ROCH WAMYTAN RÉÉLU À LA PRÉSIDENCE DU CONGRÈS

C’est fait. Les indépendantistes occupent à la fois la présidence du gouvernement calédonien, et celle du « Parlement » local. Les non indépendantistes n’ont pas trouvé d’accord sur un candidat unique, et dès le premier tour, hier matin Boulevard Vauban, l’Eveil Océanien a apporté ses trois voix au candidat Roch Wamytan soutenu par l’ensemble des indépendantistes.

Dans la suite des opérations de renouvellement de ses instances, les équilibres entre les différents groupes politiques ont été respectés, mais la nouvelle majorité a renforcé sa représentation.

Si Caroline Machoro conserve la première Vice-Présidence, c’est Milakulo Tukumuli qui devient président de la commission permanente, Jean Creugnet, président de la Commission des Finances et du Budget, et Veylma Falaeo, présidente de la Commission de la fiscalité.

36 MILLIARDS POUR LA POLYNÉSIE : L’ENGAGEMENT DE MACRON

La Polynésie ne pourrait, en aucun cas, être décrite comme « une bande de terre, peuplée … ». Accueil chaleureux, affirmation d’une fierté d’être Français et d’être Polynésiens, nos cousins du Pacifique ont touché le président de la République « au cœur ». Mais pas que. Emmanuel Macron, à l’issue de son séjour, a procédé à des annonces fortes de soutien financier et économique au territoire français et s’est engagé à honorer « la dette de la Nation » sur les conséquences des essais nucléaires. Une atmosphère et des relations bien loin de celles offertes par la Calédonie. Différences.

PEUT ÊTRE MOINS 180 MILLIARDS POUR LA CALÉDONIE, ET SÛREMENT PLUS 40 MILLIARDS POUR LA POLYNÉSIE
Pendant qu’en Nouvelle Calédonie, pratiquement la moitié des électeurs veut tourner le dos à la France, et notamment, aux quelques 180 milliards qu’elle dépense localement, en Polynésie, le Chef de l’Etat a annoncé un prêt de 36 milliards, notamment pour la relance de l’économie. Qui s’ajoutent aux 70 milliards que l’Etat a concédé pour accompagner le territoire dans la crise sanitaire.

Bien entendu, la relation avec la France n’est pas qu’une question d’argent. C’est notamment ce que professent de nombreux théoriciens qui n’en manquent pas ! Malheureusement pour les peuples, pas de santé, pas d’enseignement, pas de protection sociale, et en général pas d’emplois sans argent.

DAVANTAGE DE DÉFISCALISATIONS POUR LES INVESTISSEMENTS
Pour mieux accompagner le développement du territoire en matière de pêche, de tourisme et de croisière, Emmanuel Macron s’est engagé à renforcer le dispositif de défiscalisation en faveur de la Polynésie dans ces secteurs. Rappelons que pour la Nouvelle Calédonie, ces aides directes de l’Etat représentent l’équivalent d’une subvention de 20 milliards, payée par le contribuable métropolitain.

Accompagné par plusieurs entrepreneurs dans le domaine du numérique, et alors que les conditions d’installation de et développement de ce secteur sont très favorables à Tahiti notamment, l’Etat accentuera son accompagnement, a promis le président de la République.

Il en sera de même pour l’agriculture polynésienne pour laquelle la France ouvrira davantage la Polynésie aux interventions de l’Europe.

LA POLYNÉSIE AU CŒUR DE L’AXE INDO-PACIFIQUE
Dans le Pacifique d’aujourd’hui, en proie aux confrontations de deux grandes puissances, « malheur aux petits, malheur aux isolés« , a rappelé le président de la République. La protection et la solidarité de la France sont en tout cas assurées pour les Polynésiens, qui vont se retrouver au cœur de l’axe Indo-Pacifique cher à Emmanuel Macron.

RETRAIT POSSIBLE DU SMA EN CALÉDONIE, UN RÉGIMENT SUPPLÉMENTAIRE EN POLYNÉSIE
Alors qu’en cas de victoire du « oui » le 12 décembre prochain, la France a officiellement indiqué que le SMA quitterait la Calédonie, c’est au contraire un nouveau régiment qui sera implanté dans les Tuamutu, sur l’atoll de Hao, a promis le Chef de l’Etat.

UN DISCOURS DE CAMPAGNE ÉLECTORALE
Au delà des engagements nouveaux de la France au bénéfice de la Polynésie, qui concernent également la culture, la lutte contre les violences faites aux femmes ou l’invitation au Forum Mondial de la Nature, le discours d’Emmanuel Macron a eu des accents de campagne électoral. La chaleur des mots, l’inclusion de l’archipel voisin dans un dessein national, les promesses qui répondaient aux attentes des autorités comme des associations de victimes des essais, avaient incontestablement, en arrière plan, la prochaine élection présidentielle.

De ce point de vue, le futur candidat Macron a été parfaitement à la hauteur.

L’UNIVERSITÉ DE NOUVELLE CALÉDONIE POURRAIT FERMER EN 2023

La situation de l’enseignement supérieur qui résulterait de l’accession de la Nouvelle Calédonie n’aurait rien d’exceptionnel par rapport aux situations analogues qui se sont déroulées aux Comores, à Djibouti, à Madagascar et dans la totalité des pays africains, ex-territoires français devenus indépendants.

Le document officiel de l’Etat le rappelle, tout en apportant les précisions propres à la Nouvelle Calédonie.

En ce qui concerne l’Université, l’établissement actuel fermerait à la proclamation de l’indépendance, en 2023, en cas de victoire du « oui » le 12 décembre. Les modalités particulières sur la date exacte pourraient être discutées pendant la période de transition de 18 mois prévue par la France.

Cette fermeture concernerait évidemment les deux sites de l’UNC : celui de Nouville, et celui de Baco.

LES COMPÉTENCES RELEVANT DE LA FRANCE
Actuellement, la France assure en Nouvelle Calédonie, comme sur l’ensemble du territoire français, les compétences suivantes :

  • l’enseignement supérieur et la recherche, pour un coût de 3,3 milliards à l’Université, et de 1,4 milliard pour le soutien aux étudiants
  • la collation des titres et la délivrance des diplômes d’enseignement supérieur

PAS DE DIPLÔMES FRANÇAIS POUR LES ÉTUDIANTS ACTUELS
En cas de victoire du « Oui » en décembre prochain, il y aura lieu de distinguer deux situations : celle des étudiants calédoniens en cours d’étude en métropole ou à l’étranger, et celle des étudiants en cours d’étude aux campus de Nouville et de Baco.

Pour ce qui concerne les étudiants en cours d’étude en Nouvelle Calédonie, au delà de la période de transition, le nouvel Etat étant alors compétent en matière d’enseignement supérieur, les diplômes délivrés seront ceux de Kanaky-Nouvelle Calédonie, et non plus français. Cela signifie, en clair, que seuls les diplômes acquis en 2022 seront reconnus par la France.

Pour les étudiants en cours d’étude dans l’Hexagone, sur un autre territoire français, ou dans un pays étranger, leur situation devra être réglée lors de négociations qui se dérouleront jusqu’en juin 2023, période dite de convergence, de discussion et de stabilité.

PERSONNELS D’ÉTAT AFFECTÉS AILLEURS OU EN DÉTACHEMENT
Pour les personnels relevant de l’Etat à l’Université, comme pour l’ensemble des personnels Etat, il leur sera proposé une nouvelle affectation sur un territoire français à l’issue de la période s’achevant au 30 juin 2023. Ces personnels pourront également solliciter un détachement pour rester en Kanaky-Nouvelle Calédonie, le nouvel Etat ou un organisme tiers assurant alors leur rémunération. Ils sont actuellement au nombre de 206.

LA POSSIBILITÉ DE CANDIDATER À DES ÉTUDES EN MÉTROPOLE SOUS LE STATUT D’ÉTRANGER
Les jeunes étudiants de Kanaky-Nouvelle Calédonie auront la possibilité de candidater à des études en universités françaises ou dans des grandes écoles françaises. Il leur sera appliqué alors le régime propre aux étrangers comprenant à la fois les autorisations de séjour en France, et les conditions d’inscriptions des étudiants étrangers dans les établissements souhaités.

LA DÉVOLUTION DES BÂTIMENTS DE L’UNC, À NOUVILLE ET À BACO
En cas d’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, la France et le nouvel Etat devront négocier la dévolution des bâtiments actuels à Nouville et à Baco. L’Etat a recensé ses propriétés immobilières et a annoncé que leur éventuelle cession au nouvel Etat ne serait pas gratuite. Les ensembles immobiliers concernés représentent ainsi plusieurs milliards de francs CFP.

i.Education/formation/insertion professionnelle / Page 21 du document de l’Etat sur les conséquences du Oui et du Non.

2021_consequences_OUI-NON

SUSPENSE POUR UNE PRÉSIDENCE DU CONGRÈS

Les non indépendantistes vont-ils parvenir à s’entendre ? Les partisans du maintien de la Calédonie dans la France, déjà quelque peu traumatisés par la « conquête » du gouvernement par les indépendantistes, espèrent que oui. Pour les indépendantistes, et surtout l’Union Calédonienne, l’espoir est inverse. Les deux camps jouent gros, dans la dynamique qui pourrait s’enclencher dans la perspective de l’ultime scrutin d’autodétermination.

Pour les non indépendantistes, ce succès atténuerait l’échec du gouvernement, et poursuivrait les tendances favorables qui résultent de la reprise de l’usine du sud, des tergiversations des indépendantistes pour la présidence de l’Exécutif, et des précisions apportées par l’Etat en cas de victoire du « oui ».

Pour les indépendantistes, le maintien de Roch Wamytan à la tête de la première assemblée du territoire serait porteur de deux bonnes nouvelles. Pour l’Union Calédonienne, d’abord, ce serait la consolation de l’échec de la candidature de Samuel Hnepeune à la tête du gouvernement. Pour les indépendantistes, enfin, l’affichage du contrôle des deux institutions les plus emblématiques de la Nouvelle Calédonie irait dans le sens de ce qu’ils présentent comme l’inéluctabilité de l’indépendance, et pourrait convaincre les indécis.

Hier, pourtant, les discussions entre partis non indépendantistes ont tout de même progressé. Les Républicains Calédoniens et le Mouvement Populaire Calédonien ont indiqué dans un communiqué que plusieurs propositions avaient été formulées, visant à « construire un équilibre politique afin de coordonner l’ensemble des voix du Non ».

La principale avancée réside dans le rapprochement avec Calédonie Ensemble jusque là en conflit permanent avec les Loyalistes.

Le communiqué précise les propositions suivantes :

– un « tandem » entre Annie Qaeze et Virginie Ruffenach pour la présidence du Congrès qui échoirait à l’élue de Calédonie Ensemble pour 2021, et à celle du Rassemblement-LR en 2022,

– la formation d’un intergroupe au Congès Avenir en Confiance/Calédonie Ensemble/Générations NC, intergroupe présidé par le Rassemblement-LR,

– un accord au Congrès et à la province Sud sur les votes concernant les réformes essentielles,

– une campagne référendaire coordonnée.

Ces propositions ont été acceptées par Générations NC et par Calédonie Ensemble. Les Républicains Calédoniens de Sonia Backes et le Mouvement Populaire Calédonien de Gil Brial ont demandé « solennellement au président du Rassemblement » de les accepter et de retirer la candidature de Virginie Ruffenach afin qu’une « dynamique du Non puisse être lancée ».

Lettre-RC-MPC

RÉFÉRENDUM/CONGRÈS : SONIA BACKES RASSEMBLEUSE

Sonia Backes ne sera pas celle qui regardera le doigt du sage, alors que ce dernier montre la lune. Interrogée hier par Nadine Goapana sur le plateau de NC1ère à propos de l’élection du président du Congrès, elle s’est montrée à la fois partenaire loyale au sein de l’Avenir en Confiance, tout en rappelant le caractère « vital » -le terme reflète bien l’enjeu- de l’ultime scrutin du 12 décembre prochain. Dans la présentation de l’émission, Dave Waheo-Hnasson avait fort justement rappelé que l’écart entre les deux résultats du dernier référendum d’autodétermination était de 9.800 voix, et qu’une progression d’un peu moins de 5.000 voix permettrait aux indépendantistes de faire basculer définitivement la Nouvelle Calédonie dans la souveraineté pleine et entière. A deux jours et quelques heures de l’élection du président du Congrès, Sonia Backes joue la carte de l’unité du camp non-indépendantiste, pour obtenir ensuite le meilleur score évitant le chaos de l’indépendance.

IL SUFFIT DE 145 VOIX DE PROGRESSION DU « OUI » PAR COMMUNE
Les statisticiens le savent. Lorsqu’une tendance est lourde, elle est inexorable. Les non-indépendantistes n’ont pas su créer cette tendance, lors des deux premiers scrutins d’autodétermination. Du 70/30% annoncé en leur faveur, ils ont d’abord récolté un 57/43% décevant. Au second scrutin, l’écart s’est encore réduit à 53/47%. Les indépendantistes ont démontré que les électeurs ne savaient pas ce qu’est un « plafond de verre ».

Certes, depuis la fin de l’année 2020 marquée par les violences, le dogmatisme irréaliste, puis le recul dans l’affaire de la reprise de l’usine du Sud, ces derniers ont entamé une succession d’erreurs, semant le trouble et l’inquiétude au sein d’une partie des électeurs du « oui ». La pantalonnade de 5 mois qui a marqué leur prise de majorité du gouvernement, puis le renoncement de l’Union Calédonienne, ont contrecarré la dynamique qui les animait jusqu’alors.              

Mais incontestablement, une victoire symbolique pour la présidence du Congrès, et donc de toutes les Institutions de Nouvelle Calédonie, serait de nature à relancer leur machine quelque peu grippée.

Or les chiffres sont têtus. Il suffirait d’une progression de 145 voix en faveur du « oui » par commune pour que le 12 décembre au soir, la Nouvelle-Calédonie décide démocratiquement d’accéder à l’indépendance.

ACCORDER LES VIOLONS QUI JOUENT « LA MARSEILLAISE »
Face aux questions directes de la journaliste de NC1ère, la situation de Sonia Backes était fort délicate. Virginie Ruffenach, présentée par le Rassemblement-LR, possède tout à fait les compétences pour exercer la présidence du Congrès dont elle connaît les rouages et le fonctionnement. Annie Qaeze, présentée par Calédonie Ensemble, en raison de son profil particulier, peut parler à des électeurs indécis qui se situent dans la tranche des jeunes et celle d’une sociologie modeste. Partenaire de l’Avenir en Confiance, Sonia Backes a exprimé sa loyauté sur le plateau. Mais parce que l’importance de l’élection de mercredi est au delà, elle a aussi exprimé le fait que pour les partis non indépendantistes, la recherche d’une solution équilibrée est la seule possibilité pour recueillir … les voix de l’Eveil Océanien et d’éviter la mise en place nouvelle d’une hégémonie indépendantiste.

C’est en effet le petit parti charnière qui fera la balance. Les Loyalistes et Calédonie Ensemble ne possèdent pas, à eux seuls, une majorité suffisante pour remporter l’élection au perchoir de la première assemblée. Or l’Eveil Océanien a annoncé que ses élus ne voteraient que pour un candidat non indépendantiste unique.

Contrairement au rassemblement des partis anti-indépendantistes réalisé en 1977 dont Jacques Lafleur était le chef incontesté, les non-indépendantistes de 2021 sont conduits par plusieurs chefs. Les téléspectateurs ont ainsi compris que Sonia Backes tentait d’accorder les violons de l’orchestre qui jouera « La Marseillaise » jusqu’au 12 décembre. Afin que l’hymne national soit le même le 13 décembre.

HENRI MARTINET : SUPERBE ÉMISSION DE CALEDONIA SUR UN PIONNIER CALÉDONIEN

Qui se souvient d’un pionnier calédonien, fou d’aventure et visionnaire économique, qui s’appelait Henri Martinet ? Né en 1906 à Sainte-Ménehould, dans la Val de Marne, il s’installe à 28 ans à Nouméa pour la vie et devient ainsi un Calédonien. Pharmacien, il rêve d’aventure. Il ira donc au bout de ses rêves, en pionnier.

Pionnier de l’aviation, il fonde l’aéro-club calédonien et obtient son brevet de pilote.

Pionnier de l’aviation, avec ce raid fou, à l’envers de la première liaison, par lequel à partir de la piste de Nondoué à Dumbéa, il rallie, avec Paul Klein, le Bourget qu’il atteindra le 23 mai 1939 après … deux mois de vol et d’escales improbables.

En 1954, avec Herbert Coursin et Louis Eschembrenner, il fonde la Transpac, ancêtre d’Air Calédonie.

Avec son avion, il atterrit partout. Sur la plage de Kuto, où il fondera le Relais de Kanumera. Sur la plage de Koulnoué, où il fondera, avec Henri Fairbanks, le Relais du Koulnoué. Toujours avec son épouse, il effectuera une traversée Nouméa-Kanuméra … en pédalo !

Atterrissage sur la plage de Koulnoué. Henri Fairbanks, un autre pionnier,
y restera avec du ciment et des outils pour construire le Relais du Koulnoué !

En 1969, avec son épouse, il décide de rééditer la liaison monomoteur Paris-Nouméa et retour. L’aventure se soldera pas un crash en Indonésie.

En 1973, c’est son dernier raid fou : avec son épouse, il se pose sur l’île de Matthiew-Hunter. La « piste » est parsemée d’obstacles et de pierres. Un hélicoptère australien va récupérer le couple. L’année suivante, rebelote, mais cette fois, pour réparer son cher avion. Cet ultime raid se soldera par une panne d’essence et une nouvelle récupération dans un canot de sauvetage, en compagnie de son épouse et de son mécano.

Henri Martinet et son épouse, France, image émouvante

Cet aventurier calédonien hors du commun succombera quelques temps plus tard au cours d’une opération du coeur.

Calédonia a eu la bonne idée de retracer la vie et les exploits d’Henri Martinet avec ceux qui l’ont connu ou qui se sont intéressés à cette belle histoire calédonienne. Bravo et merci à la chaîne TV du Nord.

L’ÉTONNANT FESTIVAL DU CINÉMA DE LA FOA

Nicolas Metzdorf, le nouveau maire de la ville, poursuit avec la province Sud et l’Etat, l’histoire étonnante du Festival de La Foa. Une manifestation imaginée sous l’ère de Philippe Gomes, organisée pour la première fois en 1999 sous la baguette de Delphine Ollier.

Un cinéma flambant neuf accueille alors cette édition présidée par un cinéaste d’exception, Jean Pierre Jeunet, qui signera Allien La Résurrection ou encore Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Le bâtiment portera son nom.

Depuis, des stars du cinéma français se sont succédées à la présidence de ce Festival du bout du monde. Mais surtout, l’événement a suscité l’éclosion de talents locaux dans la réalisation de courts métrages et de clips, soutenue notamment par NC1ère. Une remarquable corde de plus à l’arc de la culture calédonienne.

Qui aurait pu imaginer un tel succès, alors que la 23e édition vient de s’ouvrir ?

Le Festival du cinéma de La Foa prouve chaque année que la volonté, la foi dans l’action et une bonne organisation peuvent être le ferment d’évènements remarquables, et remarqués à 22.000 kilomètres de chez nous. Même dans le cinéma calédonien.

Ci-dessous : la brochure complète de la 23e édition du 23 juillet au 1er août 2021

brochure_festival_du_cinema_la_foa_2021

DÉBLOCAGE DE KNS : HEUREUSEMENT, LA FRANCE …

L’entreprise perdait environ 700 millions par jour, selon la direction de KNS. La cause : un blocage déclenché par un groupe qui se fait appeler « les coutumiers de Koniambo » dont les visées sont d’obtenir par la force un marché de travaux pour lequel ils ne répondent pas aux exigences imposées.

Dans d’autres pays, ce type d’action, généralement qualifié, s’effectue en coulisse …

Finalement, ce sont les gendarmes mobiles qui ont débloqué le blocage. De quoi rassurer celui qui paie les déficits abyssaux de l’entreprise, Glencore, et qui doit se demander si la Nouvelle-Calédonie, finalement, n’est pas semblable à l’Afrique ou certains pays d’Amérique Latine …

Les gendarmes, au nombre de 850, font partie des forces de sécurité comprenant également 1700 militaires et 600 policiers basés à Nouméa. Ces dépenses, relevant des compétences régaliennes, sont intégrées aux 178 milliards FCFP de dépenses que la France assume sur le territoire.

Les « coutumiers de Koniambo » peuvent être patients. Si le « oui » l’emportait le 12 décembre, ils auraient le champ libre …

UN « MONSIEUR TOURISME » AU GOUVERNEMENT : C’EST UNE PREMIÈRE

Depuis le temps qu’ils réclamaient un « Monsieur Tourisme » au gouvernement, les professionnels du tourisme ont un sujet de satisfaction avec la nomination de Mickael Forrest en qualité de chargé du secteur de la promotion internationale du tourisme. Il est le premier « Monsieur Tourisme » du gouvernement depuis sa création en 1998.

En effet, le membre Union Calédonienne est officiellement chargé « d’animer et de contrôler les secteurs de la culture, de la jeunesse, du sport et de la protection de l’enfance et de la jeunesse. Il est chargé d’animer les actions en faveur de la solidarité. Il est également chargé de la coordination et du suivi du plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance, et de la promotion internationale du tourisme. En lien avec le président du gouvernement, il concourt au suivi des relations extérieures de la Nouvelle-Calédonie. Il est également chargé des relations avec le conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie.« 

Certes, aujourd’hui, le tourisme international est au point mort. Mais il n’empêche. La Nouvelle-Calédonie est, dans la zone Indo-Pacifique, la seule destination « Covid-free » dont la population a entrepris une campagne de vaccination active. En effet, en Australie comme en Nouvelle-Zélande, pays réputés relativement indemnes du Covid en dépit de l’alerte actuelle dans plusieurs Etats australiens, les campagnes de vaccination sont proches du point mort.

Or, si la reprise des vols internationaux est envisagée aux alentours de 2024, la destination peut d’ores et déjà promouvoir son caractère sanitaire remarquable, et qui sera de nature à la privilégier auprès des voyageurs internationaux.

Deux sujets vont, à présent, être dévoilés.

Le budget, d’abord. Bien entendu, dans les années fastes, il avait atteint le milliard FCFP pour la seule promotion internationale de la province Sud, avec d’ailleurs et malheureusement, des résultats plus que mitigés. Compte tenu de la fermeture de nos frontières, rien de tel ne peut être envisagé au gouvernement. Mais l’action et le budget consacré, même symboliques, seront observés.

Le nom de la destination, ensuite. Mickael Forrest est un militant engagé dans la cause indépendantiste. Lors de sa récente tournée en Catalogne et en Corse notamment, il a fait la promotion de Kanaky et de son indépendance. La promotion que le gouvernement de Louis Mapou ne va pas manquer d’entreprendre sera-t-elle celle de Kanaky ou de Kanaky-Nouvelle Calédonie ?