant d’être nommé directeur du cabinet du secrétaire général du gouvernement Marceau Long (1974-1978). Préfet de la Haute-Marne (1978-1981), il poursuit sa carrière comme préfet de Région de la Réunion (1981-1984) puis comme directeur des affaires politiques (1984-1986), placé en position de hors-cadre (1986) au ministère des DOM-TOM.

Il reçoit une affectation au cabinet de Philippe Seguin, alors ministre des Affaires sociales et est nommé chef de la mission pour l’emploi des jeunes et les travaux d’utilité collective (1987). Il occupe le poste de président (1957) de l’Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (ORSTOM, aujourd’hui IRD) où il fait deux mandats. Il demande à bénéficier de sa retraite au 1er janvier 1995. Il exerce alors plusieurs mandats d’administrateur et de président dans des institutions publiques et privées en relation avec l’Afrique subsaharienne : Université francophone Léopold Senghor d’Alexandrie, ONG Enda Tiers monde et Enda Europe et Comité international de la fondation de France.

Enfin, Michel Levallois est élu membre titulaire de la 5e section de l’Académie des sciences d’outre-mer le 02/12/1994.

LE CENTRE SLN DE KOUAOUA POURRAIT FERMER – LA « SERPENTINE » À NOUVEAU INCENDIÉE

Image d’archives

Le Maire de Kouaoua est en colère. Lundi soir, un nouvel incendie criminel a eu pour cible le grand tapis roulant de la mine SLN de Kouaoua. C’est le quatrième acte du genre, le dernier étant encore tout récent. Menace de fermeture.

Cette fois, les criminels s’en sont pris à la partie du tapis qui chemine dans la plaine, sur 60 mètre environ.

La fermeture du site est à l’ordre du jour.

La dernière réparation a coûté 110 millions à la société. Une société qui, rappelons le, fonctionne grâce à un emprunt de plusieurs dizaines de millions, et qui n’est pas encore sortie de ses difficultés financières.

Pour Alcide Ponga, maire de la commune, cette fermeture serait un coup mortel à la région de Kouaoua, mais affecterait également les zones de Canala et de Houailou. Ce sont entre 250 et 350 emplois qui sont en jeu.

Cette activité irrigue en effet toute l’économie régionale grâce à ses effets indirects et induits.

Selon toute vraisemblance, les auteurs des faits sont des habitants de la région. A l’évidence, ils bénéficient d’une « omerta » de la part de la population, du moins de celle qui connait les criminels.

La suite de l’exploitation, et donc l’avenir de Kouaoua est entre leurs mains. Le risque est en effet que la SLN souhaitera des garanties de sécurité pour ses équipements avant de relancer son activité, pourtant nécessaire à l’alimentation des fours de Doniambo.

Cette incidence éventuelle, sur le fonctionnement de l’usine et le plan performance, n’est pas encore connue.

LA GRÈVE DES CLINIQUES SUSPENDUE – Trois morts sur la route – Le Président de la République a achevé sa visite après un important discours à Nouméa

LA GRÈVE DES CLINIQUES SUSPENDUE après un protocole signé dimanche à midi entre les syndicats et le gouvernement.

Cette phase de mise en parenthèse du conflit prend en compte la mission prochaine du médiateur Claude Evin, et les conclusions qu’il présentera à l’issue.

Le retour à la normale est attendu pour mercredi.

TROIS MORTS SUR LES ROUTES, et la liste s’allonge. Un accident samedi soir à Bourail, près de Téné, a fait deux jeunes victimes. Un second accident a eu lieu à Houailou où le conducteur a été tué dans le choc contre un talus.

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A ACHEVÉ SA VISITE en Nouvelle-Calédonie. Samedi soir, après avoir remis l’original de l’acte de la prise de possession au gouvernement, il a délivré un important discours auThéâtre de l’Île.

Il a regagné Paris dans la nuit. Lire le décryptage de son discours dans noumeaPost.

SUCCÈS POUR LA KERMESSE DU SECOURS CATHOLIQUE, événement traditionnel qui permet la récolte de moyens pour l’association caritative.

DISCOURS DE MACRON À NOUMÉA : DÉCRYPTAGE EN 10 POINTS

Quels sont les éclairages que le Président de la République a voulu apporter sur sa perception du contexte calédonien ? Quelle est sa position intime sur le referendum d’autodétermination ? Quel rôle la France veut-elle jouer en Asie Pacifique ? Les réponses étaient présentes dans son remarquable discours prononcé samedi soir, au Théâtre de l’Île, à Nouméa. Décryptage.

Point n°1 – Réconcilier tous les passés pour se projeter dans l’avenir
Quand le Président parle du passé, c’est pour « la réconciliation des mémoires et des racines« , « pour se décharger d’un fardeau« , mais dans une perspective plusieurs fois répétée :  » se projeter dans l’avenir« . Le cœur de son discours réside dans ce tryptique : Emmanuel Macron se situe déjà dans l’après referendum. En clair, il a un coup d’avance !

Point n°2 – Tourner la page de colonisation qui fait place à un choix libre et démocratique
Il reprend les thèmes du préambule de l’Accord de Nouméa des « ombres et des lumières« , « sans déni et sans repentance« , mais pour indiquer que l’échéance du 4 novembre, doit tourner la page de la colonisation. Et une fois encore, se projeter vers l’avenir.

Dans cet esprit, la restitution de l’acte de prise de possession n’est pas un renoncement. Il marque la fin d’une « décision unilatérale » pour faire place à « un lien réinventé« . En clair, l’acte de colonisation va faire place à un libre choix démocratique. C’est, en quelque sorte, au travers du referendum d’autodétermination, l’ultime étape de la décolonisation.

Or, le scrutin d’autodétermination est organisé avec la participation de l’ONU. Le Président ne pourra manquer de présenter son résultat à l’instance internationale, et au cas où le choix des Calédoniens serait de demeurer dans la France, de faire constater leur choix libre et démocratique de décolonisation …

Point n°3 – Chacun a sa place place dans l’avenir de la Nouvelle-Calédonie
Dans le cheminement de l’Histoire de la Nouvelle-Calédonie, jalonné « d’étapes« , il indique que tous ont leur place dans cet avenir, dans une énumération sans faille. Un peu à la manière de Paul Dijoud, un ancien ministre de l’Outre mer, qui, lors de ses visites,  s’adressait à chaque composante de la société calédonienne.

Il nu manque pas d’inclure, dans la société locale, les « pieds noirs et des harkis« . Une attention à l’égard de ceux qui furent particulièrement choqués par les déclarations du candidat Macron en Algérie, parlant de crimes contre l’humanité lors de la colonisation.

Kanak, pionniers, missionnaires, ouvriers des mines, commerçants, personnels de santé, militaires, pieds noirs et des harkis « arrivés dans l’angoisse des événements en Algérie« , européens, hommes et femmes venus du Pacifique. « C’est cela, la Nouvelle-Calédonie« .

Point n°4 – Referendum : le Chef de l’Etat ne prend pas parti, mais … exprime son sentiment
Président de la République, il indique qu’il se gardera de prendre parti pour le referendum, parce « ce n’est pas au Chef de l’Etat de prendre position sur une question qui n’est posée qu’aux seuls Calédoniens« . C’est sans appel.

MAIS, de manière subliminale et romantique, il indique clairement sa préférence par deux formules habiles, après avoir rappelé les sacrifices et les liens de sang entre la France et ce territoire lointain : « La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie« . « Sans la Calédonie, la France ne serait pas la même« .

Point n°5 – Un processus dont la France est fière
Le Chef de l’Etat a voulu rappeler le processus exemplaire de la Nouvelle-Calédonie -Accords, Institutions, rééquilibrage-, fierté de la France, et processus inventé et admiré par le monde entier, affirme-t-il. En en attribuant une partie de la paternité aux Calédoniens.

Point n°6 – Des noms cités : choisis avec soin …
Quelques noms ont été cités, par le Président de la République : les « géants », Jacques Lafleur et Jean Marie Tjibaou, puis Marie-Claude Tjibaou, Isabelle Lafleur qu’il a remerciées pour la poursuite d’un engagement, Jacques Iekawe, Jean Lèques et encore Christian Karembeu.

Point n°7 – La souveraineté dans la souveraineté
« La souveraineté dans la souveraineté » : les Calédoniens vont s’exprimer souverainement le 4 novembre prochain, une expression s’inscrivant dans la souveraineté de la France.

Le Président évoque également, à plusieurs reprises, un autre type de souveraineté : la souveraineté économique ou encore la souveraineté énergétique. Mais pas d’équivoque constitutionnelle qui irait au delà du concept de la « souveraineté partagée » inscrit dans l’Accord de Nouméa.

Point n°8 – La « stratégie Indo-Pacifique » de la France
Géopolitique, Economie, lutte contre le Réchauffement Climatique sont au cœur de la stratégie Indo-Pacifique développée par Emmanuel Macron, probablement en Australie la semaine dernière et à New Delhi lors de son récent voyage en Inde.

Le Président de la République énonce clairement un « axe Paris-New Delhi-Canberra« .

Territoires français du Pacifique et de l’Océan Indien, présence militaire, échanges économiques et désormais seule porte de l’Europe depuis le retrait de la Grande-Bretagne, Cop21 et leadership pour la lutte contre le réchauffement climatique, remise en cause d’accords économiques conclus avec les USA en cette zone du monde, voilà les éléments qui justifient une « nouvelle ambition » pour la France : ce que le Président désigne par la « stratégie Indo-Pacifique« .

Point n°9 – Le Président inscrit déjà la Nouvelle-Calédonie dans la « stratégie Indo-Pacifique »
Le jour d’après, la vie continuera. Apprenez à conjuguer au futur, dit le Président, plutôt que l’imparfait. C’est sur ce chapitre qu’il laisse percer une pointe d’enthousiasme. Il décrit l’avenir de cette région du monde, et surtout l’ambition de la France qui demeure la seule puissance européenne présente. « La Chine est en train de construire son hégémonie« . Partenaire, certes, mais « si nous ne nous organisons pas, cette hégémonie réduira nos libertés« . Et d’intégrer la Nouvelle-Calédonie dans le grand projet de la France en « Indo-Pacifique ».

Dans cette ambition, la Nouvelle-Calédonie doit organiser et développer son développement économique, « sa souveraineté économique« , que le Président inclut dans sa « stratégie Indo-Pacifique » : les filières de services, les filières industrielles, l’entreprenariat, la filière numérique, le bois, l’énergie, la mer, la pêche, et bien sûr le nickel. « Penser le développement économique, c’est aussi penser le tourisme« .

En clair, et sans cruauté, ce qui reste à faire, et donc, qui n’a pas été fait …

La lutte contre le réchauffement climatique, en partenariat avec nos grands voisins, demeure un projet porté par la France. Le Président a souligné cette ambition pour le Pacifique, nourrie « des pratiques ancestrales », et mariées avec les innovations du 21e siècle.

Dans cette ambition, Emmanuel Macron pratique habilement la conjugaison du projet de la France en y associant directement la Nouvelle-Calédonie de l’après-referendum. « Nous pouvons faire davantage » et non pas, « vous pouvez faire davantage« .

Point n°10 – Nouvelle-Calédonie, Terre de Regards
Terre de Parole, Terre de Partage : à la devise de la Nouvelle-Calédonie, le Président de la République ajoute une autre locution.

« C’est une Terre de Regards », a-t-il conclu, en évoquant sa perception des émotions ressenties, et qu’il a constatées lors de son séjour. Et une nouvelle fois, l’allusion au jour d’Après : « J’aimerai que ces regards se tournent vers l’avenir. » Tout, ou presque, est dit dans cette conclusion.

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